LE PRINCE PARMI LES ANGLAIS VOYAGE DANS LE NORD LA POLITIQUE EN
Popularité du Prince en Angleterre. |! Ses discours en anglais. || Influence
DES idées et des MŒURS ANGLAISES SUR SON ESPRIT ET SON CARACTÈRE ; LIMITE OU s'arrête CETTE INFLUENCE. || VoYAGE DANS LES CoURS DU NORD. || PROJET DE SERVIR EN AUTRICHE. H LA POLITIQUE IMPÉRIALISTE EN 1878. || ChUTE DU MARÉCHAL MaC-MaHON ; SON REMPLACEMENT PAR JULES GrÉVY. || Ce QU'EN
PENSE LE Prince. || Un coup de théâtre.
LE Prince avait atteint son complet développement physique. Une légère moustache ombrageait sa lèvre. Son teint avait bruni; ses traits, en perdant leur délicatesse enfantine, avaient pris un caractère plus ferme. Sa taille ne dépassait pas a moyenne, mais ses membres, parfaitement proportionnés, assouphs, non par les sports alors spéciaux aux Anglais, mais par les exercices chers à notre \àeille France, par l'équitation, par l'escrime et par la vie militaire, annonçaient à tous les regards une virihté élégante et robuste. L'inaction — la seule chose dont il eût horreur — pouvait seule ramener sur sa figure, à certaines heures, cette expression d'ennui qui m'avait si souvent affligé pendant son enfance. Dès que son corps ou son esprit entrait en jeu et en mouvement, son visage devenait brillant d'animation;
l'enthousiasme, la gaîté ou la sympathie rayonnaient dans ses yeux bleus.
Sa présence éclairait et réchauffait l'atmosphère autour de lui. Par un sourire, une pression de main, par toutes ses paroles et par tous ses gestes, il répandait la vie, la lumière et la joie sur ceux qui l'approchaient, ne fût-ce qu'un instant.
Toute l'Angleterre s'occupait de lui. Partout où il paraissait, il était aussitôt le point de mire, le centre d'attraction. J'avais vu naître ce mouvement, qui s'accéléra rapidement, comme tous ceux dont la famille royale prend l'initiative. Dès l'été de 1874, je l'avais vu acclamé, presque porté en triomphe par la foule, au retour d'une revue où le tsar Alexandre II, alors l'hôte des Anglais, avait voulu le faire figurer à ses côtés. Mais ce fut dans l'automne de 1877 et l'hiver de 1878 que la popularité du Prince en Angleterre atteignit son apogée. Toutes les classes y prenaient leur part. Son nom, son infortune, sa jeunesse, sa mâle beauté intéressaient toutes les femmes ; la haute et mystérieuse destinée que l'avenir semblait lui réserver et que tout, en lui, justifiait déjà, appelait l'attention des hommes et entourait son front d'une auréole plus prestigieuse qu'une couronne.
Il avait écrit à sa mère l'été précédent : « Il y a quelques jours, j'ai été aux courses de Goodwood. J'ai été invité à aller dans la tribune du duc de Richmond, où se trouvaient la famille royale et le prince Humbert. Tous, et, en particulier, ce dernier, ont été très aimables pour moi. Avant de partir, j'ai été voir la Reine à Osborne; elle m'a invité à luncher et m'a fait l'accueil le plus cordial. »
Le 30 novembre 1877, il écrivait à l'un de ses amis ; « ...J'ai chassé mardi dernier avec l'équipage de la Reine pour la première fois. Je me suis beaucoup amusé, quoique ce soit moins une chasse à courre qu'une course au clocher. Nous avons fait
iché Elli.il et Fr
PORTRAIT DU PRINXE I1878).
D'af>r,'s uiif phnlo^raphU signfe appartenant à M. fabhê Misset. Celle photographie avait été envoyé par le Prince Impérial au Maréchal Canrobert.
Le Prixce Imp
PI. 34. Page iSo.
