CHAPITRE XI
Le général Trochu. — Trente-cinq mille Espagnols chimériques.
— Déposition du général do Montauban. — Une convocation intempestive. — L'Empire s'effondre. — Les papiers des Tuileries.
— L'affaire de la Villette. — Les députés découchent. — Télégrammes en partie double. — Les toilettes de l'Impératrice. —
— Traités secrets avec l'Autriche et l'Italie. — Dernières journées de la Régente. — Pillage intime des Tuileries.
Le général Trochu reçut successivement deux visites le même jour : de M. Schneider, président du Corps législatif, et de l'amiral Jurien de la Gravière, aide de camp de l'Empereur et de l'Impératrice. Tous deux venaient lui offrir le ministère de la Guerre, avec la présidence du Conseil ; le premier, sans dire au nom de qui, le second se déclarant envoyé par l'Impératrice. A tous deux le général opposa un net et formel refus, motivé comme suit :
J'ai dit, depuis quinze ans, et écrit dans un livre qui a fait scandale autour du pouvoir, ce que je pensais des erreurs militaires de l'Empire et de l'état de l'armée française par rapport à l'état de l'armée prussienne.
Les événements, dépassant de beaucoup mes prévisions, justifieraient à présent mes dires, et le pouvoir viendrait à moi in extremis !
Traqué, à la tribune, par les questions de l'opposition, je ne pourrais ou que garder un lâche silence, ou rééditer V Armée française en 1867, c'est-à-dire montrer les fautes du gouvernement dont je serais le ministre dirigeant!
Rôle déplorable, que je ne pourrais ni accepter honorablement pour moi, ni remplir utilement pour l'Empire.
Après cet exposé, M. Schneider déclara au général, qu'il avait patriotiquement tort; l'amiral, au contraire, trouva qu'il avait raison.
Voilà sommairement les faits; ils sont limpides, et l'amiral Jurien de la Gravière les a publiquement reconnus., Force fut donc de se rabattre sur le général de Mon tau ban
La Régente avait fait savoir au comte de Palikao, par une dépêche qui lui parvenait à Lyon à dix heures du soir, c'est-à-dire à l'instant précis où les députés délégués par leurs collègues étaient introduits auprès d'elle, qu'elle l'attendait le lendemain matin à Paris, et mettait, à cet effet, un train spécial à sa disposition.
L'Impératrice avait donc poussé à la guerre de toutes ses forces. Ce point nous paraît surabondamment établi. Il y avait malheureusement à la cour des personnes ardentes qui ne voulaient pas qu'on restât sous le coup de Sadowa. La Souveraine disait notamment, en parlant de son fils : « Cet enfant ne régnera pas, si ron ne répare les malheurs de Sadowa ». Autour d'elle se trouvaient des gens qui, par complaisance ou par conviction, le répétaient avec une sorte de forfanterie i.
Ce sont ces favoris et favorisés de l'Empereur qui avaient écarté Montauban, comme ils avaient voulu écarter Trochu, en les empêchant d'avoir un commandement dans cette campagne, que leur suffisante confiance en
1 . La Chute du second Empire : Saint-Marc Girardin, Paris, 1873* p. 15.
NAPOLEON IV. lit
eux-mêmes supposait devoir être une série de victoires. Au moment de la déclaration de guerre, Trochu avait reçu Tordre de se rendre à Toulouse pour y organiser, en en prenant le commandement, une armée destinée à faire face à 35000 Espagnols chimériques, qui non seulement ne devaient jamais passer la frontière, mais encore n'en devaient jamais concevoir la pensée.
C'est grâce à cet acte déloyal que ce général fut mis en rapport avec le général Schmitz, qui commandait alors à Toulouse, et qui devint dans la suite son chef d'état-major.
C'est ainsi qu'au début de cette guerre néfaste l'Empire agissait à l'égard de celui qu'il s'étonna plus tard de ne pas trouver un serviteur aveuglément obéissant.
