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3 Responsiones ad Staklianas observationes. Dùteris, t. H. part. IL p. 131.
LKIBVZ. 23!
m puissance vitale et dos opérations communes avec les âmes des brutes.
On vient de voir comment du principe, qu'aucune monade nouvelle ne s'introduit dans le monde, que rien ne naît ni ne périt, que tout ne fait que se dé velopper et se transformer, comment de là préexistence des germes, comment de la définition de l'âme, au sens le plus général, comment enfin de la métaphysique tout entière de Leibniz, découle nécessaire* ment l'animisme. Mais si quelques doutes demeuraient encore, ils seraient dissipés par les nouveaux Essais sur l'entendement humain. Là, par une observation approfondie de ce qui se passe au dedans de nous, Leibniz semble précisément avoir pour but de renverser cette -barrière absolue de la conscience et de l'inconscience, que les duodynamistes d'aujourd'bui prétendent élever entre le principe de la pensée et le principe de la vie. Pour éviter des répétitions, nous ne ferons qu'indiquer ici rapidement des arguments et des textes, dont quelques-uns d'ailleurs doivent retrouver leur place dans le cours de cette discussion.
Leibniz accorde aux cartésiens que l'âme pense toujours; un état sans pensée dans l'âme, un repos absolu dans le corps, lui paraissent également contraires à la nature. Mais si l'âme pense toujours, ce n'est pas à dire qu'elle s'aperçoive de toutes ses pensées. L'âme pense toujours, mais elle n'a pas toujours une conscience claire de sa pensée, par exemple, dans un sommeil profond et dans la léthargie. Leibniz reproche à Locke, qui a combattu cette maxime cartésienne, de croire que l'âme ne pense ou
n'a pensé que lorsqu'elle s'en aperçoit ou s'en souvient clairement : (( c'est une grande source d'erreur de croire qu'il n'y a aucune perception dans 1 âme, que celle dont on s'aperçoit \ » Par des analyses d'une vérité profonde, il établit la réalité et l'importance de ces perceptions insensibles, ou pensées aveugles et sourdes, comme il les appelle, dans la vie intellectuelle et morale. C'est d'elles que dérivent une foule de sentiments, de passions, d'actions, de pensées irréfléchies, et même de petites déterminations, dont la raison nous échappe, quoique certainement elles en aient une. Les sensations distinctes, les grandes impressions se résolvent, se décomposent en des multitudes de ces perceptions insensibles, comme les corps en des parties infiniment petites. Celui qui méconnaît leur réalité et leur influence est comme le physicien qui, dans l'étude de la nature matérielle, ne tiendrait aucun compte des corps imperceptibles et des mouvements insensibles.
L'âme ne peut prendre garde à tout ce qui se passe en elle, sinon la réflexion, par qui nous en sommes informés, irait à l'infini. La multitude, la confusion, l'uniformité, l'habitude, voilà les principales causes qui contribuent à effacer la distinction, le relief des phénomènes de la conscience, et à rendre insensibles, quoique très-réelles, un grand nombre de nos perceptions. Comment ne pas placer les phénomènes de la vie, à cau§e de leur continuité et de leur train toujours égal, au nombre de ces choses qui, plus ou