Dvtens,\. VI, § 1"; p
2. Nouveaux Essais, §97. — Charles Bonne l, Maine de Biran, sont partisans, comme Leibniz, de la persistance des idées. C'est aussi le sentiment de Damiron : « Toute pensée qui est rappelée a continué à être dans l'âme, à y être comme une perception latente et obscure, mais néanmoins réelle. » Psychologie, vol. I, p. '185. Hamilton soutient la môme doctrine : «l'activité mentale, dit-il, dure toujours. Le difficile n'est pas d'expliquer comment elle dure, mais comment elle s'évanouit. Toutes les activités mentales, tous les actes de l'esprit qui ont existé une fqis persistent; nous ne les perdons jamais absolument, mais ils deviennent obscurs. Cet obscurcissement est susceptible de degrés infinis, etc. Metaph ysies, lect. 30. Je citerai encore Fortes Winslow, psychologue et'physiologistc renommé en Angle ferre : « il est,dit-il, difficile d'expliquer physiologiquementou métaphysiquement les aberrations de la mémoire, à moins d'adopter la doctrine de Pindestructibilité des idées et d'admettre ce principe, que jamais aucune impression faite sur l'esprit n'est détruite... L'annihilation n'exisle que dans la fantaisie ; c'est une illusion de l'imagination, un rêve du poëtc. » On obscures diseases oft'hè brain and dûorders of the mirid, chap. xvit, psychology and pathologxj of memory. Voir aussi l'ouvrage de M. Ribot sur l'Hérédité, chap. m, de l'Hérédité dp lu mémoire, in-8°. Ladrange 1873.
PERCEPTIONS INSENSIBLES. m
anciennes qui reviennent h l'esprit, sans en être jamais sorties, et gui réapparaissent sans avoir jamais complètement disparu. Comment au contraire l'expliquer lorsqu'on attribue à u n nouvel effort créateur de l'esprit L'apparition à nouveau de ces mêmes pensées 1 ?
Se souvenir, c'est de nouveau avoir conscience distincte de ce qui n'a pas cessé d'exister, enfoui, pour ainsi dire, dans les profondeurs plus ou moins obscures de notre âme. Ainsi, en des quantités innombrables, en des couches diverses, toujours liées les unes aux autres dans Tordre de leur production, sommeillent les pensées anciennes, ensevelies dans l'obscurité et dans l'oubli, jusqu'au jour où l'impression de certains objets,- quelque circonstance nouvelle, quelque association d'idées, quelque acte d'attention, vienne les réveiller et les ramener à la lumière. Quoique nous ne les sentions pas, nous sommes indubitablement obligés de conclure que nous les avons. Kant, de même que Leibniz, a eu raison de dire : « le champ des représentations obscures est immense dans l'homme, quand, au contraire, les représentations claires, celles dont la conscience est évidente, ne sont qu'en petit nombre 2. »
Non-senlement la multiplicité et la faiblesse, mais en outre la répétition et l'habitude sont une cause d'obscurcissement et même d'effacement des phénomènes au sein fie la conscience. Rien sans doute n'éveille plus