CHAPITRE XVII
Sentence arbitrale. — Rôle de M. Rouher. — Les fils de Guilhou et le duc de Galliera. — Sainte-Hélène. — Le Petit Prince. — Le fondé de pouvoir du prince Victor. — Quatre lettres du Prinoe Impérial.
Ce qui décida le départ du Prince Impérial pour le Zoulouland, ce fut, nous l'avons déjà dit, le désir de faire cesser une tutelle qu'il considérait comme illégale et qui l'humiliait. Ce fut surtout l'attitude de l'Impératrice après le prononcé de la sentence arbitrale.
Il ne faudrait pas croire que le Prince Impérial fût avide de liberté, et qu'il considérât qu'il était au-dessous de lui de rien devoir à sa mère ; mais une tutelle maladroite, impolitique, illégale, fait peser sur les épaules de certains enfants destinés à jouer de grands rôles en ce monde un poids d'autant plus Jourd et d'autant plus difficile à porter, que ceux-ci ont le cœur plus haut pl^cé, et qu'il leur faudrait, pour s'en alléger, blesser ceux pour lesquels ils ont, depuis l'enfance, autant d'affection que de respect.
Voici à quelle occasion et dans quel sens cette sentence arbitrale fut retpdue :
M., le comte de La Chapelle nous a dit comment on avait retiré au Prince Impérial la jouissance de la for-
lune de la princesse Bacciochi, qui, par héritage, lai appartenait en propre.
La situation était si fausse que, d'accord avec sa mère, le Prince provoqua non pas un conseil de famille, mais la réunion de trois des anciens ministres de son père, chargés d'examiner la position financière que lui avait faite le testament paternel, position qu'aggravait encore la non-jouissance, pendant sept ans, de la fortune de la princesse Bacciochi.
On n'avait trouvé, nous l'avons dit aussi, à la mort de Napoléon III, qu'un seul testament, fait la veille de son départ pour l'Afrique, le 24 avril 1865.
Tous ceux qui furent surpris à cette époque de cet état de choses ne sont du reste pas encore revenus aujourd'hui de leur surprise.
Il fut donc décidé, entre la mère et le fils, que la question serait tranchée par une sentence arbitrale, et, conformément à la loi, l'Impératrice et le Prince Impérial déclarèrent, par écrit, se soumettre au prononcé 'de cette sentence.
Les membres désignés furent, alphabétiquement : MM*. Busson-Billaut, Grandperret, Pinard, tous trois anciens ministres. Quant à M. Rouher, le conseiller intime de l'Impératrice, en véritable Auvergnat très malin, il avait refusé de faire partie des arbitres, mais s'était proposé, et fut accepté comme avocat des deux partis.
On peut trouver étrange que M. Rouher, l'ami de la famille, ne fût pas l'un des arbitres : cela tient, je le répète, à ce que l'ancien vice-empereur voulut se réserver un rôle plus important. Il demanda à rester l'avocat des deux parties, c'est-à-dire le défenseur de tous les intérêts engagés de la famille. •
Était-ce très légal? Je n'en sais rien. Aux hommes de loi de se prononcer.
Il est absolument impossible de reproduire les termes de cette sentence arbitrale.
. Ceux qui font prononcée et sont encore vivants ne parleront pas, par respect pour le secret professionnel. Une sentence arbitrale appartient de droit aux parties mises en cause. Le- Prince Impérial étant mort, l'Impératrice a seule maintenant la faculté d'en faire connattre les termes; et je ne crois pas qu'elle le fasse.
M. Routier* alla plus loin : il obtint des deux parties intéressées de demeurer le dominus litis, le juge Souverain en dernier ressort, non pas des difficultés pendantes, mais bien des difficultés ultérieures qui pourraient surgir, une fois la sentence rendue, sur l'exécution même de cette sentence et sur son application. C'était garder la prépondérance qu'il avait toujours eue, et continuer à avoir à merci le trop confiant jeune homme qui, en signant cet accord ingénieux, signait sa condamnation. C'est au moyen de cette combinaison, vraiment mo nstrueuse, que M. Rouher trouva moyen de frapper par avance d'impuissance la sentence des arbitres, qu'il savait bien ne pouvoir être favorable à l'Impératrice, c'est-à-dire à lui-même, puisqu'il avait tout inspiré, tout conseillé, tout fait.
