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VUE DE CAMDE.N PLACE

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galerie de portraits historiques qui faisait la réputation de cette belle demeure. Plus près de nous encore, à Chislehurst même, habitait lord George Cavendish, frère du duc de Devonshire, qui fut un des premiers à rendre ses devoirs aux hôtes de Camden Place. Lord Henry Lennox, un des survivants de la génération qui avait connu, en Angleterre, le Prince Louis-Napoléon avant son élévation au trône, vint plusieurs fois saluer l'Impératrice pendant ce premier hiver. J'introduisis un jour auprès de l'Empereur le vieux comte Russell, le héros de la Réforme de 1832, qui appartenait déjà presque à l'histoire ; et, un autre jour, je reçus le docteur Tait, archevêque de Canterbury (i).

Le premier ministre, M. Gladstone, qui n'avait pas peut-être la conscience parfaitement tranquille en ce qui touchait les causes des malheurs de la France et du désastre de la dynastie napoléonienne, fut un des derniers à venir. Il amenait avec lui lord Frederick Cavendish, alors son secrétaire particulier, noble et généreuse nature qui s'attacha au Prince comme s'il avait pressenti qu'une tragique destinée, à quelques années d'intervalle, devait les rapprocher l'un de l'autre dans l'histoire.

La Reine Victoria vint, si je ne me trompe, pour la première fois à Camden Place au printemps dei87i ; mais elle n'avait pas attendu ce moment pour témoigner son affectueuse sympathie aux exilés. Sur son invitation, le Prince fit, si je puis dire, ses débuts devant le public anglais, lors d'une revue à laquelle elle assistait elle-même dans Bushey Park, près de Hampton Court. Le lendemain, les journaux anglais parlaient tous de la grâce un peu triste de l'adolescent impérial et de l'aisance avec laquelle il gouvernait un cheval de sang.

(i) Je regretterais d'oublier une visiteuse dont la présence était particulièrement agréable à l'Impératrice, Mme de Arcos, qui venait presque tous les dimanches avec sa sœur, miss Vaughan, et qu'après quarante années écoulées on rencontre encore bien souvent à Farnborough, auprès de son auguste amie.

Malgré ces sympathies précieuses et sincères qui l'entourèrent dès son arrivée sur le sol britannique, l'Angleterre exerça d'abord peu d'influence sur le Prince. A peine s'apercevait-il qu'il y vivait, tant ses yeux étaient assidûment et passionnément tournés vers le spectacle douloureux que lui donnait la France, livrée d'abord à la guerre étrangère et ensuite à la guerre civile. Comment s'intéresser aux leçons ou aux plaisirs que Londres pouvait offrir, pendant que Paris était en flammes? Il ne commença à regarder autour de lui que lorsqu'il vit la France dans un repos relatif. Dans l'été de 1871, l'Impératrice se rendit en Espagne pour voir sa mère, tandis que l'Empereur s'établissait à Torquay, sur la côte sud de l'Angleterre. Le Prince l'y accompagna, et c'est lui qui se chargea de donner des nouvelles à l'illustre voyageuse. Voici une des lettres qu'il adressait alors à sa mère :

« Ma chère Maman, « J'ai reçu votre lettre, qui avait été saisie et ouverte en France. Je ne puis que me féliciter de ce qu'elle ait paru devant ces Messieurs les Républicains, car elle ne contenait que des sentiments dignes de vous (ils ne la publieront pas, même avec des sic). Depuis ma dernière lettre, nous avons été à Bath où l'Empereur a reçu une ovation sans pareille ; il a été escorté par une foule de la gare à l'hôtel et de l'hôtel à la gare, avec grand accompagnement de hourrahs et de poignées de main. Nous avons été déjeuner le lendemain chez sir Laurence Palk, qui possède une superbe propriété dans les environs de la ville. En nous rendant à Camden, nous avons passé par New-Castle où vous avez été en pension. Nous sommes à présent établis à Chislehurst où on a fait de grands embellissements; j'ai amené avec moi un boule-

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dogue immense qui augmente notre meute et qui est sans contredit un des plus beaux ornements du voisinage.

