Livre II, chap. i
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au sens actif. Avant tout, l'âme est pour lui une cause, non pas seulement cause finale, comme on Ta dit, mais, suivant les trois modes déterminés de la cause, comme principe d'où vient le mouvement, comme essence et comme fin \
L'âme est faite pour le corps, comme le corps est fait pour l'âme, non pas indifféremment pour tel ou tel corps, comme le disent les pythagoriciens et ;les partisans de la métempsycose, mais pour tel ou tel corps déterminé. La nature forme un seul corps pour une seule âme, l'âme est la forme d'un seul et unique corps dont elle fait la vie et l'individualité ; elle est dans le corps, mais dans un corps organisé de telle ou telle façon déterminée3. Comme tous les autres animaux, l'homme paraît double, en tant que composé d'une âme et d'un corps, mais son âme, essence simple, indivisible, individuelle, le fait réellement un. Quand l'âme, ou la forme, s'unit à un corps destiné à le recevoir, la matière, ou ce qui n'était qu'en puissance,
1. Livre II, chap. IV. "'Ectt/ cfè H 4/VX^ £«VT0ç o-â/uoLTQç etirtet
hk) kfx». Il l'appelle aussi: tg nrfdùTo^nvouv fyi/msiQvpyctv. Le savant professeur de philosophie grecque du Collège de France, M. Lévêque, m'a reproché d'avoir fait trop absolue la doctrine d' Aristote. Au Traité de l'Orne, il oppose les petits traités de la jeunesse et de la respiration où, au lieu d'attribuer à l'âme le battement du cœur, Aristote lui donne pour cause la chaleur. Ne pourrait-on pas répondre que, dans ces petits traités, Aristote parle plutôt en physiologiste qu'en métaphysicien ; voilà pourquoi il y fait intervenir, au lieu de l'âme, la chaleur, le sec et l'humide, c'est-à-dire les causes secondes au lieu de la cause première ? Ne combat-il pas dans le IIe livre, chap. iv du Traité de l'âme, les philosophes qui ont pensé que le feu, et non pas l'âme, était la cause de la nutrition? Études de philosophie grecque et latine, in-8°, Paris, Durand, 1864, lre étude : le Principe vital et l'âme végétative, d'après Aristote et d'après les modernes.