LEIBNIZ
ment ces âmes, de sensitives qu'elles étaient, sontelles devenues raisonnables? Est-ce bieij la même àme qui a ajouté la raison à la sensibilité, ou bien l'âme brute, suivant l'opinion de saint Thomas, s'annihile-t-elle, au moment de cette transformation, pour faire place à une nouvelle âme, l'âme raisonnable immédiatement sortie des mains de Dieu ? On voit Leibniz hésiter entre ces deux alternatives, dans une lettre à Arnauld, avant que ses idées philosophiques fussent encore bien arrêtées : a et quant à son origine, on peut dire que Dieu ne l'a produite que lorsque ce corps animé, qui est dans la semence, se détermine à prendre la forme humaine. Cette âme brute qui animait auparavant ce corps, avant la transformation, est-elle annihilée, lorsque l'âme raisonnable prend sa place, ou si Dieu change l'une dans l'autre, en donnant à la première une nouvelle perfection par une influence extraordinaire, c'.est une particularité sur laquelle je n'ai pas assez de lumières1. » Plus tard, toute annihilation de monade lui paraissant contraire à ses principes, il affirme que ce n'est pas une âme nouvelle, mais la même âme qui est promue à la raison. Comment > est-elle promue? Est-ce par un développement naturel, est-ce par une intervention particulière de Dieu? Ici encore Leibniz semble d'abord hésiter entre ces deux partis : « soit, qu'il y ait un moyen naturel d'élever une âme sensible au degré d'âme raisonnable (ce que j'ai de la peine h concevoir), soit que Dieu ait