POMPON AT
Enfin Jules-César Sealiger a soutenu lu cause de ranimisme contre Cardan avec une certaine originalité1. Il anticipe sur Perrault et sur Stahl en rapportant à l'âme, en tant qu'intelligente et raisonnable, les opérations de la vie. Pour lui, comme pour Hugues de Saint-Victor, l'essence de l'âme est la raison, et rien de ce qui appartient réellement à l'âme ne peut manquer de raison. 11 combat donc les anciens et les modernes qui ont distingué deux parties dans l'âme, Tune raisonnable, l'autre irraisonnable2. Rien ne saurait, dit-il, lui persuader que notre âme, substance immatérielle, particule, pour ainsi dire, de Dieu, soit composée en aucune façon, et surtout composée de deux choses contraires en acte. C'est là même ce qui a induit, non-seulement Platon, mais plusieurs des nôtres, abusant de la raison, non sans une très-forte apparence de raison, à admettre trois âmes distribuées en diverses parties du corps. Mais l'homme, au lieu d'une véritable unité, ne serait plus qu'un amas de parties, un Géryon, une Chimère1.
Cependant, s'il n'y a qu'une âme, et si cette âme ne
!. J.-C. Scaligerî Exotèricarwm éxerciMMonum iher desuèiiMtàte ud Hieronymum Carda?wm. Francofurti, 1576, in-8.