‹ Le Principe Saint-SimonienChapitre 7 sur 19 · DONS · texte numérisé non relu

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faut. Pour les Saint-Simoniens, le jugement à porter se réduit à ceci : « apprécier l'influence qu’exerce sur chaque élève le récit ou l’exemple des faits qui sont offerts à son intelligence et à ses sens ». Dans le collège de l'avenir, cette éducation primaire, d’une importance si grande, ne ressemblera pas à cet enseignement austère qui est seul donné aujourd'hui. On ne laissera plus les enfants confinés dans leur classe comme « en serre chaude ». On les conduira dans les villes où ils visiteront les ateliers; ils se proméneront dans les champs où ils verront les cultures. Ils seront mis en contact avec toutes les activités qui les entourent. On organisera pour eux des fêtes, des solennités, au cours desquelles ils auront l’occasion d'approcher fréquemment « de tous les ordres de travaux, de toutes les associations de travailleurs ». « C’est là, dit Enfantin, une des formes les plus élevées de l’enseignement, la partie vivante de l’éducation, ignorée aujourd’hui ». Alors les jeunes élèves, « ayant senti le présent », demandent « qu’on leur raconte le passé et qu’on leur découvre l’avenir » ; ils brüleront «d’apprendre et de prévoir; or c’est en cela que consiste la disposition au savoir, à la science, à la sagesse ». Cet enthousiasme, qui s’emparera d’eux, les obligera à manifester leur sentiment le plus profond. Le maître compétent sera là. Il lui suffira de regarder ses élèves, de les écouter et il connaïitra leur vocation.

Mais, ajoutent les apôtres, nous n’avons pas la prétention d’être infaillibles. Nous ne disons pas que partout et toujours le choix sera juste. L'erreur est

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inséparable de la nature humaine. Ce que nous aftirmons, c'est qu’il y aura moins de vocations fausses, de spontanéités étouffées que dans la société actuelle. Nous sommes « les hommes du progrès, de la perfectibilité et non de la perfection (1). »

Pour calmer l’ardeur des apôtres, leurs adversaires leur opposaient que la réalité était bien différente de leur rêve. Sans doute, leur disait-on, on peut admettre qu'un enfant, dès l’âge de douze ans, montre une vocation manifeste pour la musique ou pour la peinture; on a vu des exemples de génies précoces. Mais, pour la majorité des individus, il n’en est pas ainsi. Comment une vocation si prononcée serait-elle pos- - Sible, dès cet âge, pour les genres d'activité les plus vulgaires et les plus nombreux, par exemple pour la fonction de domestique ou celle d'ouvrier. Tout ce que l’on peut dire de tous ces métiers, c’est que l’homme les exerce par la nécessité de vivre. Il prendra l’un ou l’autre ; cela lui est indifférent.

Les Saint-Simoniens manifestent quelque embarras. Voici finalement ce qu'ils répondent : « De deux choses l’une, ou bien les hommes naissent avec une vocation spéciale, ou bien les hommes sont propres à remplir une grande partie des états de la société. Dans le premier cas, il faut découvrir les futurs grands hommes, dans le deuxième cas, il convient encore de classer les individus suivant les besoins de la société. » Ils prétendent que, même dans ce cas, l’in-

() Le Globe, 3 juin 1831.

M. Jean, 3

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