‹ Le principe vital et l'âme pensanteChapitre 169 sur 189 · L'ANIMISME ET LA SPIRITUALITÉ. W · texte numérisé non relu

L'ANIMISME ET LA SPIRITUALITÉ. W

morales et religieuses qui ont leur racine dans le spiritualisme.

Nous voici arrivé au terme de cette longue démonstration que nous avons voulu rendre aussi complète que possible, soit à cause de l'importance de la question en elle-même, soit parce qu'il s'agissait de réhabiliter une doctrine tombée en une sorte de discrédit, soit enfin parce que nous avions le malheur d'être en désaccord avec quelques-uns des maîtres de la philosophie spiritualiste. L'importance de la question a d'abord paru par la phce que, jusqu'au siècle précédent, elle avait tenue dans l'histoire de la philosophie. Nous avons commencé la réhabilitation de l'animisme en montrant cette suite de grandes doctrines où il a régné, dans les temps anciens et dans les temps modernes, depuis Aristote jusqu'à saint Thomas, depuis saint Thomas jusqu'à Leibniz.

Nous ne nous sommes pas contenté d'invoquer des autorités, nous avons cherché surtout à justifier l'animisme par des faits et par des raisonnements. Or, soit que nous ayons considéré la nature même de l'âme, soit que nous ayons considéré les. conditions de l'unité et de l'individualité de l'être humain, soit enfin que nous ayons interrogé la.' conscience elle-même, partout nous avons recueilli des preuves et des témoignages contre tous les raisonnements allégués en faveur de cette bifurcation bizarre de l'homme intérieur. Nous n'avons pas trouvé une seule raison plausible, nous n'avons pas trouvé la plus petite place pour introduire au dedans de nous cette

seconde âme chimérique, qui fait double emploi avec la première, qui est incompatible avec notre unité et avec la grande règle qu'il ne faut pas multiplier les êtres sans nécessité.

Puisqu'on nous adjure à tort, dans l'intérêt d'un faux et dangereux spiritualisme, de passer dans les rangs de ceux qui métamorphosent la vie en un être à part, pourquoi nous aussi, en terminant, n'adjurerionsnous pas nos adversaires de venir à nous, dans l'intérêt du vrai sipiritualisme ? Espérons que l'école de Montpellier se souviendra mieux à l'avenir qu'elle a Stahl pour père plus encore que Barthez. Après avoir si bien montré que la vie est le fait d'une cause distincte des organes et supérieure aux organes, qu'elle ne laisse pas cette cause suspendue dans le vide; qu'elle ne s'arrête pas à un système tronqué, mais qu'elle lui donne l'unité et le couronnement nécessaire, en rattachant au seul principe actif, à la seule âme réelle qui soit clans l'homme, ce qui ne peut s'expliquer par la matière et par les organes. Qu'elle se souvienne, non pas seulement de Stahl, mais aussi de quelques-uns de ses maîtres les plus illustres, de Sauvages, de Grimaud, cle Roussel, qui ont kleûtifié l'âme et la vie.

Nous ne lui demandons pas de renoncer à son esprit et à sa méthode, ni à ces tendances élevées qui lui ont assigné une place à part parmi les écoles de médecine. L'existence dans les êtres vivants, et surtout dans l'homme, d'un principe spécial, supérieur aux forces physico-chimiques et organiques dirigeant tout harmonieusement, voilà, comme l'a dit Barthez

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