Les débats ne furent ni longs ni difficiles. Chacun des arbitres isolément vit, l'un après l'autre, chacun des intéressés, et M. Rouher, l'avocat en'partie double de la cause ; puis on se mit facilement d'accord sur les termes de la sentence, qui remit les choses comme elles auraient dû être, comme elles auraient été certainement si la malchance qui a poursuivi Napoléon IV n'avait pas amené la disparition, pour ne pas dire la destruction, du testament que tout le monde croira, comme l'ont cru les arbitres, avoir été fait à temps par l'Empereur.
Voici ce que disait, en substance, l'arbitrage:
Lorsque l'Empereur a testé, il était souverain, il léguait à son fils un trône et 40 millions de liste civile. Il n'en était plus ainsi en 1873, au moment de sa mort.
En face de l'absence inexplicable d'un second testament rectifiant le premier, nous croyons agir selon notre devoir et notre conscience en annulant ce premier et unique testament.
Puis venaient des dispositions particulières relatives au nouvel état de choses qui allait exister entre la mère et le fils.
Hais qu'est devenue cette sentence arbitrale? C'est ce que l'avenir nous révélera peut-être un jour, si ces messieurs ont consigné les raisons qui leur ont fait prononcer leur jugement, tout en conservant vis-à-vis de l'Impératrice la déférence et le respect voulus, ce qui n'est pas douteux. Ce serait d'un puissant intérêt et fort heureux pour l'histoire.
Ce qui est certain c'est qu'elle ne devait, c'est qu'elle ne pouvait servir à rien au jeune Prince, voué d'avance au malheur. La raison de cette impuissance d'une décision aussi solennelle, aussi équitable, est des plus simples, et M. Rouher, en faisant accepter ce mode de procéder, l'avait bien compris. A lui donc l'entière responsabilité devant laquelle son ambition n'a pas reculé.
Pour bien faire comprendre la situation du Prince en présence de la sentence, il faut donner ici quelques explications sur ses conséquences et les moyens d'action dont elle mettait à même de disposer.
La juridiction arbitrale, acceptée par le Prince, avait l'avantage de laisser le débat se vider en famille, sans bruit et sans scandale ; mais elle avait aussi l'inconvénient de laisser le fils désarmé contre sa mère, une fois la sentence rendue, à cause de la difficulté de la faire exécuter.
En effet, ces sortes de décisions, assujetties à des for-
mes déterminées, que le code civil a prévues et indiquées, doivent, à peine de nullité, être déposées au greffe du tribunal dont les intéressés sont justiciables, à moins que lesdits intéressés ne dispensent les arbitres du dépôt, auquel cas le dépôt demeure suspendu jusqu'à décision contraire des parties.
Le tribunal compétent, dans notre cas, était celui de la Seine.
Dans l'espèce, y a-t-il eu dispense? La chose est probable, pour ne pas dire certaine ; car, en dehors des questions d'indiscrétion et de publicité intempestive que devait soulever le dépôt de la sentence, devenue par ce fait accessible et communicable au public, comme les autres jugements, il y avait aussi la question d'enregistrement, qui était chose grave, étant donnés les chiffres engagés.
Il est donc évident que les arbitres, ou l'un d'eux, sont restés dépositaires de la minute de la sentence arbitrale, d'un commun accord entre les parties.
Cette minute sortira-t-elle jamais, peut-elle sortir du mystère et de l'obscurité? Gela dépend des intéressés seuls, et de personne autre.
11 est peut-être utile, à ce sujet, de citer un précédent, qui est curieux à cause des personnalités et de l'importance des sommes engagées.
