An sit in humana anima t© axoyov. Excrcit. 307, n
3. Nulla tamen apud me viget ratio quae mini persuadeat animant nostram, substantiam immaterialem, Dei quasi particulam quamdam. ullo modo esse compositam, praesertim ex duobus actu contrariis.,. Haee sententia ferenda non est. Quoeirca non solum Plato très animas totidem certis locis dispescebat, sed etiam e nostris quidam, non sine validissima ratione a ratione abutentes. Esset enim homo unum quasi cumuliiH partibus coagnientatis. Ac propterea nullis artibus ejus vera ratio comprehendi posset. Non verus homo, sed verûs Geryon, veraque Chimsera ac si quid trinum triplexve ah Ausonio animadversum esl. {IbùL)
peut agir qu'avec raison, comment accomplit-elle, sans le savoir, les opérations de la vie ? L'âme, il est vrai, selon Scaliger, agit sans réflexion et sans raisonnement, en tant que puissance vitale, en tant qu'elle meut le cœur, qu'elle change en suc les aliments, qu'elle les répand par tout le corps. Mais cependant elle n'agit pas sans raison : sine ratiocinatione quidem, id est sine deductione argumentorum, sine ratione non. Scaliger fait ici à peu près la même distinction entre ratio et ratiocinatio, que fera Stahl entre Xoyoç et Xo^\x6c^ pour caractériser l'espèce de connaissance qui accompagne l'exercice de la puissance vitale de l'âme. Comment, selon Scaliger, l'âme agirait-elle sans raison, puisqu'elle a devant elle, sans aucun intermédiaire, la fin, c'est-à-dire la vie, l'existence même par rapport à laquelle elle agit1.
Il réfute Cardan qui, de l'ignorance où est l'âme des mouvements qu'elle accomplit dans le corps, concluait que ces mouvements ne lui appartiennent pas. Quoique l'âme agisse dans la formation et la conservation du corps , sans objet, sans imagination, sine objecto, sine phantasia, cependant elle sait qu'elle se sert des organes qu'elle construit, elle sait même, selon Scaliger, comment elle doit s'en servir. L'auteur de l'âme a mis en elle certaines règles plus ou moins générales pour la conservation de son union avec le corps, dont le soin et la direction ne pouvaient être qu'au dedans d'elle, et non pas en dehors. C'est pour la conservation de cette union qu'elle accomplit, con-
1. Adest enhn praesens et finis sine ullo medio, id est vita ipsa atque existentia propter quod operatur. (Ibid.)
J.-C. SCALÏÔER. 169
formément à ces règles, toutes les fonctions organiques1.
À la suite de Scaliger, mentionnons Saumaise, l'auteur de la savante dissertation, que nous avons citée, sur Y Ame triple de Platon. Comme Scaliger, Saumaise dit que l'homme, avec trois âmes, serait un véritable (îéryon, et même un monstre plus horrible encore ; car si Géryon avait trois âmes, il avait trois corps, tandis que l'homme n'en a qu'un. En outre, si des trois facultés de l'âme on fait trois âmes, n'en faudrat-il pas une quatrième pour les relier ensemble et les ramener à l'unité2?
1. Fallitur (Cardanus) ubi animam dixit ignaram suarum functionum. Nihil enim movet in corpore animato, nisi anima. Alioqui plures essent formse et plura prima. Neque continuo verum est : movet sine imaginatione ac desiderio, ergo motus non est animée functio. Natura enim animali anima est. Ipsa sibi fabricat dentés, calces, cornua ad vitam tuendam. Itaque iis et utitur et scit quo sit utendum modo, sine objecto aut phantasia ulla. Qui animam fecit certis eam praeceptis oneravit, partim generalibus, partim eontractioribus. Illa surit qua; pertinent ad unionem suam cum corpore conservandam, cujus nullus auctor extimus esse débet. Ejus itaque studiosa movet cor, coquit in ventriculo, recoquit in jecore, perficit in venis, digerit in membra, mutât in corpus, sufficit, unit, instaurât, redintegrat. (Exerc. 107, p. 29.)
2. Notes sur Epictète, p. 135. C'est une objection d'Aristote :
•l.-il. Van Helmont.
Philosophie de la Renaissance, réaction contre l'unité de la forme. — Antécédents des archées de J. B. Van Helmont. — Doctrine de Van Helmont. — Origine et siège de l'âme sensitive. — Le duumvirat. — Siège de l'âme raisonnable et Immortelle. — Définition de l'archée. — Du rôle des archées. — Archées secondaires et archée principal. — Triple nature de l'homme d'après le Zoharet la Cabale. — Triple nature de l'homme d'après Robert Fludd,
— Bacon. — Double division de la philosophie de l'âme humaine,
— Deux âmes différentes par leur origine, leur nature et leur destinée. — Double dynamisme de Gassendi. — Arguments de Gassendi en faveur de la dualité. — Comment il cherche à concilier cette dualité avec l'unité de l'homme. — Les âmes multipliées, non-seulement dans l'homme, mais dans la nature entière.
— Le De sensu rerum de Campanella. — Ames raisonnables altribuées à la terre et aux astres par Kepler. — L'intelligence des hôtes exagérée. — Reaction de Descartes. — L'animisme demeure néanmoins la doctrine commune. — Témoignages de Suarès, Daniel Sennert, Charron, Gassendi.
Au sein de la réaction contre la philosophie scolastique, on vit, au quinzième et au seizième siècle, se produire un certain nombre de théories sur l'homme, où l'âme unique d'Aristote et de saint Thomas fut divisée et brisée, pour ainsi dire, en autant d'âmes distinctes que de facultés intellectuelles et de fonctions organiques. Sous l'influence de la Cabale, de ladôçtrine
de l'émanation, du mysticisme ou de l'alchimie, il y eut alors comme un débordement d'âmes dans l'homme et dans la nature. Parlons d'abord des archées de J.-B. Van Helmont.
La doctrine des archées n'était pas sans antécédents. Paulus Yenetus avait admis dans l'homme, non-seulement deux âmes, avec une existence à part et une nature opposée, l'âme sensible qui est corruptible, et l'âme raisonnable qui est immortelle, mais en outre plusieurs âmes végétatives présidant aux diverses parties du corps1.
Mais un antécédent plus direct et plus immédiat se trouve dans la doctrine de Paracelse. En effet, selon Paracelse, qui s'inspire lui-même des idées de son maître Basile Valentin, il y a des principes actifs d'organisation et de vie répandus dans tous les êtres de la nature. Il les appelle esprits du sel, du soufre, du mercure, dans les minéraux, esprit végétal dans les plantes, esprit animal, ou archée, dans les animaux. Dans l'homme, au-dessous de l'âme raisonnable, il met un aussi grand nombre d'archées qu'il y a d'organes distincts et de fonctions particulières de la vie. Tous ces esprits et ces archées ne sont que des transformations diverses de l'esprit universel, qui est l'essence de toutes choses2.
Les archées de Paracelse nous conduisent à ceux de Van Helmont. Au-dessous de l'âme raisonnable et immortelle, Van Helmont place une âme sensitive