‹ Le prince impérial: Napoléon IVChapitre 30 sur 90 · Temple-Bar, avril 188ÎJ · texte numérisé non relu

Temple-Bar, avril 188ÎJ

Bazaine, dont l'Impératrice avait été, lorsqu'il guerroyait ail Mexique, la première ennemie, ennemie d'autant plus dangereuse qu'elle était puissante et cachée, Bazaine devint alors tout son espoir. Elle n'avait pas grande confiance en Mac-Mahon, et son désappointement à l'égard de Frossard était tout à fait mortifiant. « Frossard, Frossard, disait-elle, que j'ai donné pour guide au Prince Impérial ! »

Il y avait, il fout en convenir, un peu trop de vivacité espagnole, ou plutôt irlandaise, dans sa manière de s'exprimer sur le compte de ces deux officiers généraux, qui, disait-elle, s'étaient grossièrement trompés.

Le mardi 9, le cabinet Ollivier se retire, et le général de Hontauban, comte de Palikao, devient premier ministre, chargé du portefeuille de la Guerre.

Il y avait à peine cinq semaines, M. Emile Ollivier avait dit à la Chambre des députés :

Que le gouvernement n'avait aucune espèce d'inquiétude, qu'à aucune époque le maintien de la paix n'avait été plus assuré.

De quelque côté que l'on regarde, on ne voit aucune question irritante engagée. S'il en était autrement, si le gouvernement avait la moindre inquiétude, il ne vous eût pas proposé cette anuée-ci une réduction de 10000 hommes sur le contingent : il serait venu très nettement vous demander de vous associer à sa sollicitude et d'augmenter les forces de notre armée 1 .

Pauvre général de Montauban! Il fallait l'invasion, la défaite, l'écroulement du trône, pour que l'Impératrice se souvînt de lui et osât ne plus tenir compte des sentiments de la majorité des officiers de son entourage, qui ne pouvaient pardonner à l'illustre vainqueur de la Chine ses éclatantes victoires.

Page 1