‹ Le principe vital et l'âme pensanteChapitre 126 sur 189 · Introduction aux Œuvres Inédites · texte numérisé non relu

Introduction aux Œuvres Inédites

MAINE DE BIRAN. 'Jin

Forcé vitale sensitive, force vivante, principe d'individuation, unie sensitive, vie animale, tels sont les noms divers par lesquels Maine de Biran désigne le principe de ces faits qu'il rejette en dehors de l'âme. Mais la question est desavoir s'il fait réellement de ce principe un être à part ou bien un mode du corps. Pour notre part, nous pourrions citer une foule de plissages, qu'on peut opposer à ceux où il paraît attribuer les modes vitaux au corps, mais nous inclinons surtout à la première opinion, en nous fondant sur le caractère général de sa doctrine, sur le sens de la polémique contre Sthal, enfin sur l'approbation qu'il donne au double dynamisme de Barthez l. Quoi qu'il en soit d'ailleurs, de ce point plus ou moins obscur de sa doctrine, nous ne courons aucun risque de nous t romper en classant Maine de Biran parmi les philosophes spiritual istes qui ont enlevé à l'âme les fonction? vitales.

i. Citons cependant un passage qui à lui seul semble décisif en faveur de notre interprétation de sa doctrine. « Chercher -à distinguer nettement les caractères et les produits des deux forces vivantes qui entrent dans la composition de l'homme tel qu'il est, et qui, entièrement unies dans le mode actuel de notre existence, n'en sont pas moins essentiellement deux, et ne pourront jamais être ramenées à une seule, sans fausser les vrais principes de la science de l'homme, etc., telle est à peu près la méthode qu'il me paraîtrait convenable d'approprier à la science des principes, etc. » Fondements de la psychologie , plan de l'ouvrage.

• I oui Tro y .

Jouffroy. — Sur quoi il fonde la légitimité de la distinction de la psychologie et de la physiologie. — Témoignage du genre humain invoqué eu faveur d'une double nature de l'homme. — Analyse des éléments qui constituent l'homme. — Les molécules du corps et le principe qui les anime. — Ce principe est-il un ou multiple ? — Comment la question , selon Jouffroy, se résout par la conscience.

— La conscience établie comme ligne de démarcation entre deux principes, l'âme et la vie. — Attributions et fins diverses de ces deux principes. — Différence de délimitation entre l'un et l'autre d'après Maine de Bïv&n et d'après Jouffroy. — Du lien qui les unit. — Quel est le vrai fondement de la distinction de la physiologie-et. de la psychologie? — Divers aveux de Jouffroy favorables à ranimisme. — Des rapports de l'âme et du corps d'après Aurons.

— Principe animique du corps ou âme vitale. — Facultés de cette àme vitale. — Le corps expression visible de cette âme. — M. de Magalhaens, philosophe portugais. — Son double dynamisme inspiré par MM. Ahrens et Lordat. — Philosophes sj-iritualistes contemporains adversaires ou partisans de l'animisme.

Le mémoire de Jouffroy. sur la légitimité de A/ distinction de la psychologie et de la physiologie, nous semble résumer, avec un degré supérieur de méthode et de clarté, les principales idées de Maine de Biran sur la nature de Pâme et le principe vital. Avant d'être un disciple de Maine de Biran, Jouffroy, comme nous l'avons déjà dit, avait d'abord professé sur la nature Se l ame un scepticisme analogue à celui de Barthez,

sur la nature du principe vital. Mais, dans ce mémoire dirigé contre le matérialisme physiologique de Broussais, il n'y a plus trace du scepticisme de l'introduction aux Esquisses morales de Dugald Stewart. Ici, pour Jouffroy, comme pour Leibniz, comme pour Maine de Biran, l'âme n'est plus un agent inconnu, auquel on n'arrive que par l'induction, et après une étude complète des phénomènes, mais une force directement connue par la conscience.

s De même aussi que Maine de Biran, il la dépouille des fonctions vitales, pour les faire passer à un principe, distinct à la fois d'elle-même et des organes. Quoique le talent d'analyse de Jouffroy ne brille nulle part davantage, quoique , comme le dit M. Saisset, ce mémoire soit, en certaines parties, un modèle accompli de fine observation et de solide dialectique1, il nous est impossible d'adopter ses conclusions, c'est-à-dire la scission absolue de l'âme et de la vie". C'est même pour nous un sujet d'étonnement que le duodynamisme de Maine de Biran et de Jouffroy ait pu aussi facilement s'introduire dans notre philosophie spiritualiste, et qu'il n'y ait pas rencontré, jusqu'à ce jour, plus d'opposition, malgré les objections si graves qu'il soulève, malgré le vice, selon nous, radical des arguments sur lesquels il s'appuie. Jouffroy invoque d'abord, en lui donnant une très-

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