‹ Le principe vital et l'âme pensanteChapitre 148 sur 189 · Dissertatio bipartite, ibid · texte numérisé non relu

Dissertatio bipartite, ibid

PERCEPTIONS INSENSIBLES. 30g

dit comme Àrnauld : une perception qui rie s'apercevrait pas serait une chimère; supposer une perception, c'est supposer un objet aperçu; «j'aimerais autant qu'on dît : j'aperçois sans apercevoir1. » Mais si les pensées, auxquelles on ne pense pas, ne sont, en effet, qu'une chimère, ou même une contradiction, il n'en est pas de même des pensées auxquelles on pense faiblement, des pensées auxquelles on ne prend pas garde, des pensées dont on ne se souvient pas. Or, c'est là ce que nous entendons, avec Leibniz, par les perceptions insensibles ou pensées imperceptibles.

A propos de ces pensées imperceptibles qu'il appelle le plus souvent perceptions insensibles, Leibniz, dans les Nouveaux Essais , s'adresse à lui-même cette objection par la bouche de. Philalèthe : « il n'est pas facile de concevoir qu'une chose puisse penser et ne pas sentir qu'elle pense. » À quoi il répond, que le moyen de sortir de la difficulté, c'est de considérer que, comme nous pensons une foule de choses à la fois, nous ne prenons garde qu'aux pensées qui sont le plus distinguées 2.

Cette impossibilité où se trouve notre esprit de donner attention à toutes ses pensées est rendue sensible par une ingénieuse comparaison de Reid : « nous semblons, dit-il, en user avec les pensées qui se présentent en foule h notre imagination, comme un grand prince avec les courtisais qui se présentent à son lever et qui tous aspirent au bonheur d'attirer

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