« M. Filon est revenu auprès de moi et nous avons repris le cours de nos études.

« Adieu, ma chère Maman, je vous embrasse tendrement. « Votre affectionné et respectueux fils, « Louis-Napoléon. »

Je ne me rappelle pas très bien quels étaient les « embellissements » auxquels le Prince fait allusion. Je me souviens seulement que l'Empereur se donna, à ce moment, beaucoup de peine pour reconstituer, autant qu'il lui fut possible, l'admirable bibliothèque que l'Impératrice possédait aux Tuileries et qui avait été détruite dans l'incendie allumé par la Commune au mois de mai de cette même année 1871. Nous travaillâmes tous avec ardeur à en dresser le catalogue, tandis que l'Empereur et le Prince plaçaient eux-mêmes les livres sur les rayons.

Quant au chien dont il est question dans la lettre précédente, c'était un superbe masiiff, qui devint le compagnon favori du Prince dans ses promenades du matin. Aussi bon qu'il était redoutable, ce chien s'était attaché rapidement au Prince et l'eût défendu d'une manière effective en cas d'attaque (i).

Le Prince écrivait, de Camden, à sa mère qui était encore en Espagne :

« Cette réponse à votre dernière lettre vous parviendra le surlendemain du 15 novembre, qui nous rappelle, ainsi qu'à tant de gens, une fête chère à notre souvenir. Je ne puis m'empêcher de songer à ce jour que nous célébrions si tristement il y a un an ;

(i) Nous étions prévenus, de différents côtés, qu'il y avait des projets d'attentat contre sa vie et que sa personne devait être protégée toutes les fois qu'il sortait à pied. Nous avons vu souvent des gens suspects rôder autour de nous.

ce 15 novembre ne ressemblait guère à une fête, car le souvenir de nos récentes défaites nous empêchait d'être gais. Cette année, grâce à Dieu, votre fête sera moins triste : les pauvres, les gens que vous avez secourus, pensent aujourd'hui à vous, vous regrettent et vous bénissent. Je lisais l'autre jour dans le Gaulois un charmant article à ce sujet...

« ... Nous aurons une grand'messe pour la Sainte-Eugénie. Je regrette bien que vous ne soyez pas de retour, comme je vous le disais dans ma dernière lettre, car une grande quantité de Français avaient l'intention de venir en Angleterre à cette occasion. »

Le Prince revenait encore sur ce sujet quelques jours plus tard :

« Depuis ma dernière lettre, nous avons assisté à une scène bien touchante. Une députation de Parisiens est venue apporter à l'Empereur un superbe bouquet et un album, où nous avons compté 24 000 signatures. Une dame est venue aussi porter à vos pieds l'hommage d'un grand nombre d'habitants de Marseille, avec des fleurs.

« Les Dames de Boulogne vous ont aussi envoyé un bouquet.

« Nous espérons que vous serez ici à temps pour voir les fleurs qu'on vous a envoyées : ce serait pour moi un crève-cœur que de voir jeter ces bouquets qui doivent nous rappeler un si touchant souvenir

« Hier, l'Empereur a reçu une pièce de vers intitulée les Trois Couronnes, sur vous et sur les derniers événements ; les vers en sont charmants, et, en les entendant lire, nous avons eu, Papa et moi, les larmes aux yeux »

Durant cet automne de 1871, il y eut un changement notable dans le programme des études du Prince. Napoléon III était désireux que l'exil eût au moins, pour son fils, un bon résultat, en lui permettant de profiter des avantages de l'éducation com-

Cliché W. et D. Downey.

l'empereur ex 1871.

Cliché W. et D. Douncy.

l'empereur et le prince (1S71).

D'alprcs des photographies appartenant à M. Filon et â M. l'alibé Missel

Cliché Loiidon Stereoscopic Coinpnny.

