Ibid., chap. i
école ni: Montpellier. soi vital; il n'était pas moins difficile de mainténir ce principe à égale distance et en un parfait équilibre entre l'âme et le corps. De là, parmi ses disciples, des affirmations diverses, plus ou moins nettes, sur l'existence substantielle, sur la matérialité ou la spiritualité du principe vital. Chez les uns, comme chez Grimaud, le principe vital incline davantage à se confondre avec l'âme, et chez les autres, comme chez Dumas et Fr. Bérard, il tend à redevenir une simple modalité des organes. Mais la tendance actuelle de 1 école, représentée par M. Lordat, a été plutôt d'exagérer que d'atténuer cette séparation de l'âme et du principe vital. On peut dire que, dans cette dichotomie de l'homme intérieur, M. Lordat et ses collègues ou ses diciples, ont été en général plus loin que Barthez lui-même. Chez eux, plus manifestement encore, le principe vital est bien une seconde âme, inférieure à la première par les attributs, mais non par la réalité, par l'individualité substantielle, quoique parfois, pour échapper à certaines objections trop pressantes, ils affectent eux aussi de se réfugier dans le scepticisme de Barthez1.
Un autre point par où ils diffèrent de Barthez, c'est leur emportement contre la doctrine stahlicnne et contre l'animisme, qu'à chaque page ils qualifient
1 . « Au reste, dit M. Lordat, en professant un scepticisme absolu sur la nature du principe vital, Barthez a senti que cet état d'époque était un état violent et que beaucoup d'hommes manquent de la force d'esprit nécessaire pour garder un pareil équilibre. » Doctrine médiate de Barthès . Paris, 1818, 1 vol. in-8, p. 136. M. Figuier, dans son ouvrage sur le Lendemain de la mort, qui semble plutôt un jeu d'esprit qu'une œuvre philosophique, s'appuie sur la doctrine de Montpellier, comme pouvant seule rendre compte de la vraie nature de l'homme.
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d'absurdité, de pauvreté, de rhapsodie, ou bien encore de révoltant et dangereux monothélisme, oubliant que c'est de Stahl qu'en réalité ils descendent, que c'est de lui qu'ils tiennent tout ce qu'il y a de meilleur, sinon tout ce qu'il y a de bon dans leur doctrine.
Maine de lEfciraxx*
Duodynamisme dans la philosophie spiritualiste française du dix-neuvième siècle. — Maine de Birm. — L'activité restituée à l'âme sans l'énergie vitale. — Ce qu'il blâme et ce qu'il loue dans Stahl et dans Barthez. — Les deux vies distinguées par Maine de Biran.
— Détermination du caractère propre des phénomènes intellectuels.
— Ce qu'il retranche de l'âme humaine. — Ce qu'il entend par vie animale. — Du point de division entre l'animalité et l'humanité. — Définition de l'existence sensitive. — Sensation sans conscience. — Dilemme opposé à ceux qui nient les sensations sans conscience. — Ligne de démarcation entre la psychologie et la physiologie. — Sensibilité et imagination rejetées hors de l'âme pensante. — Incertitude sur la nature du principe auquel Maine de Biran attribue ce qu'il ôte à l'âme. — A-t-il fait de ce principe un être à part ou un mode du corps ?
Des médecins revenons aux philosophes et, du dixhuitième siècle, passons au dix-neuvième. La philosophie spiritualiste contemporaine, sous l'influence de Maine de Biran et de Jouffroy, semblait, il y a quelques années, s'être ralliée au duodynamisme de Barthez; elle donnait la main à l'école de Montpellier, elle repoussait en général l'animisnie comme une doctrine vieillie et discréditée, justement suspecte au regard de la spiritualité et de l'immortalité.
La plupart, d'ailleurs, acceptaient, sans les discuter, les conclusions de Maine de Biran ou de Jouffroy, comme s'il s'agissait d'une chose définitivement jugée. Aujourd'hui le cluodynanisme a perdu de son crédit.
De même que Leibniz, Maine de Biran adresse à la définition cartésienne de l ame le reproche de supprimer la puissance causatrice. Nul en France n'a mieux mis en lumière cette vérité essentielle, que l'âme ne nous est connue par la conscience que comme cause et que cette cause, à la différence de toutes les autres causes de la nature, tombe directement sous notre observation. Il semble qu'en restituant la force à l'âme, Maine de Biran aurait dû, comme Leibniz, lui restituer en même temps, par une conéquence naturelle, les fonctious vitales dont Descartes l'avait dépouillée. Tout, au contraire, comme on va le voir, il restreint, plus encore que Descartes, le domaine de l'âme, par la façon exclusive dont il entend cette activité qu'il lui attribue.
Nous ne pouvons mieux introduire le lecteur dans cette partie de la doctrine de Maine de Biran que par la critique qu'il a faite de Stahl, soit dans son mémoire sur la Décomposition de la pensée, soit dans les Rapports du physique et du moral, soit enfin dans ses Essais d'anthropologie, où il reprend et développe ce qu'il avait dit de Stahl dans ses ouvrages antérieurs1.
Voyons donc ce qu'il loue dans Stahl, et voyons
1 . Essais d'anthropologie, Ire partie, Vie animale, vol. III p. 379, des Œuvres inédites publiées par M. Ernest Naville.