CHAPITRE V
Autres causes concourantes ; conclusion.
Nous venons de voir quelle a été à travers les écrits de quelques-uns des écrivains les plus représentatifs du XVII siècle la progression de l’idée d'égalité parallèlement à celle qui résultait des faits. Maïs dans les causes complexes qui sont à la base de ce mouvement d'idées, il est possible d’en découvrir bien d’autres. L'esprit chrétien n’y fut pas étranger et même y apporta une énorme contribution. La doctrine chrétienne qui élève le pauvre, prête, en effet, nous l’avons déjà dit, à des exposés égalitaires. Si les desseins de Dieu étaient rigoureusement exécutés « nous verrions, dit Massillon, bientôt naître dans l'Eglise la paix, l’allégresse, l’heureuse égalité des premiers chrétiens ». « Qui ignore, s’écrie-t-1l, que tous les biens appartenaient originairement à tous les hommes en commun, que la simple nature ne connaissait ni de propriété, ni de partage, et qu’elle laissait d’abord chacun de nous en possession de tout l’univers ? >»
À sä suite, de nombreux prédicateurs tenaient un pareil langage. Il était de mode de faire des sermons philosophiques et certains, emportés par leur ardeur, « en