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2. Voici comment M. Havaisscn, darrë sa remarquable- thèse sur l'hahi- Inde, interprèle et juye la distinction de Stahl : « Dans Fhomme, le progrès de F habitude conduit par une dégradation non interrompue delà volonté à l'instinct. C'èsl donc une seule force, une seule intelligence qui est d-ms la vie de F homme le principe de toutes les fonctions, de toutes les fprm.es de la vie. Seulement avec -les conditions de F espace et du mouvement disparaissent celles de la réllesion el de la mémoire. Les fonctions les plus involnnlaires de notre vie. celles de la nutrition, ne sont pas des habitudes anciennes transformées en instincts. Non-seulement nous ne voyons pas qu'elles aient jamais dépendu de notre volonté, mais jamais elles n'en ont pu dépendre : elles se composent de mouvements insensibles et d'altérations organiques qui sont hors de la sphère de l'imagination et de l'entendement. Mais l'habit ude amène au même point les mouvemonis volontaires el les Uansfbrme en des instincts. La dégradation de la volonté et de la conscience dans la série graduée des l'onct'ons vitales ne doit donc être aussi que le signe de la disparition graduelle des conditions de l'entendement el de la vol on lé dans l'identité d'une même Ame. » «Thèse .vtr r Hahrtu'fr, petit in-S p> "SX
, Paris. 1S3S.J
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puisse se souvenir comrtiènÉ elle l'a faite, et quoique ce. Mît ëlle cependant, de I <i \ <m i dé ïbu s, qui l'ait ftfltë. Oui c( munît pur la rai/on comment il pense, loin de fjèûvoîr étt souvenir Cbnutlcilt il a pense ? Combien rarement l'âme se rend-elle témoignage il elle-même <!e sa propre pëtisée?
De môme en est-il dans le domaine de notre \olonle. Je jette une pierre .contre lui .but, je franchis un fossé, j'émets un certain goil musical avec la voix, il faut que je le veuille, il faut que je proportionne l'effort au buL (répondant que savons-nous, (iii plutôt que retenons-nous de tout céla? Parmi les actions relative- au corps, et que l'opinion commune attribue à l'àme, combien en est-il dont l'Ame ait quelque compréhension et quelque souvenir ? Encore une fois, ce qui fait ici défaut, ce n'est pas la conscience elle-même, mais seulement la mémoire et l'imagination '.
C'est doue, selon Stahl, l'âme seule qui fait tout dans le corps, tantôt avec conscience claire et avec soinenir, tantôt, et le plus souvent, sans conseieiice ni souvenir, selon le degré d'attention, et surlout, suivant la nature des phénomènes, selon qu'ils sont du ressort du ou du Xo^c;. L'àme, dans ce qui
est relatif à la vie animale, se conduit de la même manière que dans le/, opérations purement intellectuelles et morales, ;i\ee cette seule différence que la conscience et le souvenir sont plus fréquents dans les actes de la vie morale, sans toutefois y intervenir touj'Hii'-;, et qu'ils sWHt, au contraire, plus rares et moins
t, /^yvV'/y,: :>p;.|. ï\\ (% moïn ■.///. vol. T, p, U;9,
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distincts dans la vie animale, quoiqu'ils n'en soient pas toujours absents.
Les choses susceptibles d'être figurées, c'est-à-dire sensibles, sont-elles, en effet, les seules qui demeurent présentes à notre souvenir? N'avons-nous pas la mémoire des sentiments agréables ou désagréables, du plaisir et de la douleur ? Le malade iranalyse-t-il pas ses sensations de la manière la plus exacte et la plus subtile? N'y a-t-i! pas une mémoire des odeurs et des saveurs, et surtout une mémoire des sons? On ne saurait, sans doute, le contester; mais on pourrait faire remarquer, en faveur de l'opinion de Stahl, que les sensations ne reviennent à la mémoire qu'associées h quelque objet figuré. Quoi qu'il en soit, il est certain que la mémoire des choses figurées est, en général, plus facile que celle des choses abstraites, ou des choses simples et instantanées, qu'aucune image ne peut représenter. Mais la simplicité des phénomènes, pas plus que l'habitude, ne suffirait à expliquer comment il ne reste rien dans Famé de toute cette science merveilleuse, qu'on lui suppose, si, en effet, l'âme n'agissait jamais que comme intelligente et libre dans les opérations vitales. Le tort de Stahl, comme celui de Perrault, est de n'avoir pas reconnu dans l'âme, à coté de l'activité pleinement consciente et volontaire, une activité instinctive, sans, être absolument inconsciente, antérieure à la volonté et à l'intelligence, indépendante de Tune et de l'autre, par laquelle s'accomplissent les opérations de la vie.
