‹ Le principe vital et l'âme pensanteChapitre 61 sur 189 · VI II · texte numérisé non relu

VI II

L'uniiiiisiiie au. moyen âge.

Importance et intérêt de la question au moyen âge. — Divers intermédiaires entre l'animisme des anciens et celui de la scolastique, GennadhiS; Cassiodore, Boëce. — Abélard . — Problème posé par Héloïse à Abélard. — Hugues de Saint- Victor. — Analogie avec Stahl et Perrault. — Albert le Grand. — Définition de l'àme. — Objections contre la pluralité des âmes. — Saint Thomas. — L'âme premier principe de vie et forme substantielle. — Différence de l'âme humaine et de l'âme des animaux. — Argument tiré de l'identité de l'âme et de la vie en faveur de l'immortalité. — L'âme intellective principe des opérations de la vie. — Critique de la définition de l'homme par Platon. — Le corps n'est pas la prison, mais l'auxiliaire providentiel de l'âme. — Plusieurs âmes diverses en essence ne peuvent exister dans un même homme. — Comment l'âme intellective comprend en elle la puissance végétative et sensitive. — De la succession des formes inférieures et supérieures dans un même être. — Anéantissement des formes inférieures pour faire place aux formes supérieures. — Objections contre cette doctrine de saint Thomas. — Saint Thomas et le Père Ventura.

La question de l'unité ou de la pluralité des âmes dans l'homme a joué un rôle dans les écoles philosophiques du moyen âge. Voici ce qu'en dit Suarès, grand théologien et habile commentateur d'Aristote, au commencement du dix-septième siècle : est celebris heec quxstio in hominey an in eo principium vegetandi, mntiendi et ratiocinandi sint très animée realiter dis-

tinctœ\ Appuyée sur Aristote et sur saint Augustin, la doctrine de l'unité de la forme n'a pas cessé d'être la plus répandue et la plus autorisée. Dans presque toutes les définitions de l'âme des docteurs du moyen âge, est compris l'attribut de la vie : vivificando corpori accommodata2. De la philosophie cette doctrine passe dans la théologie elle-même et nous la verrons, consacrée par deux conciles, devenir un article de foi.

De nombreux intermédiaires rattachent l'animisme d'Albert le Grand et de saint Thomas à saint Augustin. Gennadius, prêtre ou évêque de Marseille au cinquième siècle, dit, dans son Traité des dogmes ecclésiastiques, si souvent cité par les théologiens, et longtemps attribué à saint Augustin luimême : a Nous n'admettons pas qu'il y ait deux âmes dans l'homme, une âme animale cachée dans le sanct: et principe de la vie du corps, et une âme spirituelle, siège de la raison. Nous reconnaissons une seule âme qui à la fois vivifie le corps, en l'unissant à lui, et se dirige elle-même par sa raison 1 . »

h Ttàctàius de anima, lib. ï, cap. vî.

24 Voir les diverses définitions de l'ànie, rapportées par Vincent de Beau vais, au commencement du livre XXIII du Spéculum nnturale.

3. u Neque duas animas esse dicimus in uno homine... unam animaient qua animatur corpus et quae immixta sit sanguini ; et alteram spiritualem, quse ratiortem ministret. Sed dicimus unam esse eamdemque animam in homine, quae et corpus societate vivificet, et semetipsam sua ratione disponat. » (De ecclesiasticis dogmatibus, cap. xv.) « Non est tertius in substantia hominis spiritus, sed spiritus ipsa est anima; pro spirituali natura, vel pro eo quod spiret in corpore spiritus appellatur. Anima vero ex eo vocatur quod ad vivendunij vel ad vificanduni animât corpus. » (Cap. xx.) — Ce Iratté se

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