‹ Le Principe Hiérarchique Dans l'Administration FrançaiseChapitre 20 sur 71 · C. — Compélence · texte numérisé non relu

C. — Compélence

Le respect de la hiérarchie conduit aussi à mettre «the righi man in the right place».

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Chacun étant étroitement limité à ses attributions propres sans jamais pouvoir empiéter sur celles des autres, tant qu’il ne change pas de situation, a des vues exactes sur son rôle, et s’y perfectionne chaque jour.

Gravissant lentement les échelons de la hiérarchie, chaque fonctionnaire voit, peu à peu grandir son horizon; il a le temps nécessaire pour s’adapter à son rôle à mesure que celui-ci devient plus considérable.

Une organisation où chacun a sa place nettement délimitée, et sait, à l’avance, quelle carrière il pourra suivre, et quelles chances d'avancement il possède en accomplissant courageusement tel ou tel effort, ne peut qu'être favorable au développement de la compétence de tous ses membres.

Dans une administration régulière, point de conflit d’attributions à craindre; chacun a l’emploi auquel correspondent précisément sa compétence et ses

aptitudes.

D. — Traditions.

L'administration française est restée honnête et probe; elle a sû résister aux pressions politiques qui s’efforçaient de l’entraîner dans le sillage du parti dominant, par une vue supérieure de l'intérêt général; elle a pratiqué une exacte justice distributive, en restant, sans parti pris, au service de tous les citoyens.

Sans doute, plus d’une défaillance a été signalée à

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ce sujet, mais le retentissement même des affaires où l'administration a fait œuvre politique, prouve que le pays est habitué à une gestion correcte des affaires publiques, et qu’il a confiance dans l’impartialité de ses fonctionnaires, en général.

N’est-il pas remarquable, à cet égard que les traditions administratives se soient si régulièrement conservées, malgré la fréquence des crises ministérielles ?

Bien plus, depuis 1789, la forme même du gouvernement a fort souvent changé; parfois, tout gouvernement légal a disparu pendant un temps plus ou moins long, laissant uniquement une organisation provisoire.

Néanmoins, l'administration a poursuivi sa marche régulière, sans aucune interruption; rien n'était changé à ses traditions, non plus qu’à son antique jurisprudence. La « machine» continuait son mouvement, bien que le « moteur » en fût changé.

N'est-ce pas une précieuse garantie pour le pays tout entier, et l’administration française n’a-t-elle pas ainsi fait ses preuves d’une manière vraiment remarquable ?

Reportons-nous à un fort intéressant article de M. Francis Newton Thorpe, qui semble indiquer une tendance, aux États-Unis, à asseoir plus solidement l’organisation administrative du pays.

{1} « En politique, dit-il, la reconnaissance de ce

(1) Receni Constitution making in the United Siaies.»

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