Œuvres complètes, Paris, 1840, i. VI, p.'lU
reconnu trois âmes, et que Platon les lui a empruntées. Mais rien, que nous sachions, ne justifie l'assertion de Galien. Ces trois âmes, d'ailleurs, nous le verrons, ne se trouvent pas plus dans Platon que dans Hippocrate lui-même.
D ailleurs, que n'a- 1- on pas vu dans Hippocrate ? Est- il un système, en physiologie et en médecine, qui n'ait in voqué son nom et ne se soit placé sous son patronage? C'est là ce qui fait dire spirituellement à M. Peisse : « toutes les sectes médicales en usent à l égard des textes hippocratiques, comme les sectes religieuses à l'égard des Écritures... Du reste, Hippocrate étant un oracle, il est naturel qu'on trouve deux sortes de sens à ses sentences. Quel dommage qu'il n'y ait pas en médecine, comme en théologie, un tribunal infaillible pour interpréter les textes ! En l'absence d'un tel tribunal, chacun a le droit d'hippocratiser à sa fantaisie, et de transformer ad libitum le divin vieillard en solidiste, humoriste, vitaliste, organicien , animiste, chimiâtre1. »
Ajoutons qu'il y a des hippocratismes de toute sorte; il y a un hippocratisme païen, et il y a un hippocratisme chrétien2. On a été jusqu'à faire d'Hippocrate une sorte de Mcoqfc dtautxCÇtty, un interprète médical des traditions hébraïques.
Concluons que, si nous ne pouvons invoquer en notre faveur l'autorité d 'Hippocrate, encore bien moins peut-on l'invoquer contre nous. De ce double dyna-