‹ Le principe des nationalités [microforme]Chapitre 13 sur 17 · VI. L · texte numérisé non relu

VI. L

Aaens côté pere, mepiére puérile eb vulgaire d'envisager le grand principe des nationalités, kg A FA et droite tracée par l'humanité. et par l'intérêt bien. entendu des peuples qui couvrent le globe.

Si j'en avais le temps, je pourrais démontrer, livres en mains, les pages de l’histoire sous les yeux, que les différents peuples, dans leurs pérégrinations diverses

depuis les’ temps les plus reculés, ont changé de sang et d'origine, suivent les différentes phases de lèur ‘existence ambulunte, ai.je puis n’exprimer ‘ainsi.

Le:passage de la Mer'Rouge n’est pas un.

fait isolé dans l’histoire. Beaucoup de:passages: de-ce genre. ont eu lieu depuis. L’humanité:n’a. pas: .seulement chassé les. mers devant-elle, pour laisser aux peuplesla liberté deivivré sur tous.les points-du globe. Il ne faut- pass croire-que les peuples vivent sédentaires et: isolés :: ils:marchent poussés par le. progrès, les découvertes, la civilisation.

Ne croyons pas que: Christophe Colombe, en découvrant le nouveau monde, y aît <ransplanté un peuple unique et homogène, Loin de:là, ce fut comme un nouveau passage de la Mer Rouge, nouvellement ouvert à la marche de tous. les peuples, qui, par la diversité dé leurs usages, de leurs traditions, et des intérêts qui les ralltaient à leurs mé. tropoles, ont subi de nouvelles exigences et: dé nouveaux besoins, Et ces nouvelles exigences, es nouveaux besoins ont fait naître

des usages ot. des mœurs d'un caractère tout. particulier. ir | Croirait-on d’après de semblables faits, ei simples aux yeux du plus jeune observateur, que tel un peuple naît, tel. il doit vivre?

Eh quoii dans. le cours de l'existence de.

chacun de vous, vons changes, d'idées, de, conduite, de mœurs, de prineipes, suivait.

lés temps, les âges, le elimat et.les circons-, tances,—et vous ne voudrieg pas que les, peuples subissent ces mêmes transformations progreseives! Et vous osériez appeler na.

tionalité la réunion d’une centaine d’individus, qui, partis d'un même, point, sont ve- . aus-se confondre dans une autre population, et engendrer une nation nouxelle, forte par:

l'union et l’harmomte 1, Avouez dono..alors qu'ayse oe système, :

le nombre des nationalités est. inealeulable,. et impossible à déterminer, à. | Mise os vo Bortons de ce eerdie étroit, ear nous y étouffons ; et ne nous laissons pas.entraîner

par des idées, si rétrécies: qu'elles feraient.

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croire à la décadence de l'intelligence humaine, au lieu de ses progrès. | Lorsque je parle k rincipe des nationalités, que l'on me comprenne bien, J’envisage les nationalités comme une nécessité:

naturelle et même sociale, Je dis que toutes cesagglomérations d'hommes, connues sous le nom de nationalités, servent au bien général, tout en ayant des traditions et des tendan-

ces particulières, | La nationalité, dans le sens générique du mot, est le caractère national d’un peuple.

“ Une nation, c'est la réunion de tous les.

habitants d’un même pays. ;

‘ Une nation n’est donc pas une portion des habitants d'un même pays, et c’est dé.

naturer le sens du mot, que le définir ainsi. Il n’y aurait plus alors de nation : il y aurait tribu, démembrement de nation. Et’ donnerez-vous à ce démembrement le droit de se créer une nationalité ?

Ce qui fait le peuple en Canada, ce qui fait la dation, ce n’est pas une portion des

À N mnt A dns

| habitants, c’est la réunion d'eux tous. Les à | Canadiens Anglais ne forment pas plus une nation, que les Canadiens Ecossais, Irlahdaïis ou Français n’en forment une de leur côté. Discuter les droits d’une portion d’un peuple à uhe nationalité distincte des autres; c'est se laisser entraîner dans des inéonséquences évidentes.

