‹ Le principe vital et l'âme pensanteChapitre 147 sur 189 · Mémoire W h légitimité } etc · texte numérisé non relu

Mémoire W h légitimité } etc

B. Pr#4oe tfp fi^âbction fty Traité rh pitm*$ ç^istqffy

perceptions insensibles, suivant l'expression de Leibniz, c'est-à-dire de ces phénomènes de l'âme qui, quoique très-réels, ne laissent pas de trace distincte au scinde la conscience ; ensuite nous aurons recours à des preuves directes, puisées dans le témoignage même de la conscience.

Rien de plus téméraire, à ce qu'il nous semble, que la façon dont nos adversaires tranchent cette question si délicate de la conscience ou de l'inconscience des phénomènes de la vie. Est-ce donc chose bien facile que de marquer précisément où la conscience huit et où elle commence?

Entre les deux degrés extrêmes de la conscience réfléchie et de l'inconscience absolue, il y a une multitude de nuanees diverses et de degrés intermédiaires. L'Atre organisé le plus intime , du moment qu'il souffre et qu'il jouit, n'est-il pas doué d'une sorte de conscience plus ou moins confuse qui, à mesure qu'on monte dans l'échelle des êtres, devient sans doute plus nette et plus vive ? Combien même, en chacun de nous, la conscience ne varie-t-elle pas, suivant les divers états de notre esprit, depuis la réflexion la plus profonde, jusqu'à la plus vague rêverie, jusqu'au mode confus et impersonnel de cette existence animale, si bien décrite par Maine de Biran, jusqu'aux contins indécis entre la veille et le sommeil? Quoi de plus, faible que la preinière lueur de la conscience, si ce n'est la dernière ? Comment dans cette zone si vaste et si incertaine, qui s'étend entre la pleine conscience et l'inconscience absolue, si toutefois elle existe, dans cette région du demi-jour et de<s demi-ténèbres, tracer

iriiG ligtio GGtâiïim d$ démarcation entre fa lumière et l'obscurité absolue 1 ? f]'e$t pat cfes gradations et' 'des dégradations ifcserasiblek, c'est on Quelque sorté par dos infiniment petits (pe la conscience commence et que la conscience finit. La conscience, selon Kant, a toujours un degré qui peut être indéfiniment diminué \ Comme Kant, M. de Uémusat pense : ce que l'observation directe pourrait prouver que la conscience, comme élément de tout acte mental, est une qualité intensive très-variable qui peut tomber au-dessous de toute valeur appréciable , et conséquemment être comme si elle n'était pas... C'est une loi du monde de l'expérience externe, que les faits qui s'y passent, peuvent, sans périr absolument, s'atténuer à ce point que pour nous la valeur en soit comme nulle. Tout minimum est sensiblement égal à zéro. N'en pourrait-il pas être de môme dans le monde de l'expérience interne 3 ? »

C'est une grande erreur, a dit Leibniz, de croire qu'il n'y a aucune perception dans l'âme, que celles dont on s'aperçoit". Malebranclie va plus loin encore et s'écarte, à ce qu'il nous semble, de la doctrine de Descartes, lorsqu'il dit : ce la conscience que

\. Le philosophe anglais J. Murphy appelle piftoresquement cette région incertaine : The mystepious border land betwen the consoious and the ïneènsciôttà fondions. (Habit anl intidligenee, ch. xxv.)

2. Critique de la raison pure, (iialecti<{iw t/-a//si;endantaie, trad.

Tissot, 3e éd., IIe vol . p. ;y,\.

o. Heeue des Dcn.v-Mondex, 1er nws ISGO, art. Hvmilton.

h Mourroi/j: tissais, lis. II, § 1. Il (l'A encore : « Nous m somme* jamais sans perceptions, mais il est nécessaire que nous soyons sonvent Sâtts' àpcrcéjition, savoir lorsqu'il n'y a pbinl de perceptions distinguées. » 7///'/.. r.v. h, § io.

nous avons de nous-mêmes ne nous montre peut-être que la moindre partie de notre être1. »

Lorsque nous rentrons en nous-mêmes et que nous réfléchissons sur la suite de nos pensées, nous distinguons- tout à coup les traces d'une multitude d'impressions et d'idées qui, d'ordinaire, s'écoulent confuses et inaperçues. S'il y avait un microscope pour la conscience, comme ,pour les yeux, nous apercevrions, au dedans de nous, tout un monde d'infiniment petits.

Mais n'y a-t-il pas quelque chose de contradictoire à supposer dans l'âme des sentiments et des pensées que l'âme ignore? C'est l'objection spécieuse qu'adresse Arnauld à Nicole et à dom Lami, qui avaient eu recours aux pensées imperceptibles, pour défendre contre lui l'universalité des premiers principes de la métaphysique et de la morale. Arnauld maltraite fort ces pensées imperceptibles2; il soutient que la conscience de soi-même est essentielle à la pensée, et que des pensées auxquelles on ne pense pas ne sont qu'une chimère, cogitationes de quibus non cogitation inane commentum- K Nous n'avons garde de prendre sur tous les points la défense de Nicole et de Lami contre la dialectique sévère de l'auteur des Vraies et des fausses idées. Arnauld démêle très-bien un certain nombre de confusions et d'équivoques en cette matière délicate des pensées imperceptibles. Condillac a

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