Trochu ne pensa plus-à la dynastie, mais à la France ; il voulut ramener l'Empereur à Paris. Des dépêches de l'Impératrice firent changer d'avis le Souverain, dont la volonté était si chancelante. Mal reçu aux Tuileries par la Régente et se voyant suspect, Trochu se fit indifférent; il ne nuisit pas à l'Empire, mais il ne l'aida pas, se résignant à voir passer devant lui, à l'intérieur, les événements qu'il ne pouvait pas conduire.
Montauban, lui, avait demandé par deux fois un commandement actif, auquel il croyait avoir droit sous le gouvernement impérial : le maréchal Lebreuf avait répondu qu'il devait rester à Lyon, que sa présence y serait très utile pendant la guerre.
Le général regarda cette réponse comme une fin de non-recevoir et attendit. |
Il ne devait pas attendre longtemps. Voici, en effet, en quels termes il s'exprima dans sa déposition, également lors de l'enquête chargée d'examiner les actes du gouvernement de la Défense Nationale:
J'étais tranquille à mon commandement, lorsque, le 8 août, à dix heures du soir, je reçus une dépêche télégraphique qui
m'appelait à Paris, le lendemain matin, chez I'lmpératrice-Régente. Un train spécial était mis à ma disposition. Je partis, ayant l'espoir qu'on allait me donner le commandement actif que j'avais sollicité deux fois.
J'arrivai à Paris à neuf heures du matin, et je me rendis aussitôt aux Tuileries. Je trouvai l'Impératrice entourée du Conseil des ministres. Elle vint au-devant de moi, et me dit :
« — Général, je vous ai fait venir, parce que j'ai un grand acte de dévouement à vous demander. Je vous demande d'être
ministre de la Guerre. »
C'était un peu dur, dans la position où se trouvaient les choses. Je répondis à l'Impératrice devant tous les ministres: « Madame, je ne suis pas un homme politique, je ne l'ai jamais été : je suis un militaire, j'ai demandé un commandement actif; le ministère de la Guerre ne peut me convenir dans les circonstances actuelles, attendu que les échecs que vient de subir l'Empire nécessitent comme ministre de la Guerre un homme éloquent, et je ne le suis pas. Je n'ai pas l'habitude de parler en public. Je demande à Votre Majesté de ne pas insister. »
L'amiral Rigault de Genouilly me dit :
« — Mais si, général, vous avez parlé au Sénat.
« — J'y ai peut-être parlé quelquefois sur des questions que je connaissais parfaitement; mais, je le répète, je ne suis pas un homme politique; je ne connais pas les hommes avec qui je pourrais marcher. »
Les ministres réunis firent ce qu'ils appelaient un dernier appel à mon patriotisme.
Enûn, j'acceptai, quoique ce ne fût pas bien gai dans ce moment-là.
A peine avais-je accepté, qu'on entra au conseil.
M. Emile OUivier se leva, et dit à l'Impératrice.
« — Madame, le général jouit d'une certaine popularité, nous sommes devenus très impopulaires : si nous restons avec le généra], nous allons faire rejaillir sur lui une partie de notre impopularité : nous demandons donc à nous retirer. »
J'avoue que je fus un peu interloqué; je me dis : « Je vais me trouver seul; que vais-je faire? » L'Impératrice me dit :
« — Général, puisque vous ayez consenti, il faut accepter le sacrifice jusqu'au bout et constituer un ministère. »
Là-dessus, les bras me tombèrent; je dis : « J'ai passé vingt-sept ans de ma vie en Algérie, six à Lyon, quelque temps en Chine; je n'ai jamais été un homme politique, je n'ai connu à Paris ni les hommes ni les choses : vous me mettez dans un cas très embarrassant pDur vous et pour moi, car je ne sais qui je vais prendre pour former un ministère. »
Je pensai alors à mon ancien collègue M. Chevreau (il était alors préfet de la Seine), qui avait été avec moi à Lyon, et avec lequel j'avais eu de très bonnes relations, et je dis : « Si Votre Majesté le permet, je vais aller consulter M. Chevreau, un de mes amis ; comme il est dans une très haute position, il doit être au courant de tout ce qui se passe. »
Je causai avec M. Chevreau, et on constitua définitivement un ministère le 10 août. Le ministère constitué, nous avons 1 cherché, jusqu'au 4 septembre, par tous les moyens possibles, à sauver la situation. C'était difficile, pour ne pas dire impossible, en présence de tout ce qui manquait.