Delà encore l'embarras de Stahl pour rendre compte de l'origine et de la fréquence des maladies. Si l'âiïlfe
raisonnable veiliç toujours sur le corps, éieâftë bias agit, si Hic exécute, en parfaite connaissance de cause et en vue d une môme fin, qui est le bien du corps, toutes les fonctions vitales, pourquoi tant de maladies? Stahl a mis en lumière, mieux que personne avant lui, le côté providentiel de Ja maladie, l'effort niédieaieur, l'effort salutaire de l'âme contre des causes malfaisantes, contre des matières pernicieuses qu'il faut rejeter pour le salut du corps1. Mais, quel que soit l'optimisme médical de Stahl, il est certain que ces efforts médicateurs tournent trop souvent à mal et que la mort s'ensuit. Il avoue que ce sont des erreurs, des méprises de l'âme qui agit mal, qui dépasse le but, croyant agir sagement, c'est-à-dire comme nature prévoyante et conservatrice. Elle agit mal parce qu'elle se conduit par le Xorfiqtâ;}, là où il faudrait se conduire par le Aoyc;, parce qu'elle se laisse distraire, troubler, égarer par les passions. Aussi l'âme de l'animal est-elle plus habile à combattre le mal physique que l'âme de Fliomnie, et y a-t-il moins de maladies dans les bêtes que dans l'homme \ Quoi d'étonnant, d'ailleurs, que l'âme se trompe dans le gouvernement de la vie, là où il faut des morne ments conduits avec une si exquise proportion, là où, par l'intermédiaire d'organes corporels, il faut •qu'elle agisse contre des matières étrangères, adventices,
4. Morbnm esse motum ab ipsaiiatura materiam pernieiosam expugnandi gratia susceptum , idcoque ad eonservationenj vitse necessarium. [Ars sanandi, etc.) Voir aussi sa théorie de la fièvre, P&thétl spèc, sectio iv, De febre, seu febribus fa y encre.
:l. Voir ta disserta lion ; De frequentid riioYborUni ut lïominè firsè brutis.
inconnues? Comment if errerait-elle pas quelquefois dans un acte aussi compliqué, tandis que partout, dans la pensée pure, dans la volonté, elle est sujette à Terreur. D'ailleurs, Stahl, dont toute la doctrine est fortement empreinte d'idées religieuses et mystiques, se rejetait encore, à défaut d'autres arguments, sur le péché originel pour expliquer la fréquence et la gravité des erreurs de l'âme à l'égard du corps.
La thérapeutique de Stahl est en harmonie avec sa doctrine sur le rôle de l'âme dans Je corps et dans les maladies, c'est-à-dire qu'elle se réduit à un fort petit nombre de préceptes et de remèdes. Avec quelle vivacité ne fait-il pas la guerre à la pharmacie de son temps et à l'abus des médicaments? L'àme étant force médicatrice, et mieux éclairée que tous les médecins sur la structure du corps et sur toutes les fonctions de la vie, il convient avant tout de la laisser agir. Ngtitra rnorborum curatrix, naturœ medicm rnuiistri\ sont des formules qui reviennent sans cesse dans la pathologie de Stahl, Toutefois, sa méthode n'est pas, il s'en détend1, une méthode d'expectation pure et simple. Si le médecin doit savoir attendre et ne pas contrarier la nature, il faut aussi qu'au besoin il sache l'auler. Tel est l'enchainement de ses idées, sur les maladieet sur la thérapeutique, avec sou système de l'intervention de l'âme, en tant qu'intelligente et libre, dans toutes les opérations de la vie.
On vient de voir comment , après Perrault, Sthal, en
X. Tel est l'objet de l'ouvrage que nous avons déjà eilé sur l'art de guéri 1^ dont voiei le .titre complel : Ars kanandi ru m pxppe'qtfonç
opposuà (n it ciirh?'(ai tmdo pxppctûtione^