L. Specuium natiwale, lib, XXII f> in-folio
a qu'une seule âme en l'homme où sont unies, fondées en une substance unique les trois puissances végétative, sensitive et raisonnable : una est anima in homine, cujus potentiœ sunt vegetabilis, sensibilis, rationalis, in una substantia fuildatae. Il eêt inutile de mettre trois âmes, trois substances incorporelles, là où il suffit d'une seule qui, d'abord, a possédé la puissance végétative, puis, en dernier lieu, la puissance raisonnable. La première est comme une disposition matérielle, dispositio materialis, à recevoir la seconde, et la seconde à recevoir la troisième qui est la perfection dernière et l'achèvement. Voilà pourquoi seule elle est dite une âme, et pourquoi l'enfant, avant d'être devenu un homme, semble n'être qu'un animal, n'ayant qu'un corps et une âme sensitive, avant, d'avoir une âme raisonnable. Cependant, bien que dépourvu d'une âme raisonnable, il n'est ni un âne, ni une chèvre, ni quelque être autre que l'homme, parce que ce n'est pas encore un animal achevé. La substance qu'il a en lui ne sera complétée que par ce qui viendra en dernier lieu, à savoir par l'intelligence qui est la perfection du corps.
Ainsi Vincent de Beauvais, à la différence de saint Thomas, veut sagement sauver de la destruction les âmes antérieures à l'âme raisonnable. L'âme telle qu'elle apparaît d'abord, l'âme végétative, contient en germe, selon lui, tout ce qu'elle sera un jour, et l'intelligence elle-même, qui en est l'achèvement et la dernière perfection \
1. On pont ronsultor onroro dans lo mémo livre du Spéculum na-
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Telle est aussi la doctrine d'un des maîtres les plus autorisés de la même époque, de Guillaume d'Auvergne, éveque de Paris , qui dit, dans son livre sur l'âme (chap. v): nihil autem vivere potest nisi animatum ; neque plures in homine animas esse concedlmus. Ipsa igitur anima nostras omnes corporis partes vivificat, atque omnibus totaliter adest, »
Mais comment se fait-il que l'âme ignore toutes ces choses qu'elle opère dans le corps? Selon Guillaume d'Auvergne, c'est une infirmité de sa condition présente : quod autem nescit anima se in iis et esse et agere, id naturae ejus perfectioni contrarium et a prœsenti miseria consequi videtur. Non enim plane se ipsam novit anima humana quae de se talia ignorât *.
Des écoles de philosophie et des commentaires d'Aristote, l'animisme a passé dans la grande épopée du moyen âge, où Dante a fait entrer la théologie, la philosophie, toute la science de son temps. Il met dans la bouche du poëte Stace 2 cette théorie de la génération et de l'infusion de l'âme dans le corps : « Mais comment le fœtus d'animal devient-il homme? Tu ne le vois pas encore, c'est ici le point qui a fait errer plus savant que toi, car par sa doctrine il sépara de l'âme l'intellect possible, parce qu'il ne le voyait point attaché à un organe 3. Ouvre ton cœur à la vé-
turale le chapitre x< y : « Qualiter in homine supremis intima connectuntur; « et le chapitre xliii : « Qualiter anima corpus végétât sensificat, vivificat. »
1. Voir la thèse de M. Javary, Giiillelmi Arvemi Doctrùia psychologie a.