Que Montauban ne fût pas un homme politique, ayant à sa disposition une jactance capable d'en imposer aux députés et lui permettant de soutenir brillamment le lendemain le contraire de ce qu'il avait dit la veille, c'était très vrai; mais il avait néanmoins un certain talent de parole, et fit beaucoup d'impression la première fois qu'il parla au Corps législatif.
Ces messieurs se plaignaient que le nouveau ministre ne parlât pas assez haut : Montauban leur répondit qu'il regrettait de ne pouvoir le faire, mais qu'il avait une balle au milieu de la poitrine qui le gênait un peu.
Sa réponse eut un grand succès.
L'espérance qui renaissait dans le cœur de l'Impératrice avec ce nouveau ministère devait être de courte durée.
Les Chambres avaient été convoquées. Et cependant, en les convoquant, la Régente commettait une illé~
galité. Aux termes de la Constitution, l'Empereur seul avait le droit de signer le décret de convocation. Pour motiver cette irrégularité, on dut rappeler, dans la communication faite au Sénat et au Corps législatif, que « l'Empereur avait promis que l'Impératrice les réunirait si les circonstances devenaient difficiles ».
Cette convocation intempestive est une des mesures que Napoléon III a le moins pardonnées à l'Impératrice. A Chislehurst, il la lui reprocha souvent comme une des causes qui avaient compromis la défense nationale. « Un appel à la nation, disait-il, dans un moment aussi critique ne pouvait avoir qu'un seul effet, celui de décourager le pays, de détruire la confiance dans ses propres forces, et de lui persuader que l'état des affaires était encore pire que ne le faisaient connaître les rapports officiels 1 . » La réunion du Corps législatif, qui avait été fixée au 1 1 août, dut être avancée de deux jours : elle eut lieu le mardi 9 août.
M. Conti, secrétaire de l'Empereur, commença à trier les papiers impériaux d'une façon toute spéciale, et quelques amis particuliers de l'Impératrice l'engagèrent à faire des préparatifs secrets en vue d'une fuite possible, si les choses tournaient mal. Le peu de confiance qu'avait conservée la Régente l'abandonna tout à coup : elle fut tourmentée par la frayeur d'une révolution éclatant la nuit; elle voyait le massacre à la lumière des torches. Elle se rappelait aussi, non sans terreur, cette nuit du 5 au 6 octobre 1789 où la populace parisienne alla chercher la famille royale à Versailles.
— Le Boulanger, la Boulangère et le petit Mitron ! — Elle revoyait par la pensée la Reine fuyant à demi-nue et ses fidèles gardes massacrés à sa porte. Les projets
1. Alfrm) Darimon, Notes pour servir à l'histoire de la guerre de 1870.
les plus divers, souvent les plus violents, se heurtaient dans sa tête. Un jour, elle pensait à faire arrêter Gambetta et quelques membres influents de la gauche ; le lendemain, c'était autre chose. Par moment elle avait les yeux fixes, hagards; quinze jours suffirent pour que quelques fils argentés se montrassent dans son admirable chevelure d'or.
L'Empire s'effondrait sous des difficultés sans nombre, assez lentement toutefois pour permettre aux Bonapartes de préparer matériellement leur départ. Charles X et Louis-Philippe n'avaient eu que quelques heures pour songer à la fuite. Mais, lorsqu'il fut question de faire sortir les papiers d'État et les valeurs des Tuileries, on ne sut comment faire. On supposait, avec raison, que le palais était strictement surveillé par les révolutionnaires, qui n'attendaient qu'un moment propice pour y entrer. Beaucoup de gens de la domesticité ne méritaient du reste qu'une médiocre confiance.
