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des privilèges. L'avocat Marais pouvait écrire : « Jamais la noblesse de France n’a été moins noble qu'en ce temps-ci. »
Le fait saillant de l’époque qui devait être grand par ses conséquences fut la querelle religieuse provoquée par l’opposition janséniste à la « Bulle Unigenitus ». En effet, « de religieuse qu’elle était au début, l'opposition devint politique et fut la source la plus féconde de l’esprit révolutionnaire ». L'opposition parlementaire s’associa à l’opposition janséniste. La fermeté habile de Fleury ne put maintenir l’ardeur des passions contraires. ni l’ombrageux gallicanisme des parlements. Dans l’intervalle de trente ans, sous l’empire de ces causes concourantes, l’esprit révolutionnaire se prépara et se fortifia et ouvrit la porte à l’esprit égalitaire. La Régence avait tout déchaîné. « Personne n’apercevait qu'à côté d’une opposition religiense qui pouvait s'étendre par l’effet des circonstances et devenir politique, cette magistrature froissée de son abaissement, ce peuple qui commençait à parler haut sur ses princes offraient des éléments faciles à s’émouvoir (1). » L'avocat Marais constate dans ses mémoires que dès le règne de Louis XVI les guerres sans fin, les persécutions religieuses renaissantes et rigoureuses, l’empire des jésuites sur le roi « aigrissaient les cœurs et commençaient à noircir les imaginations », M cela, la querelle janséniste vint ajouter et entretenir cette flamme de guerre civile qui pendant le cours du siècle, devait attiser avec une violence si opiniâtre les passions politiques. A
l’action janséniste entretint ainsi un milieu ardent. « L'opposition s’affermit, faite de la double haine de Rome et des courtisans. À cette époque on manifeste son mécontentement en se ralliänt aux jansénistes en religion et aux parlementaires en politique. » Le signe de cette union se montre dans cette maxime qui a cours à cette époque. « La
(1) RocouaIN, L'Esprit révolutionnaire, préface.