LE PRINCE AU TRAVAIL LA PREMIÈRE COMMUNION
Le Prince aux Tuileries. Il Son cabinet de travail au pavillon de Flore. || Ses professeurs. || La Saint-Charlemagne au lycée Bonaparte. || La journée DU Prince. || L'abbé Deguerry et la première communion. || Discours de M?"' Darboy. Il Le Prince a la Sorbonne en 1868. || L'incident Cavaignac. ||
GOUT MÉDIOCRE DU PrINCE POUR LES ÉTUDES CLASSIQUES. || PENCHANTS
artistiques. Il Un mot de l'Empereur. || Progrès latent.
DÈS que le Prince rentra à Saint-Cloud avec ses parents, au mois d'octobre 1867, le plan conçu par le général Frossard entra en exécution. Un des professeurs de septième du lycée Bonaparte, nommé Edeline, vint faire cette classe au Prince Impérial. Cet excellent homme, simple et modeste, n'apportait pas seulement au Prince les textes des devoirs qu'on faisait au collège, les auteurs qu'on expliquait ou qu'on apprenait par cœur, il lui racontait certains incidents, intéressants ou comiques, de la classe ; U lui faisait connaître le nom de ses meilleurs élèves et leurs traits caractéristiques, de sorte que le Prince, au bout de très peu de temps, se trouva familier avec ses petits camarades invisibles, qui, de leur côté, entendaient beaucoup parler de lui. Ainsi se produisait l'émulation rêvée par le gouverneur, sans aucun des dangers qu'eût entraînés la présence
réelle du Prince au collège. Il composait chaque semaine avec la septième de Bonaparte et attendait sa place avec une certaine anxiété. Cette place n'était pas toujours telle que nous l'aurions voulue ; pourtant, elle ne fut jamais trop décourageante pour lui ni pour nous.
Il va sans dire qu'elle ne pouvait faire tort aux élèves du lycée et que le nom de leur impérial concurrent était inscrit en double et comme en marge de la liste ordinaire. Ayant été premier en arithmétique, il fut invité au banquet de la Saint-Charlemagne et s'y rendit le 28 janvier 1868. Un léger accident m'empêcha de l'accompagner et me retint quelques instants en arrière. Lorsque j'entrai dans la salle, je l'aperçus, du premier coup d'œil, assis au centre d'une table, placée en équerre et visible de tous les points du réfectoire. Il était entouré des élèves de sa classe et sablait très gaiement avec eux l'excellent Champagne envoyé par l'Empereur et qui n'était certes pas du Champagne de collège. L'accueil fut des plus courtois et tout le monde, élèves et professeurs, le regardait avec sympathie. Il s'épanouissait si visiblement ! Il avait l'air si bon et si heureux ! Il eût fallu un bien féroce parti pris pour ne pas l'aimer !
Le Prince était maintenant installé aux Tuileries.
Tandis qu'on se hâtait d'achever l'aménagement du pavillon de Flore qui devait être la résidence définitive de l'héritier du trône, il occupait, provisoirement, trois grandes pièces qui continuaient l'appartement de l'Impératrice, au premier sur le jardin. L'une fut le cabinet de travail ; l'autre, sa chambre à coucher. La troisième était une ancienne salle des gardes, que l'on divisa par des cloisons jusqu'à une certaine hauteur, pour les besoins du service. Les deux premières offraient cette intéressante particularité que, dans le château tout entier, aucune autre ne gardait, plus visible et plus pure, la marque du grand siècle. A l'extrémité sud de la troisième, on montrait une fenêtre dans