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30 milles et sauté un nombre considérable d'obstacles ; aussi mon cheval, qui, cependant, était une bonne bête de pur sang, n'en pouvait plus.... »
En janvier 1878, il écrivait à ce même ami : «... Sans négliger mes occupations, j'ai un peu mené cet hiver la vie de château. J'ai beaucoup chassé à courre.
« J'ai fait dernièrement, à Hamilton, la connaissance du Prince Impérial d'Autriche, qui est un charmant jeune homme.... »
Le Prince dut jouir pleinement de cette large hospitalité des châteaux anglais, qui a sa grandeur et sa poésie et qui attire chaque hiver tant de souverains et d'étrangers illustres. Elle lui donna une idée de la vie d'autrefois, où les fêtes de salon et les plaisirs de l'esprit alternaient avec les violents et périlleux exercices.
Le printemps venu, il fut invité à participer aux « fonctions » de la saison et assista au banquet de la Société des Ingénieurs Civils, puis au banquet de la Presse, et il prononça un discours dans chacune de ces circonstances. Ce n'était pas la première fois qu'il avait à parler en anglais et qu'il s'en acquittait à la satisfaction de tous. Il était encore presque enfant lorsqu'il avait fait ses débuts en ce genre à Farningham, dans le Kent, où se trouvait un vaste établissement agricole, destiné à l'éducation et à la régénération physique et morale d'enfants sans famille, ramassés dans les rues de Londres. Une sorte de déjeuner champêtre, servi sous une tente, avait réuni les patrons de l'œuvre aux propriétaires du voisinage. Lord Frederick Cavendish, qui présidait la séance, avait tenu à y produire le Prince, comme le protecteur de l'enfance déshéritée ; il lui rendait ainsi le rôle que sa mère souhaitait si ardemment de lui voir remplir dans son pays. Le Prince entra de tout son cœur dans cette pensée et prononça quelques mots touchants, à la suite desquels trente mille francs furent souscrits, séance tenante, par les personnes pré-
sentes, pour le soutien de cette charitable institution. Le Prince fut émerveillé de ce chiffre et connut là, pour la première fois, combien généreuses, combien promptes à remplir leur devoir, sont, en Angleterre ces classes riches qu'en dépouillant de leur richesse on travaille à dépouiller du pouvoir de faire le bien. Mais, alors, tout était à sa place dans cette Angleterre rurale qui gardait encore, sous Victoria, bien des traits de l'Angleterre d Elizabeth. Aucune de ces leçons n'était perdue pour le fils de Napoléon III, en qui pénétrait peu à peu le sentiment des bienfaits qu'avait rendus si longtemps, que rendait encore l'ancienne organisation sociale, mue par des initiatives personnelles et locales et inspirée par l'idée chrétienne.
Tout autres étaient les sujets qu'il eut à célébrer en 1878. Là, il était en pleine actualité et la vie moderne ouvrait devant lui ses plus larges horizons : ses yeux les embrassèrent hardiment.
Le banquet de la Société des Ingénieurs Civils eut lieu le 6 avril. Le Prince répondit ainsi au toast d'usage « to our Guests », au nom de tous les invités :
« Monsieur le Président, Messieurs,
« Je suis sûr d'exprimer le sentiment de tous ceux qui sont « ici présents en remerciant les ingénieurs civils de l'hospitalité « si cordiale qu'ils ont offerte ce soir à leurs invités.
« Je ne puis répondre au toast que vient de proposer M. Bâte teman sans lui dire combien je suis touché des paroles flat- « teuses qu'il m'a adressées à moi personnellement. J'en suis « touché non seulement à cause de la sympathie à mon égard « dont elles m'ont apporté l'expression, mais aussi et surtout à « cause de l'hommage rendu à la mémoire de mon père. Jamais « mieux que ce soir je n'ai senti tout ce que je lui dois, car c'est « à lui que je suis redevable, dans une large mesure, de l'accueil « qui m'est fait par ce grand paj's, puisque c'est lui qui a com-
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« mencé, entre la France et l'Angleterre, cette amitié qui les unit « encore.
