De natura rerum, lib. III
2. Ce traité a été analysé et discuté dans un savant mémoire de M. Chauvet que nous avons consulté. (Comptes rendus de V Académie des scie?ices morales et politiques, sept. 1857.)
:j. Des mœurs de Pâme, etc., traduction de M. Daremberg. Paris, 4854, vol. I, p. 52.
Pour faire lYime matérielle, il s'appuie sur l'autorité d'Aristote, dont il interprète, à notre avis, inexactement la doctrine. L'âme et la forme ne sont qu'une seule et même chose dans Àristote ; or la forme n'étant, selon Galien, que le simple arrangement des éléments du corps, que leur harmonie ou leur tempérament, il suit que F âme a la même nature que le corps, et qu'elle est matérielle. Galien admet d'ailleurs, sans nulle hésitation, toutes les conséquénces du matérialisme, il soutient que l'âme est dépourvue de liberté, qu'elle est fatalement inclinée, par sa constitution, au bien et au mal, et que jamais il n'y a lieu pour elle ni au blâme, ni à l'éloge.
Après avoir fait l'âme matérielle, d'après Aristote mal interprété, Galien la partage en trois, en s 'appuyant sur Platon , qui lui paraît avoir démontré avec une parfaite rigueur, dans le Timée, l'existence de trois essences ou âmes différentes, la raison, le courage et l'appétit. Entre Platon et Aristote, au sujet de l'âme, il trouve la même différence qu'entre Aristote et les stoïciens, au sujet des facultés. Selon les stoïciens, il n' y a qu'une seule faculté dans l'âme, tandis que, selon Aristote, il y en a plusieurs; selon Aristote, il n'y a qu'une âme ; selon Platon, il y en a trois. Platon les a localisées dans divers' sièges, la tête, le cœur, le foie ; mais il a sous-entendu les démonstrations scientifiques, qui seules peuvent justifier cette localisation. Galien cherche à combler cette lacune-, en établissant, par des raisons anatomiques et physiologiques, qu'en effet ces trois âmes ont leurs sièges distincts et séparés dans le cerveau, dans le