SAINT THOMAS
harmonie, mais une cause, un principe d'activité et de mouvement. Nous croyons donc, avec Aristote et Leibniz, que ce ne sont pas des âmes diverses qui se succèdent, qui se chassent tour à tour, qui se corrompent ou qui naissent, qui surviennent après coup dans un même être, mais que c'est une seule et même âme qui, par une série d'évolutions, en correspondance avec le perfectionnement des organes, s'élève de degrés en degrés, depuis la vie végétative jusqu'à la vie intellectuelle et morale. La question du mode de succession de ces degrés divers n'est d'ailleurs qu'accessoire à notre sujet et ne touche pas nécessairement au fond même de l'animisme.
Ce que nous avons à remarquer dans saint Thomas, c'est que l'âme intellective, la dernière venue, quoique n'ayant jamais été âme purement végétative ou sensitive, a, pour ainsi dire, hérité de toutes leurs fonctions, en y ajoutant l'action de la connaissance qui lui est propre. Cette âme intellective comprend en elle, en les distinguant d'après leur objet, cinq puissances, ou plutôt cinq genres de puissances, la végétative, la sensitive, l'appétitive, la motrice et l'mtellective. En les considérant, non plus d'après leur objet, mais d'après les divers degrés où elles apparaissent dans la série des êtres vivants, il les ramène à quatre grandes manifestations de la vie, la nutrition , la sensibilité, la locomotion et la pensée1. Depuis la forme élémentaire de la matière jusqu'à l'âme raisonnable, elles se suivent d'après un ordre