‹ Le principe vital et l'âme pensanteChapitre 109 sur 189 · Essai sur le bruit, IIP' part,, chap. ni · texte numérisé non relu

Essai sur le bruit, IIP' part,, chap. ni

L'habitude suffit k elle seule pour nous rendre insensibles les phénomènes dé la vie. Les fonctions vitales les. plus essentielles ne sont, suivant Perrault1, que des habitudes anciennes et invétérées, transformées en instincts. Nous allons le voir suivre intrépidement cette doctrine jusqu'à ses plus extrêmes conséquences, jusqu'à faire dépendre originellement de notre volonté et de notre intelligence, l'institution et le règlement des fonctions les plus importantes de l'organisi ne, qui semblent aujourd'hui entière] nen1 soustraites à notre pouvoir.

Si l'âme accomplit, sans pensée expresse, les fonctions vitales, si elle a perdu tout pouvoir sur elles, au point qu'elles s'exercent même contre sa volonté, c'est uniquement, selon Perrault, le fait de l'habitude. Il en donne pour exemple la conduite du mouvement du cœur. Bien que ce mouvement se fasse par des muscles, organes du mouvement volontaire, la longue habitude de l'exercer, jointe à la grande utilité que l'âme, dès le commencement, y a jugée attachée, lui ont fait prendre, s'il faut parler ainsi, dit Perrault, la résolution de ne jamais l'interrompre 2. De là une nécessité indispensable, par la seule institution, dans une action qui de sa nature est absolument libre.

Pour rendre cette hypothèse moins invraisemblable, Perrault cite d'autres actions devenues, comme le mouvement du cœur, tellement nécessaires, qu'il n'est pas en notre pouvoir de les arrêter, quoiqu'elles se fassent par des organes absolument soumis à notre volonté,

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