Il y avait eu, pendant l'Empire, un arbitrage organisé pour la solution de questions considérables pendantes entre la maison de banque les Fils de Guilhou et le duc de Galliera.
Les débats portaient sur un nombre de millions si resrespectable, que la sentence, une fois rendue, donnait ouverture à un droit de cent mille francs d'enregistrement.
Les arbitres étaient : M. Dromery, avoué, pour les Fils ' de Guilhou ; M. Sénard, avocat, pour le duc de Galliera, et
Sas LE PRINCE IMPÉRIAL.
H. Jules Favre, tiers arbitre, choisi par les deux autres.
On dispensa du dépôt, et la minute de la sentence demeura confiée à M. Jules Favre.
Des difficultés ultérieures surgirent, et M. le duc de Galliera requit le dépôt de la sentence au greffe. Un référé fut introduit devant le président du Tribunal civil ; mais, sur les observations de M. Paul Mercier, avoué, pour les Fils de Guilhou, et de M. Lebrun, avoué, pour le duc de Galliera, ce magistrat décida que, s'agissant d'une juridiction souveraine par elle-même, les arbitres statuaient en dernier ressort et qu'il n'avait pas qualité pour ordonner une mesure qu'il appartenait aux arbitres seuls de prendre.
M. Jules Favre prit sur lui de déposer la sentence, en payant au fisc les cent mille francs dus.
Il estfacile decomprendre que, si pareil dépôt de la sentence rendue par MM. Busson-Billault, Grandperret, et Pinard, avait eu lieu, on n'en aurait pas été quitte pour pareille somme.
Mais cela n'était pas à craindre : les mesures étaient bien prises par la partie des deux la plus intéressée à ce que la chose demeurât secrète.
Le silence de la tombe a fait le reste : on ne saura donc jamais toute la vérité et combien le fils a été victime de la mère.
Que fit l'Impératrice de la sentence arbitrale? Elle la mit dans un tiroir, sans plus lui donner de suite que si elle n'avait jamais été prononcée.
La situation du Prince devint plus fausse après l'arbitrage qu'avant. Il remercia par des lettres touchantes, où il faisait montre des sentiments les plus nobles, les plus élevés, les trois anciens ministres de son père qui avaient prononcé la sentence, laquelle, nous devons l'avouer, leur fait le plus grand honneur.
Et, voyant avec chagrin et, jusqu'à un certain point,
avec humiliation, que l'Impératrice n'y donnait aucune suite, il se décida à quitter l'Angleterre.
Il avait pensé à prendre part aux luttes qui eurent lieu, en 1878, dans la péninsule des Balkans : il dut renoncer à son projet et se soumettre à des considérations politiques. Ces considérations n'existant pas à l'égard de l'Angleterre et du Zoulouland, son départ fut décidé.
La pensée de faire, à son retour, un pèlerinage à Sainte- Hélène, de voiries lieux où avait souffert, où était mort le fondateur de sa dynastie, de faire revivre les souvenirs dans leur cadre, fut certainement aussi une des causes déterminantes du départ du Prince Impérial.
De même que, enfant, il avait visité en Corse la maison où était né Napoléon I or , il voulut également visiter son tombeau. Et, comme Charles- Quint à Aix-la-Chapelle, il eût pu dire :
Avoir été plus grand qu'Annibal, qu'Attila, Aussi grand que le monde... et que tout tienne là! Ah ! briguez donc l'Empire I et voyez la poussière Que fait un Empereur! couvrez la terre entière De bruit et de tumulte ; élevez, bâtissez Votre Empire, et jamais ne dites : « C'est assez ! » Taillez à larges pans un édifice immense !
Savez-vous ce qu'un jour il en reste ? — démence !
Cette pierre!
Puis s'associer aux actions viriles de ceux dont il avait partagé les études sur les bancs de l'école de Woolwich était encore un attrait pour le petit Prince.
