Chap. i et n do la secundo partie
3. Introduction aux tissais rP anthropologie, édit, de M. Naville,
toutes celles de la scolastique, c'est aller, non-seulement contre toutes les règles de l'induction, mais aussi contre le témoignage même de la conscience.
En résumé, nous sommes conduits par toutes les voies â cette conclusion, que la vie n'est pas un être à part, mais une puissance de l'âme, comme la sensibilité ou Tintelligence. Elle est inférieure sans doute par la dignité, mais elle est la base de toutes les autres, elle est la puissance primitive et fondamentale sur laquelle toutes les autres sont entées, et sans laquelle elles ne pourraient exister. L'âme est donc essentiellement vivifiante; l'âme, comme dit Platon dans le Phédon, apporte partout la vie avec elle.
Telle est la double démonstration, tirée des perceptions insensibles et du témoignage direct de la conscience, que nous opposons à ceux qui veulent mettre la vie en dehors de l'âme, et placer le corps sous le gouvernement d'une autre âme inférieure. On a dit de Dieu : Deas unas mit nullus ; nous dirons de l'âme avec non moins de vérité : animm unus mit nullus.
Objoot ions contré ranimisme.
De quelques' objections contre l'animisme. — U Intelligence et. la Vie de M. Flourens. — Sa méthode et ses expériences. — De la diversité des organes peut-on conclure à la diversité des principes ? — Insénescence du sens intime de M. Lordat. — Est-il vrai qu'il n'y ait de vieillesse que pour le principe vital et point pour le sens intime ? — De l'influence du dépérissement des organes sur l'intelligence. — De l'hérédité des qualités vitales et de la non-hérédité des qualités intellectuelles et morales. — Les phénomènes de la vie sont-ils complets dès l'origine, tandis que ceux de l'esprit seuls sont perfectibles ? — La persistance de certaines propriétés vitales, après la mort, est-elle favorable ou contraire à l'hypothèse d'un principe vital séparé de l'âme et des organes? — L'animisme, les maladies et la mort. — Divers changements à introduire dans la psychologie et dans la morale, par suite de la restitution de la puissance vitale à l'âme pensante.
Devons-nous compter parmi les partisans ou les adversaires de l'unité de la forme un des plus célèbres physiologistes de notre temps, l'auteur de l'ouvrage sur Y Intelligence et la Vie, que nous avons déjà plus d'une fois cité? Cet ouvrage contient-il, comme on semble le croire à Montpellier, une démonstration expérimentale en faveur du double dynamisme?M. Flourens a-t-il réellement voulu faire de l'intelligence et la vie deux êtres à part, en face l'un de l'autre, ou bien
n'a-t-il distingué (Jue les organes sans séparer les principes 1 ?
La psychologie physiologique de M. Flourens, et la méthode qu'il emploie pour distinguer expérimentalement, comme il le dit, nos facultés les unes des autres, laissent bien des doutes dans notre esprit* Nous ne nions pas que cette méthode ne conduise à des découvertes en physiologie, mais nous croyons que la psychologie ne peut en espérer beaucoup de lumières. Quelle voie détournée et périlleuse pour arriver à la connaissance de l'homme intellectuel et moral! Quand même tous ces animaux vivants, mis à la torture, donneraient des réponses identiques, parfaitement nettes et précises, comment conclure avec certitude de ce qu'on a expérimenté sur le cerveau d'un poulet, découpé par tranches, à ce qui se passe dans le cerveau vivant de l'homme sur lequel, grâce à Dieu, il n'est pas permis d'expérimenter?
Que nous apprendront, non-seulement sur la volonté en elle-même, mais sur l'organe qui lui est propre, des expériences sur le cerveau d'un coq ou d'un lapin ? Y a-t-il donc dans ce coq ou ce lapin une volonté semblable à celle de l'homme ? Malgré les plus subtiles expériences et les* plus spécieuses analogies, la conscience demeure la voie la plus directe et la plus sûre, sinon la seule, pour la connaissance de nous-mêmes et pour la 'distinction de nos facultés.
Mais ne nous arrêtons qu'à ce qui concerne la sé-
î. M. Sales Girons a fait une bonne et vive critique de l'ouvrage de M. Flourens dans sa Revue médicale des 30 novembre et 15 décembre i859,
OBJECTIONS CONTRE L'ANIMISME
paration, c'est le mol dont se sert M. Floùrens, de la vie et aë Piiitètligehce.
« Le point capital, dit-il, de fontes mes expériences sur le système nerveux est la séparation de la vie d'avec l'intelligence et de toutes les propriétés vitales d'avec les propriétés intellectuelles. » Si par là M. Flourens a réellement entendu une distinction d'être et de substance, et non-seulement une distinction de puissances et d organes, ne craignons pas d'affirmer qu'il est loin d'avoir prouvé ce qu'il se proposait de démontrer, et que cette conclusion dépasse singulièrement la portée de sa méthode et de ses expériences. Voici d'ailleurs comment lui-même il expose sa méthode : « je sépare les propriétés par les organes. J'appelle propriété distincte toute propriété qui réside dans un organe distinct. Je dis l'intelligence distincte de la vie, parce que l'intelligence réside dans un organe où ne réside pas la vie, et réciproquement la vie dans un organe où ne réside pas l'intelligence, parce que je puis ôter l'organe de l'intelligence, et l'intelligence par conséquent, sans toucher à la vie, sans ôter la vie, en laissant la vie tout entière1. »
Yoici maintenant ses expériences. Dans l'encéphale deux parties seulement sont à considérer pour la distinction de l'intelligence et de la vie, la moelle allongée, siège du principe premier du mécanisme respiratoire, et les lobes ou hémisphères cérébraux, siège des perceptions et des volitions, c'est-à-dire de l'in-