« L'Empereur a toujours pris un profond intérêt à l'étude des « questions scientifiques et, même avant de monter sur le trône, « il a prouvé cet intérêt par la part qu'il a prise aux discussions « de votre Société. Il avait compris que, dans des temps comme « les nôtres, lorsque la science avance à pas de géant, l'homme « qui rêve de grandes choses doit s'efforcer d'étendre sans cesse « ses connaissances et s'associer avec ceux qui, comme vous, « Messieurs, travaillent à accroître le bien-être de l'humanité. « Lorsqu'il de\4nt Empereur des Français, fidèle à ces principes, « il encouragea dans de vastes proportions les grands travaux « publics et témoigna toute son estime à ceux qui les exécutadent.
« Notre siècle a vu s'accomplir de grands événements de tous « genres. L'homme a livTé à l'homme de mémorables batailles, « dont ce n'est ici ni le heu ni le moment de parler.
« D'autres combats ont été livrés par l'homme à la nature, « et la victoire a presque toujours couronné ses efforts. Parmi les « conquêtes de notre tem.ps, aucune n'a été plus favorable à « l'humanité que les triomphes pacifiques de l'industrie. Celles- « là ne disparaîtront pas avec la génération présente, elles ren- « dront encore des services aux siècles à venir.
« Ces victoires. Messieurs, ce sont les vôtres, et voilà pour- « quoi je me rappelle avec une légitime fierté que mon père a fait « partie de cette institution. Je suis heureux de saisir cette occa- « sion pour exprimer aux ingénieurs civils ma profonde estime « et mes vœux pour la prospérité croissante de leur Société. »
Ce discours eut un plein succès auprès de ceux qui l'entendirent, ou le lurent le lendemain dans les journaux. Invité, le i8 mai, au banquet de la Presse, que présidait lord Houghton, le Prince eut encore à répondre au nom des étrangers de distinction con-
vies par les journalistes à cette fête. Le cardinal Manning, qui était l'un d'entre eux et qui, dans l'oraison funèbre du Prince Impérial, a raconté ses impressions de ce soir-là, nous a dit quels étaient ces hôtes réunis pour entourer et pour entendre le fils de Napoléon III. « C'était une grande Assemblée : hommes d'Etat, guerriers, administrateurs principaux de l'Empire de la Grande- Bretagne, pour les affaires de la guerre et pour celles de la paix, savants et littérateurs, tous étaient là. Il se leva au milieu d'eux : ses paroles intelligentes, admirablement choisies dans notre propre langue, et la force de son éloquence, les intéressaient à tel point que tous semblaient suspendus à ses lèvres. »
Lord Houghton, président du banquet, dans des paroles pleines de sjnnpathie, avait salué la présence du Prince et porté un toast en son honneur. Lorsqu'il prit la parole pour répondre, des applaudissements enthousiastes éclatèrent de toutes parts et se prolongèrent pendant plusieurs minutes. Presque tous les convives étaient debout. Le Prince parla ainsi :
« Je saisis avec joie l'occasion de rendre à la presse anglaise « le tribut d'admiration qu'elle mérite. La presse est devenue « une nécessité pour notre civilisation moderne, une nécessité « pour le monde commercial comme pour le monde de la science « et de la politique. L'histoire des vingt dernières années témoi- « gne hautement des services qu'elle a rendus à la cause du proie grès industriel. Si des afliances commerciales ont pu être con- « dues entre des gouvernements éclairés représentant des nations « que de longs siècles de haine avaient séparées, ces grands évé- « nements n'ont pu s'accomplir que grâce à l'intelligent et éner- « gique concours de la presse. Le progrès de la science est assuré « par ce fait que les observations et les découvertes de tous « les travailleurs dans ce vaste domaine sont devenues, par « l'intermédiaire de la presse, la propriété de tous.
