CHAPITRE II
La période révolutionnaire
Les institutions administratives de la Révolution reposent sur deux principes fondamentaux : le régime électif pour recrutement et la collégialité pour méthode, ce qui constitue la négation même de tout principe hiérarchique.
Pour empêcher le développement d’une administration qui aurait pu rappeler le régime des intendants, la Constitution de 1791 enleva au roi la nomination des fonctionnaires, qui furent élus par le peuple; c'était un signe de la naïveté philosophique du temps qui faisait croire aux vertus du système électif, réputé seul capable de découvrir les plus dignes.
D'autre part, l'abus de la collégialité présentait pour la prompte expédition des affaires de réelles difficultés ; pour le moindre acte, il fallait la signature de tous les membres présents du Directoire. Les directoires de district compliquaient encoce le mécanisme.
Chargés de répartir les contributions, d’en surveiller la perception, d’ordonnancer les dépenses sous la haute inspection du corps législatif, administrant
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en somme le pays, la commune et le département constituaient des groupes autonomes, échappant presque complètement à l’autorité des ministres.
On sait comment la Convention, après le triomphe des idées montagnardes, diminua l'influence des départements de façon à faire de la France entière une fédération de communes.
L'autorité du Gouvernement central ne fut alors sauvegardée que par les formidables pouvoirs des représentants en mission qui savaient imposer partout les volontés des conventionnels.
Régime de transition, le Directoire revient à une plus saine notion de l’administration en subordonnant les directoires départementaux et les municipalités à des commissaires nommés par le pouvoir exécutif. Ges commissaires correspondaient directement avec le ministre de l'Intérieur.
Aucune délibération ne pouvait être prise par les assemblées municipales ou départementales qu’en présence du commissaire du Directoire et « après qu'il aura été ouï» (Loi du 21 Fructidor, an III).
La nomination des administrateurs ne fut pas toujours laissée à l’élection. Des lois spéciales ou des actes politiques consécutifs aux divers coups d’État du Directoire prononcèrent de nombreuses révocations individuelles et collectives dans les assemblées locales et des remplacements furent opérés directement par le pouvoir central.