‹ Le Principe d'ÉgalitéChapitre 13 sur 43 · EME TE ACTES · texte numérisé non relu

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pouvoirs publics et dans la confection des lois ». « Le suffrage universel était pour Condorcet la garantie indispensable de l'égalité (1). »

Les inégalités juridiques étaient plus marquantes. Aussi la Révolution a-t-elle eu surtout pour effet l’abolition des distinctions juridiques qui séparaient les classes. À mesure qu’on approchait de la fin de l’ancien régime ces barrières se faisaient plus hautes. Les privilèges séculaires étaient exploités au plus haut point, bien que ne correspondant plus aux services rendus. Parallèlement, les charges du tiers étaient aggravées; des droits tombés en désuétude furent très souvent rétablis arbitrairement par les seigneurs. Les violentes critiques des philosophes contre ces inégalités juridiques et les revendications dans les cahiers de 1789 en furent les conséquences directes. Mais ce furent surtout les inégalités économiques qui firent l’objet des plus vives attaques, accumulation, mauvaise distribution des richesses, luxe, etc. Il faut en voir la raison dans le fait que la grande industrie n’avait pas encore fait son apparition ou, du moins, n’était qu’à ses débuts. Aussi toutes les doctrines sociales du xvI11° siècle visent-elles surtout un changement dans le régime des terres. On y voyait le support de toutes les autres inégalités. Celle-là détruite, toutes les autres paraissaient devoir suivre. Pendant la Révolution, le régime de la propriété sera également la préoccupation dominante. Mais déjà au cours du siècle, le capitalisme, sous sa forme commerciale, commençait à exercer une emprise profonde, l’industrie rurale tombait de plus en plus sous son contrôle, l’ancienne organisation ne répondait plus aux besoins nouveaux (2). Les physiocrates jouèrent leur rôle dans ce concert. Pour eux, la propriété seigneuriale, à cause de toutes ses entraves vexatoires, était nuisible aux progrès Œ à la production agricole. Il fallait donc un ordre nouveau de choses. D’un autre côté on a remarqué au xvItrr° siècle

) Jour, De l’évolution de l’idée d'égalité (thèse, Paris, 1905). ) H. SÉE, La France économique et sociale au xvrtI° siècle.

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un affermissement de la propriété paysanne, si bien qu’il a suffi de l’abolition des droits seigneuriaux pour établir sen autonomie complète. « Les paysans commençaient à s’'éveiller à la vie politique. Irrités par la réaction seigneuriale qui marque la fin de l’ancien régime, ils ne craignent pas en 1789 de faire entendre hautement leurs revendications et bientôt, par leurs pétitions et leurs violences, ils forceront la main aux assemblées révolutionnaires (1). »

La question paysanne devint ainsi prépondérante. Rousseau particulièrement fit beaucoup pour la rendre populaire, et nous avons dit que les économistes la mirent en relief.

En réalité, à la fin de l’ancien régime, les abus, le faste des privilégiés dressèrent unanimement contre la haute noblesse toutes les classes sociales que l’on englobe sous le nom de « Tiers Etat ». Les paysans se plaignaient des abus du régime seigneurial. La bourgeoisie s’élevait contre les exemptions d'impôt dont jouissaient les nobles et contre leurs privilèges en matière judiciaire. Elle prétendait être comme eux admise à toutes les fonctions sur un même pied d'égalité. Dans le bas clergé, il y avait une plus grande inégalité encore dans la répartition des charges. Il existait un véritable prolétariat ecclésiastique qui ne cachait pas son ressentiment très vif contre le clergé supérieur, dont l’opulence contrastait avec la situation besogneuse du bas clergé. À plusieurs reprises des réclamations furent formulées et elles se firent également jour lors de la convocation des Etats Généraux (2). C’est ce qui explique qu’en ce qui concerne les affaires civiles et politiques le bas clergé émit des vœux semblables à ceux du Tiers Etat. Dans ses cahiers, le bas clergé breton réclamait « là périodicité des Etats Généraux, la suppression des impôts actuels, l’établissement d’une consütution, l’égalité des droits politiques sans distinction d'ordre, légalité de tous devant les charges publiques pro:

(x) A. SÉE, Op. cit, -p. 27.

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