‹ Le principe vital et l'âme pensanteChapitre 83 sur 189 · Voir ibid.y la dissertation De cicuta aquatica · texte numérisé non relu

Voir ibid.y la dissertation De cicuta aquatica

2. Il dit de ces principes divers dans l'opuscule intitulé : Vita brevis : « Quae singulae in tantum a vita coramuni hominis sunt diremptae quantum illa quae diversas habent existentias. »

3. Voir la Kabbale, ou philosophie religieuse des Hébreux, par M. Franck,

C'est sous l'influence de la Cabale que Robert Fludd donne à l'homme trois âmes qui se rattachent à une certaine conception de Dieu et du monde. En effet, il divisé l'univers en trois régions de nature différente, correspondant aux trois personnes de la Trinité et représentant trois degrés divers d'émanation du premier principe des choses. De là aussi trois parties dans l'homme, fait à l'image d,e l'univers, la tête, la poitrine, le ventre, chacune siège d'une âme particulière; la première, de l'âme intellectuelle, étincelle de l'âme universelle; la deuxième, de l'âme vitale, formée de l'éther le plus pur, principe de l'activité et de la vie morale; la troisième, de l'âme sensitive qui réside dans le sang et qui est agent de toutes les fonctions organiques. Nous passons les rêveries de Robert Fludd sur les correspondances et les sympathies de ce petit monde de l'homme avec le grand monde de l'univers. Aux philosophes néoplatoniciens, mystiques et cabalistiques de cette période, il ne coûtait rien de multiplier, soit dans l'homme, soit dans la nature, des âmes qui, au fond, n'étaient que des transformations de l'esprit universel ou des degrés divers d'émanation du principe divin des choses.

Avec une méthode plus sévère, avec la prétention de demeurer fidèles à l'observation, Bacon et Gassendi ont cru devoir adjoindre à l'âme raisonnable une seconde âme, d'une nature inférieure, pour le gouvernement du corps.

Bacon divise la philosophie de l'âme humaine en deux sciences distinctes, dont chacune a un objet différent. La première est la science du souffle de vie

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ou l'âme raisonnable, à laquelle il donne pour origine le souffle de Dieu, d'après colle parole de l'Ecriture : spiravit in faciem ejus spiraculum vitœ. C'est l'âme divine et immortelle. La seconde partie de lu science de Pâme humaine a pour objet une seconde Ame, l'âme irrationnelle, sensitive, commune à l'homme et aux animaux, qui vient, non du souffle de Dieu, mais du limon de la terre d'après l'Kcriture: iùrmavit homïnem de limo terrss. L'âme sensitive est corporelle, mais d'une matière atténuée par la chaleur, au point d'être rendue invisible; c'est un fluide qui tient de la nature de l'âme et de la flamme.

Bacon prétend fonder cette distinction, non-seulement sur la théologie, mais sur la philosophie. Quelle n'est pas en effet la précellence de Pâme humaine sur les âmes des brutes ? Partout où la dignité l'emporte à un tel degré, n'y a-t-il pas lieu, dit-il, d'établir une différence spécifique ? Il repousse la méthode de ces philosophes qui traitent confusément, sans aucune distinction, de toutes les fonctions de l'âme, comme si l'âme humaine, de même que le soleil entre les planètes, ou l'or entre les métaux, ne différait que pur le degré des âmes des animaux.

Considérant ensuite en particulier chacune de ces deux grandes divisions de la philosophie de l'âme humaine, il indique les diverses questions relatives à l'âme raisonnable. Est-elle native ou adventive, séparable ou inséparable, mortelle ou immortelle, en quoi est-elle attachée aux lois de la matière, et en quoi en est-elle affranchie? Or, quoique toutes ces questions soient susceptibles d'une inYésttgatioh plus profonde

et plus exacte de la part de la philosophie, cependant, suivant Bacon, c'est à la religion seule qu'il faut en abandonner la décision, de peur de tomber dans l'erreur. La science de cette âme doit être puisée à la source divine d'où d'écoule sa substance. Quant à la science de l'âme sensible, il veut bien la laisser dans le domaine de la science humaine, mais il se plaint que tout encore y reste à faire.

Voilà un double dynamisme bien net et bien déterminé ; voilà deux âmes n'ayant rien de commun, ni les fonctions, ni la nature, ni l'origine. L'école de Montpellier n'a pas manqué de se prévaloir de l'autorité de Bacon. C'est même en l'honneur de Bacon, quoique très-inexactement, que M. Lordat a appelé sa doctrine, Y alliance des deux puissances dynamiques. On trouve, il est vrai, dans les divisions de la science de l'homme, données par Bacon, une branche qui a pour objet le lien de Fâme et du corps, et qu'il appelle doctrine de l'alliance, doctrina de fœderel Mais cette doctrine de l'alliance est la science des rapports de; l'âme et du corps, du physique et du moral, science qui subsiste au sein de l'animisme, comme du double dynamisme, et non la science de l'alliance de l'âme raisonnable avec l'âme sensitive. D'ailleurs si Bacon est un grand esprit, s'il a eu des vues fécondes et originales sur l'avenir des sciences, ce n'est ni un métaphysien ni un psychologue, dont on puisse opposer l'autorité àAristote ou à Leibniz.

Le double dynamisme de Gassendi ressemble beaucoup à celui de Bacon. Sur cette question, comme en tout le reste, Gassendi est opposé à Descartes. Suivant

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