« Petit Prince », c'était l'appellation familière que le peuple se plaisait à lui donner et qui l'avait suivi dans l'exil; et ce nom de «Petit Prince» eutpeut-être encore une sérieuse influence sur ses résolutions.
Le Prince Impérial était, nous l'avons dit, d'un caractère affectueux et dévoué, mais chevaleresque. Pénétré
de la grande mission à laquelle il se croyait destiné, ce nom de « Petit Prince » lui pesait un peu. Il voulait, s'il rentrait fin France, effacer les souvenirs qui s'étaient attachés à ses premières années, et ne se présenter au pays que comme un homme dont le courage et la valeur personnelle avaient grandi sur les champs de bataille. Il voulait avoir de brillants états de service personnels, démontrant d'une façon péremptoire qu'il était digne de porter le grandnomdeNapoleon.il ne commit qu'une faute : cetfut de revêtir un Napoléon d'un uniforme anglais.
Le Prince Impérial a quitté la France à l'âge de quatorze ans: il est mort à vingt-trois ans dans l'Afrique du Sud, sans être revenu dans sa patrie. Très peu de Français de cette génération l'ont donc connu; il n'a été aimé et apprécié que par quelques fidèles seulement.
Puisque le style c'est l'homme, en reproduisant certains de ses éerits, nous pourrons faire juger des différentes nuances de son esprit et de son cœur.
Il avait une correspondance privée assez suivie.
Quelques-uns des correspondants ont conservé ses lettres comme de précieuses reliques; d'autres, le plus grand nombre, cédant aux prières de l'Impératrice, lui ont rendu tout ce qu'ils tenaient de son fils.
Voici d'abord trois lettres, qui, si elles n'ont pas un grand intérêt historique, prouvent néanmoins que le Prince avait la religion du souvenir.
Elles me permettent de donner un fac-similé de son écriture à seize ans.
La première et la troisième de ces lettres sont adressées à M. Clément de Royer.
M. Clément de Royer, ancien substitut à Versailles, avocat à Paris, est le fils de l'éminent M. de Royer, ministre de Napoléon III.
On n'a pas oublié avec quelle dignité M. de Royer a brisé sa carrière au moment des décrets.
Il est resté Adèle aux traditions de dévouement et d'attachement de son père à la cause des Napoléon.
Conseiller indépendant et écouté du Prince Victor, il est chargé de la direction de sa politique en France, et lui a donné une orientation démocratique et autoritaire, conforme aux vrais principes de la doctrine napoléonienne, et, malgré des difficultés incessantes, il Ta maintenue sur ce terrain.
M. de Royer, dont le dévouement est aussi clairvoyant que désintéressé, n'a jamais dissimulé qu'il considérait comme fâcheux à tout égard la séparation qui s'était produite entre le Prince Napoléon et son fils ; séparation à laquelle il a toujours été entièrement étranger.
Plusieurs fois déjà, grâce à lui, cette situation a failli se modifier, sans qu'une atteinte pût en résulter pour l'indépendance ou la dignité des deux Princes, — et ce n'est pas de la part de ceux-ci que les objections se sont produites.
« Voilà un des effets de l'entourage des grands.
Cette préoccupation est la preuve du grand sens politique de M. de Royer. Son indépendance et son vrai talent de parole lui réservent, dans les assemblées républicaines ou autres, une place des plus importantes; et, si jamais le Prince Victor arrivait au pouvoir, il est le ministre de l'Intérieur désigné de celui dont il est aujourd'hui l'ami aussi intègre que fidèle.
Première lettre.
A M. Clément de Royer.
Camden-Place Chislehurst (Kent).
Monsieur, La lettre que vous m'avez écrite, et où vous m'exprimez en
termei si affectueux Yotre attachement, m'a profondément touché ainsi que Leurs Majestés, à qui je l'ai montrée.
L'Empereur m'a appris, du reste, à apprécier yotre amitié par le prix qu'il attache à celle de M. votre père. Il m'est bien agréable d'apprendre de tous que les dates des 15 et 25 août ont excité quelques regrets parmi ceux qui sont restés fidèles à la cause de l'Empereur.
