BACS
l'opinion pour rajeunir l'esprit administratif, mais les puissantes traditions des bureaux n’en restèrent pas moins dominantes. En restant un peu lente et compliquée, notre administration, n’en garde pas moins la haute réputation d’intégrité et de sagesse qu’une longue tradition lui avait assurée. Le Conseil d’État agit d’ailleurs comme pouvoir modérateur et conservateur, en écartant toute innovation trop hardie.
Jusque dans les premières années de la Troisième République, l’esprit traditionnel trouva d’ailleurs auprès du Conseil d'État un appui efficace. C’est ainsi que la réorganisation des administrations centrales des ministères, opérée en 1884, par voie de décrets, tout en donnant quelques garanties nouvelles aux employés, maintint intacte l’autorité absolue du ministre.
Faut-il toucher à cette œuvre lentement formée par les siècles? Peut-on abandonner brusquement les traditions qui ont fait la force de notre administration et poursuivre un idéal opposé?
Avant de répondre à cette difficile question, examinons les reproches qu’on a adressés si souvent à notre régime administratif.