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mune dont il était privé en France. L'Empereur, qui s'occupait beaucoup plus de l'instruction du Prince depuis qu'il en avait le loisir, mûrit ce projet avec le docteur Conneau, pendant que j'étais sur le continent. On lui indiqua King's Collège comme propre à l'expérience qu'il avait en vue. J'en fus informé par une lettre du docteur Conneau et, à mon retour, je trouvai l'Empereur tout à fait décidé. Il ne me restait qu'à assurer l'exécution de ce nouveau plan d'études. Je conduisis donc le Prince et son jeune camarade à King's Collège, logé, alors comme aujourd'hui, dans une aile de Somerset House qui ouvre sur le Strand, à proximité, par conséquent, de la gare de Charing Cross qui nous mettait en communication avec Londres. Je ne tardai pas à m'apercevoir que, si l'idée était bonne en elle-même, King's Collège n'était pas le lieu qu'il aurait fallu choisir pour l'appliquer. En effet, les élèves de King's Collège sont des étudiants d'Université, âgés au moins de dix-neuf ou vingt ans ; ils ont, pour la plupart, passé l'examen de matriculation qui donne accès dans l'Université de Londres et qui correspond assez exactement à notre baccalauréat. Le Prince n'était donc nullement préparé à suivre cet enseignement. Le milieu, d'ailleurs, ne pouvait lui être sympathique. Les jeunes gens qui l'entouraient appartenaient, au point de vue social, à la petite bourgeoisie et, au point de vue religieux, à l'église anglicane. Cette dernière condition était, elle est encore rigoureusement maintenue, et il fallut une exception pour admettre le Prince.

Nous eûmes une impression pénible le jour où nous pénétrâmes dans les couloirs de King's Collège, remplis d'étudiants qui sifflaient sans interruption. Comme, chez nous, je n'avais entendu siffler ainsi que les gens du bas peuple, j'eus, un moment, quelque doute sur l'intention de ces messieurs; mais j'acquis presque aussitôt la certitude qu'ils sifflaient pour leur plaisir. « Ce n'est pas un collège, me dit le Prince, c'est un nid de merles. » Le Prince

( loi )

n'entra jamais en conversation avec aucun d'eux et nul ne s'approcha de lui. Il serait toujours resté un étranger en Angleterre s'il avait passé plusieurs années dans ce milieu.

Je me bornai à lui faire suivre les cours les plus élémentaires de physique du professeur Adams, qui fit tous ses efforts pour que le Prince pût profiter de son enseignement et qui aplanit devant lui les difficultés ; mais le Prince ne possédait pas les connaissances en mathématiques qui eussent été nécessaires pour suivre utilement un cours de physique. Il n'apprit donc pas grand'chose à King's Collège. Et, cependant, je ne crois pas qu'il faille regretter le temps employé dans ces allées et venues, car il était bon pour lui d'être mêlé aux foules, qu'il n'avait jamais aperçues que de loin. Une rue de Londres a beaucoup plus de choses à enseigner à un jeune homme et, surtout, à un jeune Prince, qu'on ne serait disposé à le croire. A chaque pas, devant chaque boutique, il avait une question à m'adresser et moi une réponse à lui donner. Lorsque, dans la gare de Charing Cross, un individu, plus pressé que les autres, le bousculait en passant, il se retournait, très étonné et très amusé : c'était, pour lui, un plaisir tout neuf d'être coudoyé. Quelle aventure de pénétrer dans un café, de s'asseoir à une table de marbre et de commander au garçon une glace ou une tasse de chocolat ! Quelle joie, surtout, de regarder sans être regardé, d'être un spectateur au lieu d'être un spectacle et d'assister ainsi à quelques-uns des innombrables petits drames de la Rue ! Tout cela lui apprenait la vie, je veux dire la vie de tous, qu'il avait ignorée jusque-là, et je serais tenté de compter le Strand parmi ses précepteurs.

