GANNAL
DOOTIUK IN mIdECINI .
Pharmacien A MoMtCUV fe COmte d HértSSOH,
de premier* olaite |^ avenue Camot.
Rue de Seine, 6.
« 12 mars 1890.
« Monsieur le comte,
« Vous m'avez fait l'honneur de m'écrire pour me demander mon opinion sur diverses questions qui vous importent et qui vous semblent de ma compétence.
« H s'agit, dans l'espèce, d'un officier mort à l'étranger des suites de blessures qui intéressaient les organes principaux de la vie, le cœur, les poumons, etc., lequel aurait été embaumé, puis ramené en Europe. Vous me demandez s'il est possible que, par le seul fait de l'ouverture du cercueil quelques jours après l'embaumement, le corps soit devenu tout noir et absolument méconnaissable, comme on l'a trouvé lorsqu'on a procédé, deux mois après à la reconnaissance officielle du corps.
« A cette question je réponds : Non.
« La coloration noire de la peau peut se produire après une injection faite sur une personne morte subitement par une congestion (apoplexie, congestion cérébrale, congestion . pulmonaire), si on n'a pas eu soin, comme je le fais toujours, d'ouvrir les veines jugulaires tant pour faire écouler le sang que pour faire refouler le liquide injecté dans les artères ; mais ce n'est pas ici le cas, attendu que, par les blessures qui ont déterminé la' mort, la plus grande partie du sang a dû s'écouler, ce qui aurait rendu la conservation plus certaine si l'embaumement, très difficile à faire dans ce cas, avait réussi; mais si l'opération n'avait pas pu être faite avec tout le soin qu'elle nécessitait, on aurait dû trouver le corps brun, verdâtre par place, ballonné par les gaz, les tissus ramollis, en un mot méconnaissable peut-être, mais pas noir, et il n'est pas, que je sacbe, de plantes aromatiques qui soient susceptibles de produire cette coloration lorsqu'on les met en contact avec le corps.
« Vous me demandez également s'il est possible d'ouvrir la bouche d'un mort "deux mois après l'embaumement pour constater si les molaires ont été aurifiées ? « Non, si le corps est bien conservé, parce que les tissus reprennent la rigidité, qu'il faudrait vaincre par des efforts pénibles; et, s'il s'agit des dernières molaires, ces ""orts mêmes seraient insuffisants, et il serait nécessaire
de faire une incision aux joues pour mettre ces molaires en évidence.
« Oui, si le corps est en décomposition, le moindre effort suffisant pour vaincre la résistance des tissus en voie de ramollissement et pour découvrir non seulement les molaires, mais môme les maxillaires; mais ce serait alors une opération dangereuse que peu de mes confrères consentiraient à faire, si ce n'est les médecins légistes, qui ont la spécialité de ces pénibles recherches.
« Ce que je viens de dire me semble suffisant pour répondre à votre dernière question et pour vous faire comprendre que je ne crois pas à la compétence d'un dentiste pour faire consciencieusement cette recherche. Et d'ailleurs je ne crois pas qu'on en trouverait un seul qui n'y répugnerait pas.
« Je pense que ces explications vous suffiront, mais en tous cas je me tiens à votre disposition pour tout autre renseignement que vous pourriez désirer, et je vous autorise à faire de cette lettre l'usage qui vous conviendra.
« Agréez, je vous prie, monsieur le comte, l'assurance de mes sentiments distingués.
« D r 6 annal. »
Le Gaulois* du 16 juillet 1879 publiait cette dépèche :
Notre correspondant de Londres nous rapporte que l'Impératrice'a été attristée des récits qui représentent le corps de son fils comme ayant été affreusement défiguré.
Les herbes aromatiques employées pour l'embaumement ont noirci les chairs, ce qui a pu faire croire à une décomposition qui n'existe pas.
L'Impératrice a dit aux personnes qui l'entouraient : « Je