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TROISIÈME PARTIE

Les applications modernes

du principe d'égalité.

Nous abordons dans cette partie le côté pratique de notre exposé. Les idées tendent à se traduire en actes; les principes à guider ces derniers. Nous avons suivi la progression de l’idée d’égalité jusque sous la Révolution. Il nous reste à voir quelles ont été ses répercussions, quelles applications en ont été faites de nos jours. Nous avons mis en relief les formes diverses de l’égalitarisme. Nous avons signalé notamment le paradoxe qui s’attache à l'égalité réelle, laquelle conduit à la plus injuste des inégalités. Dans quel sens la législation actuelle de notre pays se dirige-t-elle ? quelle égalité tend-elle à réaliser ? Quelles approbations ou quelles critiques l’état actuel suggère-t-il dans le domaine civil, économique, politique ? Telles sont les questions qui se présentent à nous.

En abordant directement cette partie, nous omettons de parler de l’évolution de l’idée d'égalité depuis la Révolution jusqu’à nos jours. Mais il faut savoir se borner. Il nous suffira de signaler la réaction du Consulat et de l'Empire, puis la conquête de l'égalité politique consacrée par la Constitution de 1848, qui proclama le suffrage universel.

Il nous a paru d’un intérêt plus grand de rapprocher les

tendances égalitaires de la Révolution de celles de nos jours. Il semble en effet, et sans qu’on ose l’avouer ouvertement, que la conception jacobine de l'égalité de fait guide sous voile la législation actuelle, Il semble que l’objectif soit de radicalement niveler, et cela dans tous les domaines. Alors que tout en nous et au dehors est diversité, il semble que d’une façon obstinée une politique aveuglée par l’idée trop simple de l'unité en tout, soit l’inspiratrice de notre législation. Cette tendance nous la combattrons, car elle nous paraît contraire aux lois les plus évidentes de la nature, contraire aux intérêts bien compris des individus et par conséquent à l’intérêt national, qui est pour nous le but principal. En un mot, aux conceptions radicales et socialistes, nous opposerons nos conceptions faites du souci d'assurer le plein développement des individualités, modérées cependant par les règles morales et des réformes opportunes que dictent l’état progressif de la société. Le rôle du législateur devant être justement de savoir adapter les mesures prises à cette évolution, en ayant pour guide l’intérêt national.

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