PhysioL. sectio m, g ^9, De nutritions
2, Pntliol, spec, rooljo i, meinbrum 2<
du mouvement.
L'énergie de l'âme ne se borne pas au corps tout formé; elle préside à sa formation elle-même, sans aucune intervention d'êtres chimériques, tels qu'un archée, un esprit particulier, une idée opératrice, une forme informante, imaginés par les anciens ou les modernes. Mais en abandonnant ces fictions, n'eston pas conduit à considérer Dieu lui-même comme l'auteur immédiat de cette formation? Suivant Stahl, qui fait ici sans doute allusion aux causes occasionnelles ou à l'harmonie préétablie, ce serait rabaisser Dieu et lui attribuer une fonction peu digne de lui. Puisque lïune doit être lYisufruiticre de toutes les lins et de tous les usages du corps, puisque le corps doit être construit et formé uniquement pour eile et ses besoins, il est convenable de croire qu'elle l'administre tout entier, depuis le commencement jusqu'à la lin.
Non content de prouver par ces raisons à priori que l'urne peut et doit construire le corps Stahl veut établir à posteriori qu'en effet elle possède cette puissance, in ipsam informationeni mu strucluram corporis. L"s changements produits dans l'organisation, la déformation ou la réformation du corps, comme il arrive en certaines circonstances, par le seul fait de l'imagination et de la volonté, l'efficacité des impressions et de l'imagination de la mère sut l'enfant, d'où naissent des désirs immodérés, irinsurmontaliies terrcurs et une çqpfqrmation particulière du corps, leljèg Bon! le* \nmmm\\m preuve?*3 par to»qiiftUro VAM «km
STAHI ! àji"
eh G à démontrer que lYuncesl, riHiiinc I on <iiL architcctoni([uc de son propre corps1.
Ainsi lYune est-elle le premier moteur, la causa prochaine et unique de l'activité organique; ainsi preside-t-elle également h tous les actes qui s'accomplissent dans l'être humain, anima p/wses omiihun aciaam in homine \ Le corps est son orpanc véritable et immédiat, organe non-seulement adapté à ses usages, mais directement et absolument créé à priori pour ce but. Ni le corps ne serait utile et propre à ces usages, ni il ne s'accommoderait, selon Stahl, à aucune autre chose, en vertu de sa constitution organique, à moins que cette chose n'eut la même énergie que l'âme particulière, h laquelle H est uni : corpus hoc verum et inunediatum anima* organon, non solum ad ejus usus sed directe et absoluto propter ilios à priori institutum atque factum, illis etiam et révéra nulli alteri rei, organica sui constitutione, nequidem utile aut idoneum, nisi illa res paris esset ad movendum et regendum onergia* corpus"'.
Le corps n'existe donc pas par lui-même, mais seulement on vue de famé et pour hune, comme son organe, comme son officine, suivant une expression de Stahl. Un de ses traités les plus importants, De seopà f>t fine corporis, est consacré à prouver que le corps n'a d'autre but que rame et qu'il est manifestement établi pour le continuel ministère de l'Ame \
\. Vh /siol } soclio ut, g§ 8j 0, in.
L>. M hii.r/i cf. riri> r[c.
'A, I)i.-<jn is'lm de n^vi'hduUmi f( ovffnrn'umi (hvcvfîlidi^ p. ;iî«
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m CHAPITRE XV.
contrairement à ceux qui prétendent qu'il exisfe absolument par lui-même. Non-seulement le corps n'existe que pour l'âme, mais c'est l'âme elle-même, comme nous venons de le voir, qui l'a fabriqué pour ses besoins et ses usages : discendum quod ipsa etiam anima et struere sibi corpus, ita ut et ipsius usibus quibus solis servit, àptum sit ; et regere illud ipsum, actuare, movere soleat, directe atque immédiate sine alterius moventis adventu et concursu H
Cette action de l'âme sur le corps est directe, sans aucune sorte d'intermédiaire. Les esprits animaux, que Descartes avait mis en si grande vogue et qui semblaient un intermédiaire nécessaire entre l'âme et, le corps, Stahl les repousse, non pas seulement comme une erreur, mais comme une supercherie imaginée pour abuser les simples. Ce système n'a été, dit-il, inventé par les médecins que pour ne pas effaroucher certaines gens qui, ayant plus de zèle que de lumières, s'établissent néanmoins juges en toute question concernant les choses spirituelles. La maxime inepte, et dangereuse pour l'immatérialité de l'âme : qu'il n'y a nul commerce entre le matériel et l'immatériel, voilà, selon Stahl, ce qui a donné naissance aux esprits animaux, voilà le Trponov àzlzzz. Quant au mot équivoque d'esprit, les médecins l'ont inventé
terio constitutuni sit ; adeoque tantum aï>est ; ut qupquo modo vere su i juris esset, lit potins manifestissime alterius sit juris, âniriiée inquam, ci intelligendi et volendi net ni ministret. (De scopo et fine corporte, p. 2'2.) f. De aipopo ef fïriecorpôriStfi |34,
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pour cacher ec scandale, ppur abuser le> moines par un vain son et par une fausse imftge.