Nous nous efforcions d'offrir au Prince des amusements qui fussent en même temps des leçons et de le familiariser avec les

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hautes jouissances où l'intelligence a sa part. Il alla plus d'une fois entendre et applaudir la Patti et la Nilsson à Covent Garden et à Drury Lane. Il assista aussi à une représentation d'un drame en vers de Wills sur Charles 1^^. Irving jouait le rôle du roi et ce fut un de ses premiers succès. Miss Bateman lui donnait la réplique dans le rôle de la reine Henriette et, pendant la scène des adieux, je me souviens que le Prince fut très frappé de voir couler de vraies larmes sur les joues de cette jeune femme, dont l'organisation nerveuse semblait éprouver, dans toute leur intensité, les émotions dont elle était l'interprète. Dans le train qui nous ramenait à Chislehurst ce soir-là, nous discutâmes longuement la question de savoir jusqu'à quel point l'acteur et l'actrice doivent ressentir les sentiments qu'ils expriment au moment où ces sentiments passent par leur bouche.

Sir Henry HoUand, un très fin vieillard qui avait été le médecin de George IV, et dont le cerveau encore intact gardait trois quarts de siècle de précieux souvenirs, tint à conduire le Prince à une séance de la Royal Institution où Tyndall, alors à l'apogée de sa réputation, exposa, pour la première fois, devant le grand public, sa théorie des glaciers, avec de saisissantes illustrations.

A l'époque des vacances, l'Impératrice emmena son fils en Ecosse; puis la famille impériale, après quelques jours passés à Brighton, se rendit dans l'île de Wight, où elle fut accueillie avec empressement par la haute société anglaise qui s'y assemble vers ce temps de l'année. Cowes est peut-être le seul point de l'Angleterre où la vieille propriété se soit défendue contre les empiétements de la spéculation. C'est le quartier général du yachting en 1911, comme il y a quarante ans, et, dans une visite que je fis, il y a peu d'années, à la charmante petite ville, j'ai constaté qu'elle avait conservé sa clientèle aristocratique et son aspect d'autrefois. La grande rue, étroite et tortueuse, garde sa physionomie pittoresque. Le Club est toujours à la même place,

sur le petit promontoire d'où il domine le Soient. La petite maison où le Prince était installé avec nous, sur le bord de la mer (un vieil amiral, propriétaire de cette maison, l'avait baptisée Pao-Shun, du nom d'une action navale où il avait commandé), restait absolument semblable à ce qu'elle était lorsque nous y pénétrâmes en août 1872. L'autre maison, plus grande, où demeuraient l'Empereur et l'Impératrice, un peu plus loin de la mer, n'avait subi aucun changement et je n'eus aucune peine à évoquer mes impressions de jadis.

Les quelques semaines passées à Cowes durent laisser au Prince un souvenir très agréable. Il s'y lia d'amitié avec les jeunes Exshaw, dont la mère, fille d'un sénateur bien connu, le baron de Richemont, avait loué pour les vacances une maison dans le voisinage. D'autres jeunes gens et jeunes filles, de l'âge du Prince ou un peu plus âgés, formaient une société charmante qui accompagnait le fils de l'Empereur dans ses excursions. Je me rappelle, entre autres, un pique-nique au château de Carisbrook, qui était autrefois la résidence des capitaines de rUe. C'est de là que partit, en 1487, l'expédition conduite par Edward Woodville au secours des Bretons et qui fut annihilée à la bataille de Saint- Aubin du Cormier. C'est là que fut enfermé Charles P^' au temps de la guerre civile. Par une belle après-midi de septembre 1872, le petit-neveu de Napoléon joua une partie de barres avec ses amis, à quelques pas de la fenêtre historique par où Charles Stuart essaya vainement d'échapper à ses geôliers, qui allaient bientôt devenir ses bourreaux. Mais le divertissement le plus fréquent du Prince consistait dans des promenades en mer à bord de différents yachts, appartenant à des membres de l'aristocratie anglaise. C'est ainsi que lord Harrington fut plusieurs fois son hôte. Accompagné du duc de Huescar, son cousin, et du duc de Tamamès, qui allait bientôt le devenir, par son mariage avec la fille aînée de la duchesse d'Albe, il passa une journée sur

