Rapport sur les progrès de la physiologie in-4°; l
6â CHAPITRE IV.
chimie des corps bruts, mais avec cette restriction fondamentale : t< la forme des phénomènes de la \ ie et les propriétés de la matière organisée une foi^ données l. fi
Ajoutons encore le passage suivant qui n'est pas moins significatif: « les êtres vivants diffèrent radicalement des corps bruts, et, sous ce rapport, il faut être d'accord avec les vitalistes 2. » Il est vrai que cela n'est pas facile à concilier avec ce qu'il a dit ailleurs de l'assimilation absolue des procédés et des méthodes ; mais, quelles que soient, d'ailleurs, les hésitations et les obscurités de son langage, M. Claude Bernard est cependant Vitaliste de la façon la plus nette, puisqu'il reconnaît hautement l'existence d'un principe unique et directeur qui a formé l'être vivant et qui préside à l'organisation. La vie, dit-il, a son essence dans la force ou dans l'idée directrice du développement organique ; la vie c'est la création, la vie ne saurait être autre chose pour le physiologiste que la cause première créatrice de l'organisme. Cette cause se manifeste par l'organisation ; pendant toute sa durée l'être vivant reste sous cette influence vitale créatrice. En résumé, ajoute-t-il, dans un phénomène vital, comme dans tout autre phénomène, il y a deux ordres de causes : 1° la cause première, créatrice, législative et directrice de la vie ; 2° une cause prochaine ou exécutive du phénomène vital qui toujours est de nature
1. Malebranche fait exactement la même restriction à l'égard du Traité de la formation du fœtus, de Descartes. (Voir la fin de notre onzième chapitre.)