‹ Le principe vital et l'âme pensanteChapitre 111 sur 189 · Essai sur le bruit, IIIe part · texte numérisé non relu

Essai sur le bruit, IIIe part

2. « Il est possible que ces chemins des organes, ou plutôt les de meures auxquelles ils conduisent, lui soient depuis longtemps connus. Une conjecture, en effet, a été émise, une hypothèse a été hasardée, c'est, je crois, par Cabanis,, sur les premières déterminations de la sensibilité. Contrairement à l'opinion de Buffon qui faisait de la vie intra-utérine un sommeil, on a avancé qu'originairement et dans le sein maternel, tout est sensibilité organique et interne, mais sensibilité perçue, la sensibilité animale ou externe, excepté peut-être clans ce qui est du tact général, n'existant pas à cette époque de la vie. » (Physiologie de la pensée, t. I. p. 87.)

la tablature, et mémo sans se souvenir qu'on ait jamais su ce que c'était qu'une tablature.

Perrault conclut que cette hypothèse de l'attention, requise de la part de l'âme pour toutes les fonctions de l'animal, ne semble un paradoxe que faute d'y avoir fait réflexion . Plus, d 'ailleurs, cette conduite, si surprenante dans le moindre animal, est merveilleuse, plus il y a de raison de l'attribuera l'âme, n'y ayant point d'autre puissance qui ne paraisse capable. Qu'y a-t-il dans l'animal? Rien que le corps et l'âme. Pour décider qu'à l'âme seule appartient cette conduite, il suffit, dit- il, de considérer l'excellence del'âmepar rapport au corps.

Mais voici encore une autre difficulté. Si c'est l'âme intelligente et sage qui dirige tout immédiatement par elle-même, comment ne prévient-elle pas les maladies, comment laisse-t-elle se produire de si graves désordres dans les fonctions, comment torabe-t-elle si souvent dans de fatales erreurs? Perrault, obligé de reconnaître ces fautes et ces erreurs de l'âme, cherche du moins à l'excuser par le grand nombre, par la diversité incroyable de choses auxquelles elle est obligée de vaquer à la fois et qui partagent son attention. Une autre cause d'erreur pour l'âme, suivant Perrault, e*t la grande facilité qu'elle a contractée par l'habitude d'agir de telle ou telle façon, facilité qui l'endort, pour ainsi dire, dans certaines routines, qu'elle suit sans les examiner, parce qu'en général elles sont bonnes et salutaires, mais qui, dans certaines circonstances, peuvent devenir fatales '.

i. Traité du toucher et Traité du ç/oùL p. lii et 134. vol. IV,

GHAPITllE XIV.

Pour achever de marquer lopposition de re système avec le mécanisme de Descartes, il faut ajouter que Perrault donne une âme à l'animal, et qu'il repousse bien loin l'automatisme des bêtes: «pour ce qui est, dit-il, de ceux qui veulent expliquer toutes les choses naturelles par la mécanique, et qui disent qu'il ne faut point chercher d'autre principe, pour les actions des sens intérieurs des animaux, que celui qui remue les corps inanimés, je ne puis croire qu'ils le disent de bonne foi1.» Un de ses Traités, il est vrai, est intitulé : De la mécanique des animaux 1 , mais de peur qu'on ne se trompe à ce titre , et qu'on y voie une adhésion à l'automatisme cartésien, il se hâte de dire dans l'avertissement : « pour empêcher le mauvais effet que l'équivoque et l'ambiguïté du titre de cet ouvrage pourraient produire dans l'esprit de ceux qui ont entendu dire que les animaux sont de pures machines, et qui auraient lieu de croire qu'on a voulu traiter ce problème, j'avertis que j'entends par animal un être qui a du sentiment et qui est capable d'exercer les fonctions de la vie par un principe qu'on appelle âme, que l'âme se sert des organes du corps qui sont de véritables machines, comme étant la principale cause de l'action de chacune des pièces de la machine. »

Enfin, Perrault va aussi au-devant de l'objection de la persistance de certains mouvements après la mort, persistance qui semblerait prouver que la puissance vitale est séparée de l'âme. Un musclé récemment sé-

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