‹ Le principe vital et l'âme pensanteChapitre 129 sur 189 · Faits dé t esprit humain, chap, ix, p · texte numérisé non relu

Faits dé t esprit humain, chap, ix, p

2. Vol. II, p. 177. Dans un ouvrage plus récent : Les- sciences ex ta philosophie, in-12, 18(»9, M.Martin se déclare partisan « d'un animisme modéré qui fait à t'organicisme sa part. > Fjssai} iv, F âme et la vie du corps,

m CHAPITRE XIX.

sources, des caractères et des. effets de la beauté, M. Lévêque, à propos de la beauté humaine, a rencontré cette question du principe vital. Il affirme l'existence d'une force mystérieuse, immatérielle, une et indivisible, dont la beauté physique ou la beauté du corps est l'expression ? Cette force est-elle identique avec J'àme intelligente? M. Lévêque ne le pense pas, ou du moins il déclare que jusqu'à présent aucun argument des partisans de cette identité n'a pu le convaincre \ Cependant , même au point de vue esthétique, l'avantage ne serait-il pas du côté deranimisme? Si l'hypothèse d'un principe vital séparé se concilie avec la beauté physiologique, qui en est l'expression, en sera-t-il de même pour la beauté intellectuelle et morale, expression de lame pensante et raisonnable? Comment les grandes pensées, comment les nobles sentiments se reflètentils si bien au dehors, s'ils ont à traverser non pas seulement l'enveloppe du corps, mais aussi l'enveloppe ou l'intermédiaire du principe vital?

M. Lemoine loue le génie de Stahl et les services quïl a rendus à la physiologie; il a analysé avec une grande vérité d'observation ce sens intérieur qui nous avertit de la présence du corps et de l'état des or-

\, Science du brou, vol. II. p. 177. Paris. 1861.

Tout en faisant des objections et des réserves contre l'animisme, M. Lévêque n'est pas cependant un véritable adversaire. Il conclut en effet les articles qu'il a bien voulu consacrer à la première édition de cet ouvrage, en disant : « qu'il admet comme certaine une partie de mon animisme, laquelle est expérimentalement démontrée, et que , quant à l'autre, il penche à l'admettre à titre de solution probable. » Journal général de l' instruction publique, samedi H juillet. — Voir aussi, dans ses Études de philosophie grp< <]u<> et latinp. une savante et bienveillante critique de mon ouvrage.

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ganes ; néanmoins il traite fort mal l'animisme : a oui, l'animisme est mort, s'écrie-t-il dans son Mémoire sur Stafilj et souhaitons pour les progrès de la science philosophique ou médicale, qu'on ne leressus cite jamais. » L'animisme, quoi que dise M. Lemoine, n'a pas besoin d'être ressuscité, car il n'est jamais mort, et il semble même aujourd'hui se porter mieux que jamais.

M* Barthélémy Saint-Hilairc n'est certainement pas de ces commentateurs , raillés par Malebranche , qui admirent tout dans leur auteur. Il condamne, en effet, avec une grande sévérité un certain nombre de doctrines d'Aristote, et particulièrement l'animisme, dans son introduction à la traduction du Traité de l'âme. M. Saisset reproche non moins vivement à Aristote d'avoir associé dans une même âme, la puissance nutritive et la puissance raisonnable. Il s'est d'ailleurs prononcé contre l'animisme, dans la critique qu'il a faite de cet ouvrage1.

On nous a opposé une des plus grandes autorités philosophiques de notre temps, celle de Cousin. On allègue, dans des leçons, qu'il n'a pas lui-même publiées, un passage où il semble donner au principe vital une existence indépendante et séparée, et où il traite l'animisme de spiritualisme chimérique et subtil2. Nous pourrions mettre en regard l'argument du

4. Mélanges ((histoire, de critique et de morale, i vol. in-12, 18o9? art. Giordàno Bruno, p, 7J. Voir aussi Ame et vie (bibliothèque phi • losophique de Germer Baillière) où se trouve un examen critique de notre ouvrage.

2. Histoire de la philosophie morale au~ dix-huitième siècle, publiée par M. Vacherot, fce leçon, 18H,

Phédon, que nous avons déjà cité, où il loue Platon d'être le père de la grande tradition animiste, qui a régné dans toutes les écoles platoniciennes, et que Stahl n'a fait que recueillir. Mais il est plus exact de dire que Cousin ne s'est pas occupé de cette question.

D'un autre côté , l'animisme compte aussi des partisans considérables parmi les philosophes contemporains. M. Franck1, M. Ravaisson2, se sont prononcés en faveur de l'animisme ; M. Charles deRémusat le proclame une doctrine fort plausible3. M. Garnier lui-même ne paraît pas éloigné de la même opinion, quoiqu'il l'ait combattue à certains points de vue dans un Mémoire à l'Académie des sciences morales et politiques, qui est un de ses derniers travaux4. N'oublions pas l'auteur de La vie dans

1. Voir l'article Ame, dans le Dictionnaire des sciences philosphr ques et les articles des Débats, 11 et 13 novembre 1862.

2. Thèse su?' l'habitude, et Métaphysique d'Aristûte. Rapport sur le progrès des sciences philosophiques,

3. Rapport sur le concours pour la philosophie de saint Thomas M. de Rémusat semble avoir fait un pas de plus vers l'animisme dans un mémoire original et du plus grand intérêt, sur les facultés inconnues de l'esprit humain : « Puisque l'âme, dit-il en concluant, considérée comme sensible, intelligente et voulante, est nécessairement pourvue de facultés qui nous sont inconnues, elle peut, à notre insu, en avoir un grand nombre à d'autres titres, par exemple, elle pourrait être sans conscience du principe de la vie,Yanimus serait Y anima et l'ignorerait. »

M. Janet admet ma conclusion au cas où les prémisses, à savoir, la distinction de l'âme et de la vie,, me seraient accordées ; mais il lui semble que cette distinction est encore en question. Voir la Revue de ï instruction publique d'Hachette, 23 et 30 novembre 1862.

4. Voir en etfet la conclusion du Mémoire, qui n'est pas absolument défavorable à l'animisme : « L'âme peut être la cause delà vie quoiqu'elle n'en ait pas conscience, parce qu'elle n'a pas le sens intime fte toutes ses actions et particulièrement de celles qui sont continues ;

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F homme, M. Tissot, ni le pôre Gratry qui, comme Leibniz, fait entrer dans la conscience le sentiment de la vie *. Nous-même avons reçu, à l'occasion de notre Mémoire sur l' unité de T âme penscmte et du principe vital, un certain nombre d'adhésions qui nous encouragent à persévérer, qui nous flattent même de l'espoir de quelques conversions. Ainsi nous n'avons pas à redouter dans le présent, pas plus que dans le passé, cet isolement dont l'école de Montpellier nous a menacé, et qu'elle aurait bien plutôt raison de redouter pour elle-même2.

secondement, par cette supposition on aura l'avantage de diminuer le nombre des causes, mais ce sera toujours une supposition. » Voir le Traité des facultés de Pâme, Ier vol., Ier livre, 2eédition. Paris, 1865.

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