Physicâs sectiu m, Mcmhnun poster iw> lib. III, cap. iv
nature tellement supérieure, qu'elles ne peuvent appartenir qu'a une âme tout à fait dissemblable ? Comment expliquer autrement la lutte des sens et de la raison, comment concevoir qu'une substance simple puisse s'opposer à elle-même? Autant vaudrait admettre dans la substance simple du feu deux facultés opposées, l'une le froid, l'autre le chaud. Nihil potest sibi adversari, telle est la maxime, empruntée à Platon, qu'oppose Gassendi à l'unité de la forme. C'est un argument que nous retrouverons encore sur notre route et dont nous aurons occasion de discuter la valeur.
Grâce à cette division en deux âmes, il paraît à Gassendi que tout s'éclaire, que tout s'explique dans la nature de l'homme. On voit la part de Dieu et de l'homme dans la génération de l'être humain ;. la part de Dieu est l'âme immortelle créée par lui; la part de l'homme est l'âme sensitive, quœ advenit cum semine et traduce. On comprend donc comment, par un côté, l'homme est immortel et tient aux anges , comment, par l'autre, il est mortel et semblable aux bêtes.
Gassendi s'efforce de prouver que l'unité de la nature humaine n'est nullement compromise par cette dualité de principes. Il est vrai, dit-il, que nous parlons toujours de l'âme, comme d'une seule et même âme ; mais ne parlons-nous pas toujours aussi de l'homme comme d'un seul et même être? Or, de même que l'homme est un, quoique composé d'âme et de tforps, de mêrîie l'âme humaine sera une, quoique Composée de l'âme raisonnable et de l'âme sensitive. Si on dit l'âme humaine tout court, c'est qu'on ne