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le yacht de la baronne Meyer de Rothschild, dont la fille Hannah (plus tard lady Rosebery) lui fit les honneurs avec une gracieuse simplicité. Mais celui qui s'occupa le plus constamment du Prince pendant ce séjour à Cowes, ce fut le baron Henry de Worms, qui fut pour lui un très agréable compagnon. De Worms était un composé de trois nationalités. Allemand d'origine, élevé à notre collège RoUin, il avait fini par se fixer en Angleterre où il embrassa la vie politique et entra à la Chambre des Lords, après avoir rempli de hautes fonctions dans un cabinet conservateur. Il mit, lui aussi, son yacht à la disposition du Prince, qui le regardait presque comme un compatriote. De Worms s'improvisa professeur de natation et le Prince fit avec lui de grands progrès.

Ces vacances de 1872 furent les plus laborieuses qu'eût encore eues le Prince, car il lui fallut réserver au travail encore plus d'heures qu'il n'en donnait au plaisir. En effet, il avait été décidé que le Prince ne retournerait pas à King's Collège, mais qu'il suivrait les cours de l'Académie Royale de Woolwich, où sont formés les officiers des deux armes savantes. Cette idée avait été suggérée à l'Empereur par un de ses anciens amis d'Angleterre, le colonel Manby. Je m'entendis avec le colonel, qui fit les premières démarches auprès du War Office ; après quoi, je pris tous les arrangements nécessaires avec le major général sir Lintorn Simmons, gouverneur de l'Académie. Cet officier général se mit entièrement à notre disposition et, depuis ce moment, le Prince et la famille impériale n'ont jamais eu d'ami plus dévoué en Angleterre. La perspective d'entrer dans une école militaire stimula le Prince à un point qui me surprit. Je ne l'avais jamais vu travailler avec autant d'ardeur, de suite et de méthode. Son maître

de mathématiques, M. Richards, un des répétiteurs de Harrow, l'avait suivi à l'île de Wight, et la préparation à l'Ecole de Woolwich fut poussée vigoureusement.

Après notre retour à Camden, le Prince fut soumis à un examen particulier devant les professeurs de l'École et cet examen donna des résultats, en apparence, très satisfaisants. Un des maîtres reconnut chez le Prince de rares facultés pour l'étude des mathématiques {high mathematical powers). Le témoignage écrit de sa satisfaction fut remis à l'Empereur, qui y parut très sensible.

C'est donc avec l'esprit libre et joyeux que le Prince vint, un matin de novembre 1872, prendre possession de son double domicile à Woolwich. On lui avait préparé et meublé d'une façon très convenable, quoique sans luxe, à l'Académie Royale militaire, un petit appartement composé de trois pièces, et situé à l'une des extrémités du bâtiment principal. Un cabinet d'études, un petit salon, un cabinet de toilette : tel était cet appartement dont prit soin un serviteur spécial, mis à la disposition du Prince. A l'ameublement primitif l'Empereur fit ajouter seulement un corps de bibliothèque, surmonté d'une tablette à hauteur d'appui, et une garniture de cheminée venue de chez Barbedienne, qui fut le dernier cadeau de Napoléon III à son fils. Le Prince me la donna en souvenir lorsque je le quittai et je puis entendre, en écrivant ces hgnes, le tic tac de la pendule qui a sonné l'heure de nos longues conversations sur la Révolution et l'Empire.

On avait loué aussi pour le Prince une petite maison, située dans une rue déserte, Nightingale Lane, à quelque distance de l'Académie. Cette maison devait être son home particulier ; il devait y rentrer, sa journée de travail terminée, passer la soirée avec moi, et retourner à l'Ecole le lendemain matin à l'heure où recommençaient les cours. Qu'éprouva-t-il lorsqu'il endossa

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