L'AME N'EST PAS LE MOI
nies. Cet effort est incessant, donc l'action est continue. » H admet sans difficulté, dit-il encoro, que l'âme peut être sans le moi, et qu'il y a des faits psychiques , inaperçus1. Mais comment concilier ces effets psychiques inaperçus, cette âme sans moi, avec la définition qui I a donnée de l'âme en regard du principe vital? Sans doute, par l'apparition simultanée du principe pensant et du principe vital, nos adversaires échappent à quelques-unes des difficultés que nous venons de signaler, mais ils n'y échappent qu'au prix de la plus manifeste contradiction et en ruinant dans sa base même l'hypothèse qu'ils veulent défendre. Quel est, en effet, le fondement du double dynamisme, sinon la distinction d'une âme qui a pour essence la pensée, qui ne peut pas ne pas savoir tout ce qui émane d'elle, et d'une autre âme ou, si l'on veut, d'un autre principe, dont tous les actes sont inconscients ? Or tout ce fondement ne croule-t-il pas dès qu'on admet ou un moi latent ou une âme sans moi, ou des faits psychiques inaperçus ? Quelle différence y a-t-il entre le moi latent de M. Lordat, entre l'âme sans le moi de M. Jaunies, et cette âme unique de l'animisme qui d'abord, suivant nous, ne contient la pensée et le moi qu'en puissance ?
Aurait-on réussi, dans ce système, à expliquer d'une manière satisfaisante la première apparition dans l homme de l'âme pensante et à lui assigner un rôle, quand elle ne pense pas encore, il resterait à expliquer, ce qui n'est pas d'une médiocre difficulté, ce