Puis, si on avait vu des fourgons dans la cour du palais, nul doute qu'on eût immédiatement répandu le bruit du départ de l'Impératrice.
M. Conte déploya le plus grand zèle pour choisir les papiers les plus importants. On sait ce qu'il faut de temps à un simple particulier pour classer et mettre en ordre les lettres qu'il a laissées s'accumuler pendant quelques mois seulement. On comprendra facilement quel pouvait être le travail de M. Conti, qui avait à choisir parmi des documents amassés pendant dix-huit ans de règne. Ce n'était pas tout. M. Conti était également obligé de répondre à des hommes d'État, à de hauts dignitaires, qui venaient le prier de leur rendre ou de brûler devant eux des rapports et des mémoires signés de leur nom, et qui pouvaient les compromettre. Le duc de Persigny venait à tout instant, et fut véritablement furieux lorsqu'on ne put mettre la main sur
certaines pièces relatives à son ministère de l'Intérieur.
Bref, beaucoup de papiers furent déchirés en petits morceaux et mêlés par trois Corses agents de police 7 qui passèrent toute une semaine, travaillant dix heures par jour dans le bureau de l'Empereur.
On ne se figure pas combien des papiers sont difficiles à brûler. Quand Louis XVI fit détruire l'édition des Mémoires de M m * de Lamotte sur l'affaire du Collier, qu'il avait chargé son ministre de Laporte d'acquérir, il dut l'envoyer à Sèvres pour qu'elle fût brûlée dans les fourneaux de la manufacture. Il aurait fallu aux Tuileries quelque chose d'analogue pour consumer toutes les archives secrètes.
Elles ne furent donc pas brûlées mais noyées.
Quand elles avaient été réduites en petits morceaux, on les mettait dans une baignoire, et on les inondait d'eau chaude, afin de les délayer et de les réduire en bouillie.
Quelques pièces d'une importance capitale, confiées à des mains sûres, sortirent du Palais en petits paquets. La grande masse, qui ne fut ni noyée ni emportée, disparut lors de l'incendie allumé par la Commune, avant que la commission nommée par le gouvernement de la Défense Nationale pour examiner les papiers d'État eut eu le temps de terminer son travail.
La réception du 14 août devait être la dernière de la cour impériale.
Ayant appris l'affaire de la Villette, et avec quelle promptitude soldats et policiers avaient mis les insurgés à la raison, sénateurs, députés et gens de marque surgirent de tous les coins de Paris, afin de présenter, avec leurs hommages à la Régente, l'expression de leur dévouaient. La plupart étaient en uniforme ou en habit; mais ceux qui, cédant au premier mouvement, s'étaient portés aux Tuileries oubliant les règles de l'étiquette, se voyaient repoussés par le chambellan, vicomte de
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Laferrière, qui leur adressait de douces paroles de condoléance.
L'inflexibilité de M. de Laferrière en matière d'étiquette était passée en proverbe, et Ton disait plaisamment à la cour que, si le vicomte était condamné à être guillotiné après six heures du soir, il ne manquerait pas de se rendre à l'échafaud en habit à queue de morue et en gants paille.
Les empressés que M. de Laferrière renvoya revinrent peu après dans la tenue obligée, quelques-uns accompagnés de leurs femmes; de sorte que les salons de réception du palais, qui avaient été ouverts et éclairés en bâte, offrirent un aspect des plus animés.
L'Impératrice portait une robe décolletée en filet noir ; pas de bijoux, seulement des bracelets et un diadème en jais, qui donnaient à sa figure pâle et anxieuse un aspect des plus touchants.
Toute la livrée était en noir.
Malgré ces dehors de pompes funèbres, le ton général des conversations était plein de feu et d'espérance. On n'avait pas reçu de mauvaises nouvelles de la guerre, et, cette fois encore, la .cour se retrouvait elle-même ; dernier rayonnement de l'astre impérial, qui allait s'éteindre à Sedan.