II n'y a pas do distinction entre le plus ou le moins matériel; l'idée d'une nature mitoyenne destinée a expliquer le commerce de L'esprit avee le corps est une idée chimérique. Il se raille, non sans raison, des doctrines anciennes et modernes qui, à la recherche de cet- impossible milieu entre l'esprit et le corps, ont admis d'autres agents que l'âme raisonnable et d'autres actions que ses actions. La grande raison qu'on fait valoir, c'est que l'âme spirituelle ne peut agir sur le corps matériel. Mais si ces agents sont matériels, comment l'âme pourra-t-elle coopérer avec eux ; que si, au contraire, ils sont immatériels, comment â leur tour pourront-ils agir sur le corps? En outre, ne faudrait-il pas douer ces agents ^l'intelligence, et même d'une intelligence plus grande que celle de l'âme raisonnable, ppur deviner ses secrètes volontés, pour les exécuter, pour proportionner les moyens à la lin ?
Comment donc l'âme agit-elle sur le corpS ? Par le seul mouvement, selon Stahl : motu enim omnia utique sua agit anima1. De là même il croit pouvoir tirer une preuve de la spiritualité de Tâme. Le mouvement, instrument de la vie, est, suivant lui, incorporel, et il a des attributs incorporels, tels- que l'énergie et la proportion, le rapport à la fin; or, comme l'effet porte toujours témoignage de la cause, !e momement requiert une cause de même nature.
1f Dp seopo et fine ùovporte, p. 234*
2mS CHAPITKF: XV.
fl faut, prendre gamo Çlib l'è mouvement attribué a Ymiib par Stabl n'est pas le mouvement local, mais Je mouvement au sens des anciens, un changement de disposition, le passage de la puissance à bacte. (le mouvement incorporel de l'âme n és! autre chose jjtte l'énergie même qui met le corps en uruivemon: .
Comment bàme rai s nnable pourrait-;lio accomplir tant de mouvements sans en avoir conscience, les proportionner à leur mi, y mettre la convenance et la mesure, si elle n'avait une connaissance exquise des organes, si elle n'agissait en parfaite connaissance de cause, avec intelligence et raison? Stabl, de même que (llaude Perrault, croit ([ne 1 action directe de l'ame sur le corps ne peut être qu'intelligenlo et volontaire.
La finalité, empreinte dans toutes les fonctions de la vie, lui semble une preuve manifeste qu'elles sont l'u'uvro d'une cause agissant avec rabon et calcul, proportionnant avec un art admirable tous les moyens à la fin qu'elle poursuit. Sans doute, -dirons-nous, la finalité supposa l'intelligence; là ou il y a un ordre et un dessein, il faut nécessairement remonter à une intelii;:ence qui en est la cause. MaÉ Stabl ne voit pas que cetle intelligence peut résider ailleurs et plus liant que dans bêtre loi-même qui exécute ce dessein, à savoir dans la cause même qui a ordonné l'univers et qui a mis dans ebaque être ce qui lui était nécessaire pour accomplir sa d estime.
i)e là d'étranges assertions de Stahl, de là des hypo* dièses qui, comme celles de Perrault, ont compromis ^on sy^iéme on pari iculinp rçt l^mimUme on ^énénb
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Stahl, «mi elfct, représente TAnio du hetus comme un chimiste, un analoiniste, un physiologiste accompli , agissant en pleine connaissance de cause. Il faut qu'elle saclic la mixtion dont se compose on doii $ç composer le corps, sinon elle ne pourrait ni Le construire, ni le réparer avec les éléments nécessaires. Dans la tendance qui nons porte à boire et à manger, tout dépend, selon Stahl, de la volonté de l'âme et rien de rinstinct '. La salivation, la déglutition, la décomposition des aliments dans l'estomac, sont des actes d'intelligence et de volonté, il en est de même de l'assimilation qui exige, dit-il, tant d'intelligence et de discernement; de même de la sécrétion de tontes les humeurs nourricières, dans les organes particuliers, selon les besoins du corps. Le lait monte-t-il dans les mamelles au moment do la grossesse, c'est selon Stahl, par une admirable prévoyance de l'âme-2. Mais si hâme fait tout dans le corps avec intelligence et raison, si elle fait tout pour le mieux, pourquoi n'en a-t-ellc ni la conscience ni le souvenir; pourquoi tant de désordres, tant de fatales erreurs dans le gouvernement du corps ?
Selon Perrault, c'est l'habitude; selon Stahl, c'est la nature même des pensées, par lesquelles l'âme préside aux phénomènes de la vie, qui fait qu'elle ne sait rien de ce qu'elle opère avec raison et \olonté. Ici se place la distinction que nous avons déjà trouvée dans Scaliger, de deux modes de connaissances qui, sous
ij Vihilis nutritivns appotilus est volunias crlcbdi Mquc nihonfli.
