‹ Le principe vital et l'âme pensanteChapitre 78 sur 189 · Summa de anima, cap. v · texte numérisé non relu

Summa de anima, cap. v

2. Voir le Mémoire de M. Franck, sur Paracelse, clans le Moniteur du 2 et du 3 novembre 1853.

J.-B. VAN HKLMONT.

et périssable. Cette seconde âme n'a pas toujours existé dans l'homme, mais seulement à partir de la chute : homo ante lapsum carebat anima sensitiva1. Le fruit défendu l'a fait jaillir du corps comme l'étincelle du caillou.

L'homme, avant la chute, n'avait qu'une âme, l'âme raisonnable, spirituelle et immortelle, gérant immédiatement les affaires du corps et lui communiquant son immortalité. Après la chute, à cette âme immortelle est venue se substituer, dans le gouvernement du corps, comme son vicaire et son lieutenant, une âme sensitive et périssable, semblable à une flamme qui, à chaque instant, se consume et peut s'éteindre 2. Ce n'est ni dans le cerveau ni dans le cœur, mais à l'orifice supérieur de l'estomac, que Yan Helmont place le siège de cette âme sensitive. Parmi les raisons qu'il en donne, il en est qui ne sont que bizarres et puériles; il en est d'autres qui attestent qu'il a observé, mieux qu'on ne l'avait fait avant lui, l'influence de l'estomac sur les maladies et sur l'organisation tout entière3. L'estomac est en une liaison étroite avec la rate ; tous deux, quoique séparés, conspirent à une même fin et

1. Ortus medicinœ, id est initia physicse inaudita, progressus médicinal novus in morborum ultionem ad vitam longam, Amst., 1648, in-4., cap. Mortis introïtus in naturam, p. 644. — Pour l'intelligence du système de Van Helmont, je me suis aussi servi de la Préface et de la traduction libre et abrégée de ses œuvres, par Jean Leconte, docteur en médecine. In-4, Lyon, 1670. Je dois mentionner aussi le travail de M. le docteur Mandon dans les Mémoires de l'Académie de Bruxelles, 1868.

2. Succcssit caduca anima sensitiva obiens vicariatum mentis vitasque ncccssitatibus providens, ipsamet, instar flammae, in horas labiliset extinguibilis. (Ibid., cap. Vita longa, p. 736.)

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