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« Mais le rôle de la presse est encore plus important dans le « domaine de la politique. Il y eut un temps où la destinée des « nations était réglée par trois ou quatre personnes réunies en « Conseil secret. Aujourd'hui, la force qui fait et défait les gou- « vernements, qui décide de la paix ou de la guerre, c'est l'opi- « nion publique. Le jury suprême devant lequel tout homme « d'État doit comparaître et rendre ses comptes ne serait qu'un « aveugle tribunal s'il n'était guidé par une presse éclairée. La « presse dirige l'opinion publique dans le sentier de la justice en « établissant la vérité des faits d'une manière plus effective en- « core qu'en défendant par des arguments théoriques la meilleure « des causes. On peut donc être fier d'appartenir à une presse qui « comprend son devoir et qui sait le remplir. Il n'est pas d'in- « fortune qui ne trouve, chez elle, une parole de sympathie ou « un secours effectif, pas une injustice qu'elle ne mette au pi- « lori de l'opinion, pas une noble action qu'elle ne signale à « l'estime ou à l'admiration publique. Unis, comme tous les « Anglais, dans un commun respect pour vos traditions natio- « nales, dans un même amour pour votre patrie et dans un même « dévouement à la Reine, l'opinion politique ne vous divise « jamais au point de vous faire oublier ce que vous devez à « l'Angleterre et ce que vous devez à l'humanité.
« L'objet charitable (i) qui vous réunit ce soir montre toute « la force de cette solidarité. Je suis profondément reconnaissant « des paroles par lesquelles a été proposée et accueillie la santé « des avitres invités et la mienne et je vous en exprime notre sin- « cère gratitude. »
Ce discours, interrompu presque à chaque phrase par des applaudissements, fut suivi d'une véritable ovation, et le cardi-
(i) Il s'agit ici du Press fund (Caisse de secours de la Presse) qui est l'occasion de ce banquet annuel.
nal Manning traduisait la pensée de tous les convives présents à cette scène lorsqu'il résumait ainsi son impression : « Je me disais en l'écoutant : il y a dans ce jeune homme, quelle que soit sa carrière, une puissance qui entraînera et dominera les masses ».
Le Prince tint à ce que ce discours fût traduit en français et reproduit par les journaux du parti, afin que la presse française pût y prendre sa part des éloges qu'il avait donnés à la presse en général. Elle put y trouver aussi un avertissement dans la phrase, alors très remarquée, où le Prince indiquait, comme la mission véritable du journal, non la discussion des doctrines, mais la diffusion des faits véritables.
Le moment semble venu de se demander jusqu'à quel point il a subi l'influence anglaise et dans quelle mesure il s'est laissé modifier par cette influence, qui dut, à cette époque, atteindre à son apogée.
Cette influence fut à peine sensible jusqu'au moment où il entra à l'École militaire de Woolwich. A dater de ce moment, elle s'exerça d'une manière continue, et on ne peut s'en étonner, puisqu'il passa, dès lors, une grande partie de sa vie dans un milieu purement anglais. Mais, bien qu'il fût à l'âge où l'esprit est le plus apte à subir les impressions de l'ambiance, et bien qu'il admirât très sincèrement la grande nation dont il recevait la cordiale hospitalité, sa nature intime et profonde resta ce qu'elle avait été, ce qu'elle devait toujours être ; l'Angleterre ne l'entama pas plus loin que l'épiderme. La grande part que fait l'éducation anglaise à la vie en plein air et aux exercices du corps avait admirablement hâté et servi le développement de ses forces physiques. Maintenant il était libre d'aller où il lui plaisait, de se mêler aux foules, sans être guidé, protégé, surveillé dans tous ses mouvements, et son intelligence semblait avoir participé à cette émancipation. Woolwich et Aldershot lui donnèrent l'occasion d'apprendre ce qu'il souhaitait le plus au monde, d'étudier
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la guerre. La vie de château lui offrit, comme on l'a vu, des amusements virils et des relations intéressantes. Enfin, la vie publique le séduisit par le sentiment moral qui y présidait alors, dans l'Angleterre de Victoria et de Gladstone. Elle lui agréait aussi par cette franchise qui permettait de dire tout haut et d'avance tout ce qu'on voulait faire, avec cette bonne humeur et cet optimisme britannique, si différent des haines qui empoisonnent, chez nous, la vie politique. Il fut ainsi amené à s'assimiler beaucoup d'idées anglaises, à noter certains traits qu'il eût désiré acclimater chez nous, mais sans cesser un instant d'être un Français et un Bonaparte. Peut-être n'a-t-il jamais écrit plus tendrement à ses vieux amis ni parlé de la France avec une dévotion plus passionnée que pendant cette année où l'Angleterre pouvait se flatter de l'avoir conquis.