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•1, Uni., sec!, j. îiicinl))'. 7. ait. 7, Dr hulis tnrri'i 'unir.
les noms de X6fb| et de Xcy'.g[x5;5 jouent un rôle si important dans le système de Stahl.
Par aqv^;ic- Stahl entend la connaissance discursive, une connaissance réfléchie, raisonnée, qui a pour unique domaine, à ce qu'il semble croire, les choses susceptibles d'être figurées, dépeintes et recueillies dans la mémoire ou, en d'autres termes, les choses composées, sensibles et matérielles. Quant au Xo^oc. en opposition avec le XG-fiqj^, ce n'est ni le H^zz de Platon, ni la raison absolue au sens que lui a donné une partie de l'école française, sauf le caractère de l'intuition et de l'instantanéité. Son objet, en effet, ce n'est pas l'éternel et l'absolu, mais les choses simples, de toute nature qui, en raison de leur simplicité', sont en dehors des conditions du mouvement et de l'espace et qui, quoique parfaitement conçues, ne donnent prise ni à la réflexion ni à la mémoire \ Cela seul, en effet, gel 011 Stahl, est du ressort du raisonnement et de la mémoire, qui est susceptible d'être figuré et divisé. Parmi ces connaissances qui ne laissent pas de traces, ou ne laissent que des traces à peine sensibles,
1. Ergo distingucndum esse arbitrer, intei' xiyoç et xoyto-y.ôç, mtellectum simplicem et simpliciorum imprimis aut subtilissimorum, et ratiocinationem atque comparationem plu rium , et insnper quiclem per crassissimas circumstantias sensibiles, visibiles atque tangibilcs notorum. Quandoquidem animum advertentibus manifestum est quod tam in ratiocinationem distmetam, quaiîi imprimis et absolutissime quidem in memoriam, nihil nsqnam cadat, nisi sola5 res, crasso quodam modo, figurahiles : cum ex ad verso nimio plures res cadant in verum intellectuin, non solum agnoscentem sed etiam dignoscontem, imo spécifiée definientem, et boc tum, sine um vulgaris acceplionis ratiocinalione, tum sine omni speciali sive concursu, sine poslbac successu mémorise. (De scopo et fine corporis, p. 2.*]8.s) Voir aussi, Pkifôibt., sèct. Vi, De mofû locali, et Physîolùgise bPevis repetitio.
darjp [a conscience, il fait entrer des Choses tes plus dissemblables, le bien et le mal, l'agréable et leidésagréablo, la configuration générale et les détails de la structure du corps, les odeurs, les saveurs, les sons, que riuieliige.nee discerne si promptement, sans l'aide du raisonnement, et sans pouvoir s'en faire par la mémoire une représentation exacte, faute d'une ligure sous laquelle elles soient recueillies et dépeintes. Enfin, selon Stahl, il y a un bien plus grand nombre fjte choses qui sont du domaine du qu'il appelle
aussi vrrus intellectus, que du domaine du V^i^izz ou ratwcinatio. On voit donc que sous le nom de Stahl comprend en général toutes les connaissances ntuitives, simples, immédiates, où le raisonnement n'entre pour rien, quelle que soit d'ailleurs la nature de leur objet.
Or, c'est précisément parmi ces connaissances du Adycc, dont aucune image ne peut rester dans la mémoire, qu'il place les faits vitaux. Les fonctions de la vie se composent de mouvements insensibles et d'altérations organiques qui sont hors de la sphère de l'imagination et de la claire compréhension; voilà pourquoi elles ne laissent point de traces après elles, quoiqu'elles aient été sues et distinguées par l'âme, an moment où elles se sont accomplies. Ces phénomènes de la vie tombent sous la conscience, mais néanmoins nous échappent, parce qu'en vertu de leur 'nature même, ils sont hors de la sphère du souvenir et de l'imagination. Quand donc on dit que nous n'avons pas conscience des phénomènes de la vie, on confond un fait de conscience avec un acte de l'ima-
inalion et dé !a mémfiivo qui ne peut se rapporter qu'à des objets figuré1. Ainsi, so'qiï Stnhl , lYime $git non-seulement sur le corps, mais elle en connaît tous les organes el tous les. détails, sans qu'il soit nécessaire de supposer, contre les laits, quYHc s'aperçoit, de sa science et do son action".
En laveur de cette science inaperçue, Stahl invoque le phénomène, analysé et décrit par Perrault et par Leibniz, sous le nom de pensées, confuses ou de perceptions insensibles. Que de choses, du domaine incontesté de la volonté et de la raison, qui cependant échappent h lYimc d'une manière tout à fait aussi absolue que les phénomènes de la vie ! Mémo dans les actes absolument propres de la raison, l'Ame raisonne et compare, pour ainsi dire, à son insu; elle n'a pas conscience de faire telle ou Hle opération, loin qu'elle