‹ Le Principe d'ÉgalitéChapitre 15 sur 43 · NON RS · texte numérisé non relu

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le nécessaire physique (1). Ainsi l’idée d’égalité est souvent mise en relief par Montesquieu, mais il l’aborde en réformateur et non en révolutionnaire. « L’esprit de modération, dit-il, doit être celui du législateur (2). » Et l’auteur précise dans une préface : « Je n’ai point tiré mes principes de mes préjugés, mais de la nature des choses. » Dans l’avertissement, Montesquieu écrit encore : « Pour l'intelligence des quatre premiers livres de cet ouvrage, il faut observer que ce que j’appelle la vertu dans la république est l’amour de la patrie, c’est-à-dire l’amour de l’égalité.. J’ai donc appelé vertu politique l'amour de la patrie et de légalité. L'homme de bien dont il est question dans le livre IIL, chapitre V, est l’homme de bien politique qui a la vertu politique dont j'ai parlé (3). »

D’Alembert, dans l’analyse qu’il donne de l'Esprit des Lois, écrit : « Quand l’auteur parle de l’égalité dans les démocraties, il n’entend pas une égalité extrême, absolue et par conséquent chimérique, il entend cet heureux équilibre qui rend tous les citoyens soumis aux lois et également intéressés à les observer. Les lois que le législateur donne doivent, dans une république, entretenir l’égalité et la fru- -galité, mais l’esprit de modération. doit en dicter toutes les dispositions (4). » Outre cet esprit de modération, une autre remarque s’impose au sujet des écrits de Montesquieu, caractère qui le différencie de Rousseau et de ses disciples, c’est l'esprit réaliste qui préside à son œuvre. L'Esprit des Lois trace bien un idéal d'organisation, oui, mais ce n’est pas une œuvre de pure spéculation utopique (5). Montesquieu se soucie au même titre des différences qu’imposent, par exemple, les races et les climats et dont le législateur doit tenir compte, Pour Montesquieu, la meilleure loi n’est pas celle qui est conforme à la nature de l’homme telle que la

(1) Esprit des Lois, L'NI, ch. L.

(CIMOT MSC TENTE

(3) Œuvres complètes, 1788 (Avertissement).

(4) D'ArEmBERr, Analyse.

(5) Monnet, La Pensée française au XVII siècle.

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