CONCLUSION
Après avoir mis en lumière le développement historique du principe hiérarchique dans l’administration Irançaise, après avoir étudié son organisation, ses avantages et aussi ses inconvénients, nous avons conclu devant tant de réformes proposées à sa nécessité pour assurer la marche de notre société. Une objection se présente encore cependant, c’est que ce principe est antidémocratique parce qu’il ne réalise pas le gouvernement par le peuple. $’il est appelé à disparaître devant l’essort de la démocratie, à quoi bon tenter comme nous voudrions qu’on le fît, de lui donner un regain de vitalité. En empêchant une évolution nécessaire ne va-t-on pas la transformer en révolution ?
Avant de pouvoir répondre il faudrait s’accorder sur ce qu’il faut entendre par démocratie et sur ce que sera son règne futur car, cette même formule peut se rencontrer sur les lèvres de tous les républicains comme sur celles de tous les socialistes, mais assurément elle n’aura pour aucun de ces hommes la même signification; la société à venir qu’ils entrevoient n'étant pas la même,
Démocratie signifie gouvernement par le peuple. La chose se conçoit sans difficultés dans les états restreints de la Grèce antique ou dans les cantons de la Suisse moderne où la nation toute entière peut être consultée sur les affaires publiques, mais dans les grandes démocraties modernes, un tel gouvernement est irréalisable et l’intervention de représentants est nécessaire.
De nos jours le gouvernement par le peuple ne peut trouver de réalisation possible que dans un gouvernement choisi, élu par le peuple ou plus exactement par une majorité; quant à sa nature ce ne peut être qu’un gouvernement légal. Le peuple a accepté une Constitution, cette Constitution a établi un processus qui est une consultation plus ou moins directe du peuple pour mettre au jour la volonté nationale : la Loi; les organes qui forment le gouvernement ne pourront agir qu’au nom de la Loi et de la Constitution. :
Nos démocraties doivent être organisées et posséder un gouvernement qui soit un pouvoir, qui ait une autorité incontestée et s'imposant à tous car il est de toute nécessité que la volonté nationale soit respectée par tous les partis, que la Loi règne sans la moindre résistanee; sans cela c’en est fait de l’unité nationale qui sombre dans les luttes intestines.
Et dès lors, bien loin que le principe hiérarchique,
dont le but est d’assurer la parfaite soumission de
l'administration aux directions venues de ce pouvoir, soit contraire, aux constitutions démocratiques, il en apparaît le soutien le plus sûr et le plus nécessaire; il est la garantie la plus efficace contre l’anarchie et le démembrement.
En quoi cette organisation des services publics destinée à renforcer l’action gouvernementale faitelle obstacle à ce que ce gouvernement détenteur de l’autorité suprême émane lui-même de l'élection populaire? La hiérarchie administrative est conciliable avec toutes les formes de gouvernement et l’on peut affirmer qu’une démocratie, qui ne connaît ni classes ni ordres, en a plus que toute autre besoin.
Mais ce serait une autre erreur de concevoir l’administration ainsi hiérarchisée comme une caste de privilégiés dévoués à une forme de gouvernement, comme une sorte de noblesse. nouvelle et républicaine ce qui serait inconciliable avec l’idée égalitaire qui est à la base de la démocratie.
Il est aisé de saisir toute la différence qui existe entre un fonctionnaire et un privilégié de l’ancien régime. Tous les avantages dont jouissent nos fonctionnaires ne sont que le prix de services à rendre qui sont mis la plupart du temps au concours, en adjudication pour ainsi dire, et auxquels personne ne peut avoir de droits acquis antérieurs, auxquels tout Français peut prétendre.
Tous les pouvoirs qu'ils exercent ils ne les tiennent