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ge de voir la Frazve, seule parmi toutes les
“puissances de l'Europe, s'efforcer, par les ar- -mes, de lui imposer, non un régime huma-
nitaire, mais le régime le plus déspotique, celui de la famille d'Autriche. L’Autriche, qui a sur le front un stigmate de honte et d’infamie ! L’Autriche que tout français
doit détester dans son cour |
Aussi la France a-t-elle été inconséquente en bien des circontances : la guerre d’Italie, le traité de Villafranca, le traité du 15 septembre dernier, sa neutralité dans la guerre de la Pologne et sa guerre au Mexique
sont autant de contradictions avec elle-même.
Pardonnez-moi, messieurs, cette digression presque obligatoire. Il était utile de calmer cet enthousiasme légitime, maïs souvent déplacé que l’on a pour la France, qui
Offre aujourd'hui l'exemple d’une nation où la pensée n’est pas libre.
Je disais, il y a un instant, que nous n'avions pas été placés sur ce sol par le fait d’une idée préconçue. Le Nouveau-Monde
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s’est ouvert pour tous les peuples; et la preu- “ve c’est que.vous y trouverez les traces des nombreuses mationalités qui couvrent :le globe. Je déelare positivement: que le Fran çals, qui laisse la France, pour habiter un autre “Ays, cesse d’être français et devient membre de la nouvelle nation qu'il adopte.
Or, les habitants du Canada doivent porter le nom du pays où ïls se trouvent, et non de ceux d'où ils viennent. Car la nationalité -à pour but l'union de tous les habitants d’un même ‘pays. ji
Le Canada doit former une seule nationalité, reliée par des intérêts communs.
Nos relations intimes avec les provinces Britanniques nécessiteront . un jour lagrandissement de cette nationalité.
J'irai encore plus loin. Une nationalité universelle n’est ni une utopie niun mot vide de sens.
Les ambassadeurs de chaque pays vous en donnent la preuve tous les jours. Ils
sont comme un acheminement à l'union
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universelle. Chaque nation sent le besoin de se fuire représenter partout. Il n’y a pas un seul pays qui ne contienne plusieurs membres d’un pays étranger. Prenez la Chine ou le Japon, vous y verrez des anglais comme des français. Ces nérégrinations diverses viendront à fondre les langues comme les nationalités. Et il faudra un jour ou l’autre en venir à fondre dans un tout ces parcelles éparses, qui ne sont rien parce qu’elles sont divisées. Aussi en voiton la preuve dans les fonctions des ambassadeurs, lesquelles consistent non pas à maintenir les droits de leur nation aux dépens des autres nations, mais à s’étudier à les mettre en accord avec ceux des autres nations.
Que de guerres, dirai-je de plus, n’ont eu d'autre cause que l'erreur de ceux qui veulent séparer les nationalités d’une façon absolue |
Cependant le principe des nationalités profite de toutes les guerres, parce que les
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gucrres font voir le peu de durée de ces agglomérations partielles des différents peuples. Elles affaiblissent pour un moment la vitalité des peuples, mais elles les rendront dans l’avenir plus forts et plus durables. La guerre n’est qu’une transition, une purgation physique aussi bien que morale. Nous n’avons qu’à ouvrir l’histoire pour démontrer que la guerre n’a détruit que pour reconstituer. La plupart des inventions modernes ont pris naissance le plus souvent dans la guerre.
La guerre amérieaine aura un immense résultat, qui commence à se faire sentir. La lutte n’est pas douteuse quant à son dénouement. lle a ébranlé, renversé la plus inique des institutions, l'esclavage. Les millions d’eselaves, qui formaient un corps distinct des hommes, tomberont, s'ils n’y sont pas tombés encore, dans la nationalité américaine. Le principe odieux des couleurs sera anéanti sous la réprobation universeile. Dans un demi-siècle d'ici, nos enfants s’étonneront qu'il aît fallu tant de
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sang, tant de malheurs, pour rayer de l'univers le mot infâme d’esclave.
Je ne fais pas de différence entre l’esclavegiste et le faux patriote.
L'un bâse la séparation sur la couleur, :
Vautre sur la langue : le noir, le rouge, le blane ont tous le caractère d'hommes, de même que les langues diverses ne sont toutes que l'organe de la pensée.
Observons encore l'effet bienfaisant des gucrres. Voyez la guerre de la Pologne, elle a fait naître une ère nouvelle. La meilleure-preuve qu'une nation ne meurt pas, c'est que la Pologne vit encore après plusieurs époques de persécution.
La Pologne ne meurt pas en ce moment :
elle se débat, et elle jettera un jour si odieux sur la conduite des Russes et des Autrichiens, que ceux-ci serqnt obligés de reculer devant là conséquence effrayante de leur conduite dans l’avenir. fi
La guerre du Danemark ne montrera que le peu d'intérêt que lon doit ajouter
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aux questions de territoires et de posses:
sions,
Où y verra que le principe odieux : de tuer les hommes pour conserver aux rois des lambeaux de royauté, n’a eu de durée que tant que les peuples ont voul:1 rester divisés en. se laissant commander,
Loin de moi l’idée de chercher à encourager les guerres. Je ne fais que constater leurs résultats. La maladie n’est pas à désirer, mais . quelque fois elle régénère. Jia guerre est une nécéssité sociale. La char:
pente humaine subit des transformations régulières et nécessaires à son développement. Il en est de même des nations.
Les traités de nation: nation sont aussi: un: acheminement à l’union universelle. On sent de jour en jour le: besoin de relier les intérêts particuliers pour ne constituer que dés intérêts généraux. Depuis le traité des postes jusqu’au traité: du com.
meércé, vous verrez un commencement: d'u nion universelle, qui reliera les intérêts des
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