GASSENDI. IM
Descartes, il n'y a qu'une âme dans l'homme, suivant Gassendi, il y en a deux. Rien, suivant Descartes, n'est plus clair à l'âme que l'âme elle-même ; rien, au contraire, suivant Gassendi, n'est plus obscur. L'âme n'a pas seulement la raison, par où elle s'élève au-dessus de l'animal, mais aussi des fonctions communes avec l'animal; voilà une des principales causes de cette obscurité. De là une grande difficulté pour déterminer sa nature ; de là un problème susceptible de deux solutions : 1° l'âme, quoique simple, a deux ordres de facultés, les unes s'exerçant sans organes, les autres avec les organes ; 2° l'âme est composée de deux parties, l'une pour la pensée et l'autre pour la vie, l'une spirituelle, l'autre matérielle, l'une d'origine divine, l'autre d'origine humaine. C'est cette dernière opinion qu'adopte Gassendi, tout en avouant que la première est la doctrine commune et la plus autorisée1. Mais il cite un certain nombre de théologiens catholiques qui ont tenu pour une doctrine semblable à la sienne ; quant aux décisions des conciles, il prétend qu'elles ne s'appliquent qu'aux deux âmes raisonnables des Manichéens, et non à la dualité telle qu'il l'entend.
Il y a donc deux âmes dans l'homme, lame sensitive et végétative, qui est matérielle, et l'âme raisonnable, qui est spirituelle. Comment,- selon Gassendi, ne pas donner à l'homme une âme de plus qu'à l'animal, puisque, en outre des fonctions de l'âme sensitive, qui leur sont communes, et qu'il est convenable d'attribuer à une môme âme, il en exerce d'autres, d'une