MAI X K DE BIRAN. U
aussi ce qu'il y reprend comme contraire h In vraie
méthode.
En regard du mécanisme de Descartes qui assujettit aux lois des corps bruts tous 1rs êtres organisés et vivants, Maine de Biran signale un excès opposé pins dangereux encore. Supposez, dit-il, qu'on soit obligé d'opter entre deux syslèmes absolus qui s'accorderaient à diviser tous les êtres en spirituels et pensants, d'un côté, matériels et non pensants, de l'autre, avec cette différence, que l'un contiendrait dans la seconde classe tous les êtres organisés vivants, considérés comme des machines, tandis que l'autre les ferait passer clans la première, en mettant une âme et une pensée partout où il y a organisation et vie, lequel de ces deux systèmes conviendrait le mieux à un philosophe? Est-ce celui qui élève le dernier être vivant jusqu'à la pensée, enlevant à l'homme ce qui fait sa prééminence, ou celui qui ne voit qu'une machine dans l'animal le mieux organisé, conservant ainsi l'excellence de la nature humaine? Entre ces deux systèmes excessifs, Maine de Biran déclare que, s'il était obligé de choisir, il opterait pour le second plutôt que pour le premier.
Heureusement, entre ces deux excès, il aperçoit un milieu, que le tort de Descartes est d'avoir méconnu. Il fallait être singulièrement aveuglé par l'esprit de système, selon Maine de Biran, pour ne pas voir que les corps vivants diffèrent des corps bruts, par la nature et par le genre, ayant en eux le principe de leur mouvement, vis imita, principe qui, non-seulement diffère des forces mécaniques, mais souvent leur est
:m CHAPITRE XVIII.
opposé. Maine de Biran admire le génie de Stahl ; il le loue d'avoir affranchi les corps vivants des lois mécaniques, d'avoir saisi, de l'œil du génie, ces caractères d'activité, ces premiers titres distinctifs qu'offre partout la nature vivante, d'avoir mis les êtres organisés tout à fait à part des êtres inorganiques. Jusquelà Stahl est dans le vrai; Terreur commence lorsqu'il donne à l'âme pensante tout ce qui, dans l'homme, ne se fait pas mécaniquement, contrairement à la règle, de ne juger de l'identité des causes que par la ressemblance ou l'analogie des effets observés, et réciproquement de croire à la diversité des causes quand les effets sont divers. On force toutes les hypothèses, on se met en contradiction avec le témoignage même de la conscience, on fait l'application la plus fautive du principe de causalité, on égale ou identifie le moi et le non-moi, quand on rapporte tout ce qui se fait dans le corps vivant, sans être pensé ni voulu, à une cause dont la nature est de penser et de vouloir1.
Toutefois, si le principe était mal appliqué, ajoute Maine de Biran, grâce à Stahl, il n'en était pas moins reconnu ; les fonctions vitales de l'organisme cessaient d'être assimilées aux mouvements de la matière brute; la physiologie était créée. Il loue donc Stahl d'avoir fait un grand pas, en reconnaissant dans l'âme une force essentiellement active. Quoiqu'il ait étendu cette activité au delà de ses véritables bornes, en la voyant ou elle n'était pas, il apprenait à la voir où elle était. Ainsi dès lors une voie plus facile était ouverte à