Quant au mouvement insurrectionnel de la journée, les ministres, et particulièrement M. Henri Chevreau, ministre de l'Intérieur, eurent soin d'en tenir tous les détails dans l'ombre ; mais ils déclarèrent complaisamment que le gouvernement était assez fort pour arrêter et punir ses véritables instigateurs.
Ces paroles, sans grande portée, se répandirent néanmoins promptement dans la ville, et cette nuit-là, paraîtil, pas un des députés républicains ne coucha dans son lit.
M. Thiers, lui-même, quoiqu'il ne fût pas alors repu-
blicain dans toute l'acception du mot, pensa qu'il serait prudent d'aller coucher chez un ami.
Le jour suivant, l'opposition reprenait une attitude correcte, en déclarant énergiquement au pays, par la tribune de la Chambre et par les journaux, qu'elle déclinait toute complicité avec Féchauffourée antipatriotique de la Villette ; mais la veille , le dimanche soir, avant que les membres de la gauche pussent déclamer et écrire leur profession de foi, ils se sentaient naturellement mal à Taise, et pouvaient craindre que le gouvernement ne les fit arrêter, en déclarant qu'il avait la preuve de leur accord avec les émeutiers.
Il ne faut pas oublier que Paris était en état de siège. Les gens arrêtés et accusés de trahison pouvaient être sommairement jugés par une cour martiale et fusillés sans autre forme de procès.
Les événements du il août eurent le mauvais côté de redonner à la cour une trop grande sécurité.
Le 17, commencèrent les batailles autour de Metz, et l'armée de Bazaine, inférieure en nombre et partout battue, dut céder devant les Allemands.
Saint-Privat et Gravelotte furent présentés comme des victoires, et l'on dit que Bazaine s'était jeté dans Metz pour y prendre une forte position.
L'Impératrice croyait à toutes ces fables. Faut-il s'en étonnner, lorsqu'au Jockey, à l'Union, au cercle Impérial, de vieux généraux devenaient furieux si Ton doutait que le maréchal Canrobert eût jeté tout un régiment de cuirassiers prussiens dans les carrières de Jaumont,
— carrières qui n'ont d'ailleurs jamais existé?
La vérité est qu'on envoyait, du siège de la guerre, des télégrammes en partie double ; et ceux qui relataient les événements avec quelque apparence de sincérité — car aucune dépêche ne fut véritablement catégorique
— n'étaient jamais communiqués à. la Régente.
Quand la fameuse dépêche des carrières de Jaumont fut remise entre ses mains, la pauvre femme, croyant véritablement à une victoire, fut si remuée, si enthousiasmée, qu'elle sortit précipitamment de ses appartements, descendit l'escalier, et, courant jusqu'au corpsde garde, où certains soldats étaient sur leur lit de camp, tandis que d'autres jouaient aux cartes, elle s'écria en brandissant la dépêche :« Les Prussiens sont battus 1 1 »
La Régente suspendit alors tous ses préparatifs de départ, et, rendue confiante par son enthousiasme, elle déclara que, si une révolution devait éclater à Paris, elle était résolue à monter à cheval et à marcher à la tête des troupes qui devaient la combattre.
Voilà le sentiment exalté auquel elle s'abandonna pendant plusieurs jours. Il explique la quantité considérable d'objets précieux de toute sorte qu'elle laissa derrière elle le 4 septembre.
Sa garde-robe contenait plus de trois cents costumes, et sa collection d'éventails, de fourrures, de dentelles et de lingerie fine était probablement unique au monde.
11 ne faut pas oublier que l'Impératrice reçut pendant dix-sept ans cent mille francs par mois pour ses menues dépenses, et que la majorité de cet argent passait à sa toilette.
Tout ce qu'elle possédait, à l'exception de ses bijoux les plus importants, qui avaient été confiés, avec quelques rares missels, à un banquier ami, resta donc aux Tuileries.
• Elle attendait d'autant plus fiévreusement une victoire qu'elle était en droit de pouvoir compter, — mais à ce moment seulement, — sur un concours armé de l'Italie et de l'Autriche.
J'ai fait pressentir dans le Journal dun officier d'or-