Nos pensées sont, du reste, toujours avec ceux qui sont en France et dont l'amitié nous est connue.
Maintenant plus que jamais, nous pensons à notre chère patrie, car cette époque de l'année nous rappelle de bien cruels souvenir».
C'est avec un sentiment de vive reconnaissance que je suis, Monsieur,
Votre affectionné,
Louis-Napoléon.
Le 8 septembre 1871.
Deuxième lettre.
Adressée au prince Louis Murât.
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Troisième lettre.
A M . Clément de Roger.
24 novembre 1875.
Monsieur,
Je profite du départ de M. Falcon de Cimier pour tous envoyer les vœux sincères que je forme pour votre bonheur et mes remerciements pour le dévouement inaltérable que vous portez à ma cause.
Je me souviens qu'au lendemain de la Commune, au moment où Ton abattait le monument consacré aux gloires de notre pays, vous m'avez écrit qu'il était plus facile de renverser des statues que d'effacer le souvenir de votre cœur.
A partir de ce jour, j'ai vu que je ne m'étais pas trompé, en vous comptant non seulement parmi les plus fidèles, mais encore parmi les plus vaillants ; et aujourd'hui, c'est en qualité d'ami que je viens m'associer à votre joie et que je vous
prie de croire à mes meilleurs sentiments.
Napoléon.
J'ai tenu à produire en dernier lieu une lettre publiée par le Figaro, peu de temps après la mort du Prince Impérial.
Cette lettre est adressée à Louis-Napoléon-Joseph-Eugène Conneau, fils du docteur Conneau, ancien sénateur de rEmpire, qui fut le compagnon de captivité du futur Napoléon III à Ham.
Le jeune Conneau, après avoir été quelque temps à Woolwich avec le Prince Impérial, était entré à l'école de Saint-Gyr, pour en sortir sous -lieutenant en 1876. Le Prince, voulant donner à ce camarade d'enfance un témoignage durable de son affection, lui fit cadeau d'une épée, qu'il accompagna de la lettre suivante :
Camden-Place (Chislehurst), 29 juin 1876.
Mon cher ami, Je viens, à mon retour du camp, de trouver la lettre par
laquelle vous m'exprimez un vœu qu'une confidence de votre père m'avait déjà fait connaître, et que je me ferai un devoir et une vraie joie de réaliser.
J'ai prié M. Clary de me trouver à Paris une lame extra-fine et d'ordonnance. Sur un des côtés de la lame, je fais graver la dédicace, et, sur l'autre, un vieux cri de guerre de France que je désire vous voir prendre comme devise, étant, bien sûr, Passavant le Meillor. Vous passez avant le meilleur dans mon amitié : c'est pourquoi je souhaite que vous passiez aussi avant le meilleur sur le champ de bataille et partout où le devoir peut vous appeler.
Mon affection pour vous est flattée par la pensée que c'est moi qui vous aurai donné l'épée qui sera, j'en suis sûr, l'instrument de votre fortune et de votre gloire à venir. Si j'ai la joie que j'ambitionne de combattre avec vous côte à côte, chaque coup que je vous verrai frapper, je me dirai: M or dieu I l'épée vaut Gonneau et Gonneau vaut l'épée ! Et la vue de votre courage me fera tressaillir d'aise. Si, par malheur, je ne suis pas assez heureux pour partager avec vous les mêmes périls, si je ne puis sabrer un jour en aussi bonne compagnie, eh bien 1 je serai encore content de penser que ce souvenir de notre étroite amitié vous suivra partout, et que, pendue au côté du cœur, cette bonne arme sera toujours prête à mon
trer que le vôtre est chaud et noble.
Napoléon.
Voici la légende qui est gravée sur la lame :
NAPOLÉON A L.-N. GONNEAU
Passavant le Meillor.
1« octobre 1876.
(Fabrique de Paris.)