Nulle part, en effet, dans aucune partie de sa correspondance, l'accent nostalgique de l'exilé n'est plus émouvant que dans ces phrases qui datent de l'été de 1878 : « Je vous remercie, écrivait-il le 18 mai à M. Franceschini Pietri, des détails que vous me donnez sur ce Paris que j'aimais tant dans mon enfance. J'espère que vous vous y plaisez, mais pas assez pour oubUer ceux dont vous partagez volontairement l'exil.... »
Dans une lettre à Louis Conneau, écrite le jour même de sa fête (15 août 1878), je trouve ces mots: « Ma pensée est toujours près de mes amis et je n'ai point grand mérite, car, après tout, là où ils vivent se trouve le but de ma vie.... » Il m'écrivait à moi-même un peu plus tard : « J'attends, à l'instant, Conneau et Bizot, mes \àeux amis. La joie que j'éprouve à les revoir me fait penser à celle que je ressentirais si votre santé vous permettait de prendre comme eux le chemin de Chislehurst.... »
Lorsqu'il pensait à la France, c'est dans l'armée française qu'il l'incarnait. Cette pensée re\àent bien souvent dans ses lettres : elle n'est exprimée nulle part avec plus d'énergie que dans les
lignes suivantes, adressées au général duc d'Elchingen, et qui furent écrites vers la même époque : « Ce qui touche à l'armée, comme vous le savez du reste, m'intéresse ou plutôt me passionne. Je n'aime pas seulement l'armée française parce que je suis soldat et Français jusqu'à la moelle, mais encore parce que je considère qu'en elle seule réside la force capable de sauver la société française, d'abord, et de lui rendre ensuite sa grandeur ».
Au mois de juillet 1878, le Prince partit pour le Nord, avec l'intention de rendre visite aux deux souverains Scandinaves. Ce voyage s'expliquait de lui-même. 11 était tout simple que le Prince voulût rendre visite à un pays dont les beautés naturelles attirent les étrangers et dont la maison régnante, française d'origine et de sentiments, avait entretenu, pendant le second Empire, des rapports étroits avec la famille Bonaparte. La reine mère de Suède l'avait tenu sur les fonts baptismaux avec le Souverain Pontife, et le Prince royal avait fait, à Camden Place, une visite dont j'ai été le témoin. En lui rendant cette visite, le Prince ne pouvait manquer de s'arrêter à Copenhague et de saluer le vénérable Christian VII, qu'entouraient l'estime et l'affection de toutes les maisons souveraines. A Copenhague, comme à Stockholm, il était sûr de ne rencontrer devant lui que des visages amis, sans se heurter à aucun des souvenirs douloureux de 1870.
Il plut, cependant, à quelques-uns de ses partisans, de rattacher à ce voyage certains rêves matrimoniaux qui étaient, au moins, prématurés. Le mariage auquel ils songeaient eût assuré au Prince de brillantes alliances et de hautes amitiés ; mais il n'eût pas été inutile de s'assurer l'assentiment de ceux qu'unissaient ainsi les salons bonapartistes de Paris. J'ignore si l'on