. Le principe fondamental de toute natio:

L nalité, c’est l'intérêt bien enténdu, qui lie

D À tous les habitants d’un même pays: c’eët le motif bien simple d'obtenir la plus grande facilité. de relations morales ou sociales ; c'est le calcul biën logique démontrant que

tous sont intéressés à conserver entr'eux l'harmonie domestiqüe, et à cultiver les mêmes sentiments de cotisérvation et de

prospérité commünes. , - .. .

”. Cherëhez l'application de ée principe en petit, vous trouvez de suite son application en grand. Exemple : Fe

.: Un homme se marie: ce mariage l’oblige

à vivre en relation avec une famille entière

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7e “et-très nornbreuse, à ‘laquelle’ il était ‘com “plétement étranger. ‘Le premier sentiment “de cet'homme sera de chercher les:moyens “de vivre ‘èn harmonie ‘avec: les ‘idées, les “sages, les caprices, si l’on‘veut, de ses nou- “Yédux alliés, Ce‘besoin instinctif qui lièta “pour' ainsi dire leur ‘existénce à la “sienne, n'aura sa raison d’être que ‘dans la tranquillité, le bonheur intiind, La satisfaction personnelle, l’avantage individuel et la bonne entênte, qu'il cherchera dans sa nouvelle : famille, étte bonne éntente.rendra lèuts ‘tütérêts identiques. . Et si cet homme et cette famille se. guident suivant les règles ‘de la confraternité,. soyez-sûrs qu'ils mar- “Cheront toujours dans le droit chemin, qui ‘leur procurera le bien être, la tranquilité et l'estime réciproques. re | Que l’on ne m’accuse pas de matérialisme.

Les principes de l'intérêt bien entendu sônt d'une haute moralité et d’une sévère équité.

Dans l'exemple précédent, l'intérêt ‘bièn entendu de cet homme:qui s'allie à -uñe famille étrangère, le guide. dans toute sa ‘conduite; il jette des fleurs sur la route

souvent épineuse de Pexistenee; s « AL fait dépeadre l'intérêt-materiel de l'intérét: moral et il détruit tout.ce. que: l'égoïsme peut.

ser de désagréable au cœur et à l'esprit.

«Ebbien cette. application .ez. PE n ne peut-elle pas devenir une application £R grand ?.

, Un, peuple, , ne. nation, est. condamué. à vivre, sur.un-même . 80l,.:avec des intérêts sowmmuns:;eroyez.vous que: le: principe, de #a prapre nationalité ne devienne pas. Béné æal,et universel?

L'intérêt bien. entendu: qui. conduit, deux failles réunies-dans.le chemin dubenbour, de la tranquillité et de la prospérité, : n'y conduirait-il pas:égalernent un: peuple, une . + mation; avec des résultats. plus. profitables,

parcequ/ils:seraient-plus: grands, plus :universels ?

; Le. DE e de catte nefianalité, son F prinsipe fondamental, est donc l'intérêt. bien entendu. Lalangue et:le sang. ne, sont. pas tout. dans. la nationalité réal, a çar..c’ "est. à

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une idée égoïste, et il y a dans ces deux mots langue et sang, pour donner raison de tout,. un véritable égoïsme. Er Es

La diversité des langues n’a qu'une rai Les matérielle d'existence, la Tour de Ba

. Elle n’a certainement pas eu pour conséquence de séparer les peuples, puisqu'ils se cowrrennent. Alors pourquoi chercher à construire: des barrières entre chaque peuple,"sous : le Fo que leur langage n’est pas le même ? N'est-ce pas une quéstion de forme, qui prend le pas sur une question plus grande et plus importante, la question de fonds ? : BST À La Toéur de Babel, quant à ses résultats matériels, n'ést qu’une légende qui n’a pas même à mes yeux le vernis romanesque.

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