CONCLUSION
Les trusts et les cartels vérifienrt les idées sairt-simonienres. — L'oisiveté héréditaire irdéfirimert est une conception fausse : les fortures actuelles sont toutes de date récente. — Commert les sociétés d’aujourd’hui améliorent le sort de la classe la plus rombreuse et la plus pauvre. — Le
rivellement progressif des jouissances. — Le saint-simonisme et le collectivisme. — Impossibilité de transformer radicalement la rature humaire,.
Qu'est-il advenu des revendications saint-simo- . niennes ? Depuis 1830, tout en restant individualiste, la socièté a subi de profondes transformations. Les sciences, comme le prévoyaient les apôtres, ont augmenté, dans d'énormes proportions, l’action de l’homme sur la nature; en même temps, le plus grand obstacle aux relations économiques a disparu : les distances entre les continents ont été, pour ainsi dire, supprimées et le monde est devenu un vaste marché. Pour satisfaire à des besoins toujours croissants, l’industrie s’est organisée sur de nouvelles bases ; les entreprises ont cherché un accroissernent de forces en agrandissant leurs dimensions. Des assoclations de capitaux, de plus en plus puissantes, se sont formées, de telle sorte qu'aujourd'hui, ce sont
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bien réellement les banquiers qui dirigent l’activité économique.
Pour parer aux graves dangers des crises de surproduction, des ententes plus ou moins étroites se sont établies entre les producteurs. Sous les noms de comptoirs de vente, cartels ou trusts, les entreprises sont devenues gigantesques; elles s'efforcent toujours davantage de régler la production d’après les besoins de la consommation, d'établir une fixité des. prix aussi grande que possible. On ne peut plus dire que la concurrence s'exerce toujours sans limite. On constate au contraire « que les crises se sont raréfiées, à mesure que, se constituant en grandes associations, les détenteurs du capital ont acquis une connaissance plus'exacte du marché et de ses besoins » (1). Tous ces phénomènes si caractéristiques de notre époque sont conformes aux prévisions des Saint-Simoniens.
Doit-on encore leur donner raison sur un autre point? De vives critiques — qui corroborent les théories saint-simoniennes — se sont produites de nos jours contre l’état démocratique; .on l’a sccusé de « cultiver l’incompétence » non-seulement au point de vue purement gouvernemental, mais aussi en ce qui concerne les fonctionnaires, qui ne seraient pas toujours choisis uniquement en raison de Jeur aptitude professionnelle (2). Remarquons seulement
(1) Fournier, Les Théories socialistes au XIXe siècle, Préface, page XVI.
« (2) Voir le livre de M. Faguet, Le Culle de l'incompétence, et l'ouvrage de M. Maxime Leroy, Syndicats et services publics, 1910.