Art. G
exactement d'après les mêmes lois en vertu desquelles ils fonctionnent dans l'animal adulte, c'est-à-dire d'une façon purement mécanique, sans en excepter la génération elle-même1.
Mais la conséquence la plus rigoureuse et la plus hardie du mécanisme de Descartes, c'est l'automatisme des bêtes. Selon Descartes, il n'y a rien de plus dans l'animal tout entier que dans le corps de l'homme, c'est-à-dire il n'y a rien qu'un pur mécanisme. Il ne pouvait rien y mettre de plus en effet, d'après ses principes. Quand donc il change les animaux en simples automates, il faut l'entendre à la lettre, et non pas en un sens plus ou moins métaphorique. Il suffit, pour s'en convaincre, de cette phrase du Discours de la méthode : « Et je m'étais ici particulièrement arrêté à taire voir que s'il y avait de telles machines qui eussent les organes et la figure extérieure d'un singe ou de quelque autre animal sans raison, nous n'aurions plus aucun moyen de reconnaître qu'elle ne serait pas en tout de même nature que ces animaux. » Combien ne blâme-t-il pas Regius, son disciple, d'avoir établi « une plus grande différence entre les choses vivantes et celles qui ne le sont point, qu'entre une horloge ou tout autre automate, et une clef, une épée et tout autre instrument qui ne se remue pas de lui-même2. »
Tel est, dans sa rigueur, le mécanisme de Descartes, soit à l'égard du corps humain, soit à l'égard de
1. Voir le passage cité plus haut où il explique nécessairement la génération.